Réagissant à la mort de Quentin Deranque, Cécile Duflot s’est dite « consternée par le fait que qui que ce soit donne des coups de pied dans la tête de quelqu’un à terre. » « Je n’ai aucune tendresse pour ceux qui pensent que la violence peut être un outil politique, en tout lieu, en tout temps », a-t-elle ajouté. Mais l’ancienne ministre a aussi appelé journalistes et politiques à la retenue sur une affaire dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants, alors que neufs militants de la jeune garde ont été interpellés ce lundi soir, dont le collaborateur parlementaire du député Raphaël Arnault : « Peut-être que l’enquête va montrer des liens plus incriminants, peut-être que l’enquête va innocenter quelqu’un dont le nom a été jeté en pâture depuis plusieurs jours. Mais est-ce qu’on peut attendre d’avoir des éléments stabilisés ? Je ne parle même pas d’attendre le procès, mais les enquêtes, qu’elles soient journalistiques ou policières, qui ont l’air d’avancer vite. »
« Le principal risque du dérèglement climatique, c’est le changement complet des rythmes du cycle hydrique »
Dorénavant présidente d’Oxfam France, Cécile Duflot a aussi présenté les mesures du rapport d’Oxfam « Pour des villes résilientes », sorti ce 17 février, à un mois des élections municipales. « Le premier rapport du GIEC établit que le principal risque du dérèglement climatique, c’est le changement complet des rythmes du cycle hydrique. La France est un des pays en Europe qui est le plus vulnérable, un quart de notre territoire est concerné par les inondations. La question de l’adaptation est centrale, d’où la question de la résilience des villes à l’approche des municipales », a développé l’ancienne dirigeante des Écologistes.
Face à ce constat, le rapport d’Oxfam se concentre sur les solutions que représentent des politiques publiques parfois déjà mises en place dans certaines municipalités. « On ne peut pas laisser les Français face aux catastrophes naturelles et aux assureurs. Il faut désimperméabiliser les sols par exemple », explique Cécile Duflot, qui cite notamment l’action de la ville de Sébastien Lecornu, Vernon (Normandie). « Ce sujet est plus présent que ce qu’on pense au niveau local dans le débat. Des élus ont fait des choses et d’autres sont dans l’attentisme », commente-t-elle.
« Il faut que le progrès d’aujourd’hui répare les erreurs du progrès d’avant »
Face aux difficultés des maires écologistes sortants, notamment à Lyon, Grenoble, Strasbourg ou Annecy, l’ancienne dirigeante d’EELV rappelle que les sondages donnaient par exemple le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle à 10 points en 2020. Politiquement, l’ancienne ministre veut croire à l’avenir d’un « progressisme », en tant que « progrès d’aujourd’hui qui répare les erreurs du progrès d’avant. »
La candidate malheureuse à la primaire des écologistes de 2016 avertit pourtant son ancienne formation politique sur la stratégie d’organisation d’une primaire de la gauche et des écologistes : « Il y a une petite faiblesse à croire que l’on va résoudre un problème de cohésion collective par une mesure technique. L’ancienne femme politique que je suis a vécu beaucoup de primaires avec des résultats totalement ratés. »