Une figure du Parti socialiste qui s’éteint. Premier ministre entre 1997 et 2002, Lionel Jospin est décédé dimanche 22 mars à l’âge de 88 ans. Artisan de la « gauche plurielle » lors de son passage à la tête du gouvernement, le responsable a marqué l’histoire politique. Invitée de Public Sénat au lendemain du second tour des élections municipales, l’eurodéputée PS Chloé Ridel a fait part de sa « grande émotion » après l’annonce de cette disparition. « Nous organiserons un hommage » en sa mémoire, a-t-elle précisé.
« Une dignité très rare » lors de la défaite de 2002
Lionel Jospin a marqué plusieurs générations de militants socialistes. « C’est le grand homme de gauche de mon enfance », a souligné Chloé Ridel. « Je suis née en 1991 : j’ai de tendres souvenirs de l’époque où il était Premier ministre. » L’élue a en particulier mentionné plusieurs épisodes de la vie politique de l’ex-Premier secrétaire du PS, comme son combat pour l’instauration des 35 heures ou du quinquennat. « C’est un grand socialiste qui nous quitte et qui continuera de nous guider pendant longtemps », a-t-elle poursuivi.
La défaite de Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle en 2002, suivie de son retrait de la vie politique, reste aussi en mémoire de nombreux Français. Pour Chloé Ridel, ce dernier « avait réagi avec une dignité très rare » à cet échec. Une déconvenue dans les urnes qui « avait aussi déclenché beaucoup d’envie d’engagement » à gauche, assure l’eurodéputée socialiste. Bien que « frappé par la maladie », Lionel Jospin avait continué « de militer », y compris lors de cette dernière campagne municipale, a-t-elle par ailleurs rappelé. Début mars, il avait par exemple apporté son soutien au candidat PS à Paris, Emmanuel Grégoire, élu dans la capitale dimanche soir.
Multiples hommages à gauche
Ces dernières heures, plusieurs autres figures de la gauche ont salué l’engagement politique de Lionel Jospin. Sur X, Olivier Faure a ainsi exprimé son « immense tristesse ». « Lionel Jospin, c’était une gauche exigeante, intègre, républicaine. Il avait su emmener la gauche plurielle jusqu’à la victoire », a souligné l’actuel Premier secrétaire du Parti socialiste. « À l’heure où les repères vacillent, son parcours rappelle qu’on peut gouverner sans concession à l’air du temps. » Dans un communiqué, l’ex-président de la République François Hollande a lui regretté la mort d’« un de[s] plus grands dirigeants » de « la France ».
Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part mis en avant « un modèle d’exigence et de travail ». « Il restera l’homme des 35 heures, de l’alliance rouge rose vert, du refus de toucher à l’âge de départ à la retraite », a-t-il écrit, dans un message publié sur la même plateforme. « Et une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive. » Le triple candidat à l’élection présidentielle avait notamment été ministre délégué à l’Enseignement professionnel entre 2000 et 2002 dans le gouvernement de Lionel Jospin.