Moralisation: texte « satisfaisant » mais aussi « timide », estime Dosière
L'ex-député PS René Dosière, spécialiste du contrôle de l'argent public, a jugé que les textes sur la moralisation, débattus à...

Moralisation: texte « satisfaisant » mais aussi « timide », estime Dosière

L'ex-député PS René Dosière, spécialiste du contrôle de l'argent public, a jugé que les textes sur la moralisation, débattus à...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L'ex-député PS René Dosière, spécialiste du contrôle de l'argent public, a jugé que les textes sur la moralisation, débattus à partir de lundi à l'Assemblée, apportaient des réponses "satisfaisantes" sur les points essentiels, mais "timides" sur le financement des partis politiques.

"Sur les trois points les plus emblématiques du texte, l'interdiction des emplois familiaux de collaborateurs, le nouveau régime de frais de mandat et la suppression de la réserve parlementaire, les réponses sont satisfaisantes", a déclaré à l'AFP René Dosière, qui avait été consulté par François Bayrou alors garde des Sceaux, au moment de l'élaboration des projets de lois (ordinaire et organique).

"L'interdiction des emplois familiaux était devenue inévitable après la campagne présidentielle. Elle a été étendue aux collaborateurs des ministres et des exécutifs locaux. La formulation retenue permet de faire face à toutes les difficultés", a jugé l'ex-député de l'Aisne, après l'examen des textes, déjà votés au Sénat, en commission des Lois à l'Assemblée.

Sur les frais de mandat parlementaire (IRFM), qui n'étaient jusqu'ici pas contrôlés et devront désormais être justifiés, "la formulation retenue est suffisamment simple pour des modalités d'application souples et pratiques", a estimé ce scrutateur des dépenses publiques.

"L'indépendance du Parlement est préservée car le contrôle se fera au sein de chaque chambre. C'est très bien que ce soit le déontologue qui en soit chargé", s'est-il félicité.

Quant à la suppression de la réserve parlementaire, dont disposent députés et sénateurs pour attribuer des subventions à des collectivités locales ou des associations (147 millions d'euros en 2017), "elle avait des avantages, mais l'opinion ne peut pas comprendre que des parlementaires puissent utiliser de l'argent public de manière discrétionnaire", selon M. Dosière.

"Le clientélisme n'existait pas à l'Assemblée, mais au Sénat où le corps électoral est assez réduit", a-t-il cependant assuré.

En revanche, l'ancien député a jugé le texte "trop timide sur le financement des partis politiques, ce qui ne permettra pas de mettre fin aux dérives".

"Il n'est pas normal que le micro-parti de Jean-Marie Le Pen puisse jouer le rôle d'une banque en faisant des prêts et celui de Marine Le Pen celui d'une entreprise commerciale fournissant des services. Ce n'est pas le rôle des partis", a-t-il estimé.

M. Dosière avait également proposé de durcir le seuil aux législatives (1% des voix dans 50 circonscriptions) pour bénéficier du financement public afin "d'éviter la création de pseudo-partis" lors de ces élections.

Il aurait également souhaité que la rémunération des élus locaux, qui peuvent cumuler jusqu'à 8.300 euros brut d'indemnités par mois, ne puisse plus dépasser l'indemnité de base d'un parlementaire (5.500 euros brut).

Partager cet article

Dans la même thématique

Moralisation: texte « satisfaisant » mais aussi « timide », estime Dosière
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Moralisation: texte « satisfaisant » mais aussi « timide », estime Dosière
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le