Moralisation: LR saisit le Conseil constitutionnel sur les emplois familiaux
Les députés Les Républicains ont saisi le Conseil constitutionnel de la loi sur la moralisation de la vie politique, dont ils...

Moralisation: LR saisit le Conseil constitutionnel sur les emplois familiaux

Les députés Les Républicains ont saisi le Conseil constitutionnel de la loi sur la moralisation de la vie politique, dont ils...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les députés Les Républicains ont saisi le Conseil constitutionnel de la loi sur la moralisation de la vie politique, dont ils contestent notamment les dispositions sur l'interdiction des emplois familiaux de collaborateurs pour les élus.

Celles-ci introduisent une "discrimination à l'embauche", selon les élus LR qui mettent également en cause l'imprécision du projet de création d'"une banque de la démocratie" destinée à financer des campagnes électorales.

"Il y a la saisine politique, assumée,(travail) et la saisine honteuse -en catimini-(confiance)", a tweeté jeudi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, en référence au recours déposé la semaine dernière par l'opposition de gauche sur le projet de loi habilitant le gouvernement à réformer le Code du travail par ordonnances.

Dans un communiqué, le Conseil constitutionnel a indiqué pour sa part jeudi qu'il avait été saisi mercredi "par plus de 60 députés" de la loi de moralisation. Il a également été saisi par le Premier ministre, Edouard Philippe, de la loi organique pour la confiance dans la vie politique adoptée mercredi par le Parlement, une procédure automatique en matière de lois organiques.

Le Conseil doit rendre sa décision sur la constitutionnalité des trois textes en question dans "la semaine du 4 septembre".

Dans leur saisine, dont ils publient le texte sur leur page internet, les députés LR dénoncent notamment la "totale confusion" dans laquelle les opérations de vote sur des articles du projet de moralisation ont eu lieu le 25 juillet à l'Assemblée.

L'interdiction générale des emplois familiaux pour des collaborateurs de ministres, parlementaires et exécutifs locaux, introduit, selon eux, "une discrimination à l'embauche et une obligation de licenciement qui n'est pas proportionnée au but recherché, lequel est de s'assurer de la réalité du travail du collaborateur".

Selon eux, en effet, "ce n'est pas en raison de la personne employée, mais de la réalité d'un emploi que celui-ci peut être contesté". "La suspicion généralisée, pour être un argument démagogique, n'est cependant pas une justification juridique", font-ils valoir.

Les élus LR dénoncent par ailleurs l'"imprécision" qui entoure selon eux le projet de création d'une "banque de la démocratie" et soulignent les réserves émises par le Conseil d'Etat sur l'utilité d'une telle structure, "alors que le présent projet de loi crée déjà directement, aux mêmes fins, un médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques".

Le texte interdisant les emplois familiaux de collaborateurs pour les élus a été adopté définitivement lors d'un vote massif le 3 août à l'Assemblée.

Il avait notamment été mis en chantier après l'affaire de possibles emplois fictifs de membres de la famille de François Fillon, candidat LR à l'élection présidentielle.

Entre temps, le sénateur MoDem Michel Mercier, mis en cause pour avoir fait travailler ses filles comme collaboratrices parlementaires, a renoncé mardi à siéger au Conseil constitutionnel où il avait été nommé en remplacement de Nicole Belloubet, devenue ministre de la Justice.

Partager cet article

Dans la même thématique

Moralisation: LR saisit le Conseil constitutionnel sur les emplois familiaux
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le