Mort de Quentin : « Raphaël Arnault n’aurait jamais dû représenter la nation » s’insurge Patrick Kanner

Quelques jours après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’une agression à Lyon, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a appelé à la démission du député insoumis Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde. Il dénonce les « ambiguïtés » de La France insoumise.
Emma Bador-Fritche

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Une agression mortelle à Lyon. La mort de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans et militant identitaire, a provoqué une vive émotion et agite la classe politique depuis plusieurs jours. Le jeune homme est décédé samedi des suites d’un grave traumatisme crânien après une violente agression survenue jeudi à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon. Des affrontements ont opposé des militants antifascistes et des militants d’extrême droite. Quentin Deranque participait à la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis venues protester contre la conférence. L’enquête a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects, dont deux collaborateurs parlementaires liés au député insoumis Raphaël Arnault, ce qui a accentué les tensions politiques autour de l’affaire.

Une « exigence morale » pour les élus

Interrogé sur le projet de loi annoncé ce mercredi par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, visant à instaurer une peine automatique d’inéligibilité pour les personnes condamnées pour violences ou antisémitisme, Patrick Kanner s’est dit favorable au principe. Selon lui, les élus doivent répondre à une « responsabilité morale particulière » et ne devraient pouvoir être soupçonnés ni de violence, ni de racisme, ni d’antisémitisme. Il appelle toutefois à préciser juridiquement les faits concernés et à définir des seuils clairs.

Patrick Kanner appelle à la démission de Raphaël Arnault

Le sénateur socialiste a directement visé Raphaël Arnault, figure issue de la mouvance antifasciste, la Jeune Garde et député du Vaucluse. « Ce personnage n’aurait jamais dû représenter la nation », a déclaré Patrick Kanner, estimant qu’il n’aurait jamais dû être investi par La France insoumise. Il l’a invité à « prendre ses responsabilités » et à « démissionner », notamment après la mise en cause de ses collaborateurs dans l’enquête. « C’en est trop », a-t-il insisté.

Au-delà du cas individuel, Patrick Kanner dénonce une « ambiguïté persistante » de Jean-Luc Mélenchon et de son mouvement, en comparant avec leurs positions après les attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas. Selon lui, La France insoumise « n’est pas l’avenir de la gauche » et ses orientations constituent une impasse politique et morale.

Vers une rupture des alliances à gauche ?

Interrogé sur les alliances électorales locales avec La France insoumise, et sur le risque de perdre certaines municipalités lors des prochaines élections, Patrick Kanner estime que « Les socialistes gagneront sur leurs valeurs et leurs convictions ». Tout en mettant en garde contre des « accords de plus en plus contre nature ». Une position qui marque un nouveau durcissement du discours socialiste vis-à-vis du mouvement insoumis.

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