Motions de censure : « Nous n’avons pas sauvé le gouvernement, nous avons agi en responsabilité », défend la LR Annie Genevard
Invitée de la matinale de Public Sénat, la députée et présidente par intérim de LR, Annie Genevard, a tenté de défendre le positionnement de sa famille politique, qui n’a soutenu aucune des motions de censures déposées contre le gouvernement lundi. Elle plaide pour une opposition au cas par cas, afin de donner une chance aux réformes soutenues par son parti d’aboutir.

Motions de censure : « Nous n’avons pas sauvé le gouvernement, nous avons agi en responsabilité », défend la LR Annie Genevard

Invitée de la matinale de Public Sénat, la députée et présidente par intérim de LR, Annie Genevard, a tenté de défendre le positionnement de sa famille politique, qui n’a soutenu aucune des motions de censures déposées contre le gouvernement lundi. Elle plaide pour une opposition au cas par cas, afin de donner une chance aux réformes soutenues par son parti d’aboutir.
Romain David

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L’exécutif a échappé, lundi, à trois motions de censure présentées par la Nupes et le Rassemblement national après le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2023, puis le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Grâce au soutien surprise du RN, le premier texte déposé par l’alliance des partis de gauche a récolté 239 voix, contre les 289 nécessaires pour censurer le gouvernement. Les Républicains, qui comptent 62 députés, ont confirmé par leur abstention leur rôle de groupe pivot, garants malgré eux d’une forme de stabilité parlementaire, quitte à avoir de plus en plus de mal à marquer leur opposition à la majorité présidentielle. « Les LR n’ont pas fait échouer la censure, ils se sont opposés à ceux pour lesquels les moyens importent peu pourvu qu’advienne le chaos », a voulu défendre la députée LR du Doubs Annie Genevard, invitée mardi de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat. « C’est un petit coup politique pour mettre un peu plus la pression sur le gouvernement, mais en réalité, chacun savait que c’était un jeu de dupes car ils ne parviendraient pas à renverser le gouvernement. Nous n’avons pas sauvé le gouvernement, nous avons agi en responsabilité », souligne-t-elle.

« Cela fait quelques semaines que nous travaillons à l’Assemblée, imaginons que la motion ait abouti et que nous ayons mêlé nos voix à celles de la Nupes et du RN, que n’aurait-on dit des LR dans cette alliance contre nature ? », interroge celle qui est également la présidente par intérim du parti depuis le départ de Christian Jacob. « Si le gouvernement tombe aujourd’hui, Emmanuel Macron dissout l’Assemblée, et ce sont des semaines d’inaction politique au moment où les Français souffrent terriblement » pointe encore notre invitée.

« La dissolution n’est pas une arme que l’on utilise inconsidérément »

Une censure du gouvernement pousserait potentiellement Emmanuel Macron à convoquer de nouvelles élections législatives pour tenter d’échapper au blocage politique, même si rien ne l’y oblige. Une situation à double tranchant pour l’opposition, qui pourrait également sortir affaiblie d’un nouveau scrutin. D’autant que LR, laminé par la présidentielle, a réussi, contre la plupart des pronostics, à sauver un groupe conséquent de députés en juin dernier. « En réalité, l’arme de la dissolution, c’est nous qui l’avons, nous le savons bien », analyse Annie Genevard. « Mais ce n’est pas une arme que l’on utilise inconsidérément. Cela fait une poignée de semaines que l’on est élu, quel sens donnerait-on à un renversement du gouvernement alors que nous avons si peu siégé et que nous avons démontré, nous Républicains, que nous étions utiles aux Français ? »

Le quinquennat qui s’ouvre pose désormais à LR le défi de son positionnement, celui de parvenir à faire entendre une opposition nuancée, au cas par cas, face à la guerre de tranchées que la gauche et l’extrême droite semblent prêtes à livrer au gouvernement. « On occupe la ligne la plus responsable mais aussi la plus difficile à expliquer », concède Annie Genevard. « Nous ne nous opposons pas par principe, ou de façon pavlovienne. Nous sommes au rendez-vous de la responsabilité, ce qui nous a conduits à faire accepter un certain nombre de mesures », explique-t-elle. Et de conclure : « Notre boussole est intangible, c’est l’intérêt des Français. »

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