Motion de censure :  c’est l’outil de « ceux qui veulent que la France s’affaiblisse », estime Marc Fesneau

Invité dans la matinale de Public Sénat, Marc Fesneau est revenu sur le non-vote de la motion de censure et appelle à la prudence. Cette première étape franchie par François Bayrou n’efface d’après lui pas la menace du « chaos. »
Louis Mollier-Sabet

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« Cela ouvre la voie à ceux qui aspirent à un peu de stabilité dans le pays, mais on n’est pas au bout du chemin », avertit Marc Fesneau après le rejet de la motion de censure ce mercredi à l’Assemblée nationale et l’adoption de fait du projet de loi de finances 2025 au Palais Bourbon. D’abord, il reste le budget de la Sécu, mais plus fondamentalement, le président du groupe les Démocrates (MoDem) à l’Assemblée nationale rappelle que « l’on est dans un moment politique très éruptif, presque volcanique, où les choses peuvent tourner mal et retomber du côté du chaos à tout moment. »

« Ni ‘ouf’ de soulagement, ni triomphalisme »

Marc Fesneau met ainsi en cause ceux qui « jouent le chaos et la division » et qui, de fait, « affaiblissent la France » : « Le chaos, qui sert-il ? Ceux qui ont envie que la France s’affaiblisse, dans l’Europe et dans la confrontation mondiale. On peut se le dire tous les soirs en regardant ce qu’il se passe du côté des Etats-Unis. Quand vous n’avez pas de budget, vous êtes affaiblis, c’est un fait. » Dans ce contexte, avec l’adoption du budget, l’ancien ministre des Relations avec le Parlement, ne pousse « ni au ‘ouf’ de soulagement, ni au triomphalisme » : « On a franchi une étape, il faut maintenant franchir les autres. »

L’étape suivante, c’est la motion de censure spontanée déposée par les socialistes sur la question des « valeurs » et des mots de François Bayrou sur la « submersion migratoire. » Une décision que le député MoDem « comprend mal » : « Un certain nombre de gens veulent provoquer le chaos. Je ne crois que ça soit la volonté du PS, qui rassemble des gens qui savent ce que la responsabilité veut dire, mais dans la période qu’on traverse, une motion de censure ce n’est pas anodin, il faut être vigilant. Ce n’est pas comme quand on était en majorité absolue. »

Par ailleurs, sur la question de l’utilisation par le Premier ministre du terme de « submersion migratoire », ce proche de François Bayrou estime qu’il n’y a pas vraiment de sujet : « Le pays est malade de notre incapacité à mettre des mots sur les choses. Je sais quelle est la pensée de François Bayrou : lui faire un grief sur ces sujets-là est une chose assez originale. »

« Pas d’interdiction sans solution » sur les pesticides : « Si on n’a pas de solution sur le chlordécone, on le réintroduit ? »

L’ancien ministre de l’Agriculture est aussi revenu sur l’examen de la loi d’orientation agricole, qui a débuté au Sénat ce mercredi (voir notre article). Les sénateurs ont notamment inscrit le principe « pas d’interdiction sans solution » concernant les pesticides. Une mesure problématique à plusieurs égards, d’après Marc Fesneau. D’abord parce que l’interdiction des molécules se fait au niveau européen, et que c’est donc à ce niveau qu’il faut « se battre. »

Surtout, le principe même pose problème au président du groupe MoDem : « Imaginons que l’on découvre qu’une molécule est extrêmement dangereuse, ça peut arriver. On va dire, pas d’interdiction sans solution ? Si on n’a pas de solution sur le chlordécone, on le réintroduit ? Qu’on se dise qu’il faut d’abord chercher des solutions, bien sûr et de même il ne faut pas faire de surtransposition quand des molécules ne sont pas interdites dans d’autres pays européens qui ont d’aussi bonnes autorités sanitaires que nous. Il faut faire converger les normes au niveau européen. »

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