Mort de Lola : Élisabeth Borne exhorte l’opposition de droite à « ne pas utiliser la mort d’une enfant à des fins politiciennes »
Réagissant au meurtre de la petite Lola, le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau a estimé qu’elle avait été victime « du désordre migratoire » et a demandé des comptes au gouvernement lors des questions d’actualité. Élisabeth Borne a appelé à la « dignité » par respect pour la famille de la victime.

Mort de Lola : Élisabeth Borne exhorte l’opposition de droite à « ne pas utiliser la mort d’une enfant à des fins politiciennes »

Réagissant au meurtre de la petite Lola, le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau a estimé qu’elle avait été victime « du désordre migratoire » et a demandé des comptes au gouvernement lors des questions d’actualité. Élisabeth Borne a appelé à la « dignité » par respect pour la famille de la victime.
Simon Barbarit

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après Marine Le Pen et le député LR, Éric Pauget mardi, au tour de Bruno Retailleau d’interpeller le gouvernement sur les circonstances qui ont conduit au meurtre de Lola 12 ans, aux questions d’actualité du Sénat. En effet, Dahbia B., une Algérienne de 24 ans, mise en examen pour « meurtre » et « viol aggravé », était entrée légalement en France en 2016 avec un titre de séjour étudiant. Elle faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis août dernier.

« Reconnaissez-vous des défaillances de l’Etat ? »

« Une ressortissante algérienne qui n’aurait pas dû être sur le sol Français. Depuis dimanche, des voix s’élèvent pour imposer le silence, pour bâillonner le débat […] Il faut l’admettre. Le désordre migratoire peut tuer. Si cette Algérienne n’avait pas été sur le territoire français. Lola serait encore en vie », a-t-il affirmé avant de poser deux questions à la Première ministre : « Reconnaissez-vous des défaillances de l’Etat ? Et que dites-vous aux Français pour que ces drames ne se reproduisent plus ? »

Pour mémoire une mission du Sénat pointait il y a peu, un niveau extrêmement bas du taux d’exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF).

Mais le patron de la droite sénatoriale n’aura pas ses réponses. Élisabeth Borne s’est d’abord dressée contre toute récupération politique de ce fait divers. « Je crois qu’en politique, quelles que soient les circonstances, nous devons faire le choix de la dignité ». Une réflexion qui lui a valu des protestations dans les rangs de la droite ».

La Première ministre a également réaffirmé le « plein soutien du gouvernement » à la famille de Lola. « Savez -vous, ce que les parents de Lola ont demandé ? Du respect, la paix pour la mémoire de Lola et qu’on les laisse faire leur deuil dans la dignité. Nous le leur devons. Et je vous le dis franchement. La dignité nous commande de ne pas exploiter la douleur indicible d’une famille, de ne pas utiliser la mort d’une enfant à des fins politiciennes ». Des paroles qui ont provoqué des applaudissements à gauche de l’hémicycle.

« Ce que nous devons à la famille de Lola, c’est la justice »

« Ce que nous devons à la famille de Lola, c’est la justice […] Je crois profondément à l’indépendance de l’autorité judiciaire. Je n’ai pas d’autre commentaire à faire. Laissons les enquêteurs travailler, laissons la famille de Lola faire son deuil en paix. Nous leur devons justice et c’est la République qui leur rendra », a-t-elle conclu.

Sans surprise cette réponse n’a pas satisfait Bruno Retailleau. « Vous vous trompez en réduisant la mort de Lola en simple fait divers. La politique se diminue quand elle refuse le débat. Elle ne peut pas se contenter de pleurer les conséquences, elle doit en dénoncer les causes ». Le sénateur a une nouvelle fois dénoncer « le laisser faire migratoire et à appeler le gouvernement à prendre des « décisions tout de suite » pour « protéger les Français ».

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le