Illustration d’une mairie
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Municipales 2026 : 9 communes sur 10 connaîtront leur maire à l’issue du premier tour

A quelques jours des élections municipales, 93 % des communes présentent seulement une ou deux listes à leurs habitants. Un manque de pluralisme électoral qui ne se traduit pas dans les grandes et moyennes villes comme à Montpellier qui totalise 13 candidats. Les élections municipales, qui ont une incidence majeure sur les élections sénatoriales de septembre prochain, vont sceller le destin de près de 890 000 candidats en lice.
Guillaume Cros

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Dans un contexte de défiance croissante des Français envers la politique, le maire reste une figure épargnée par la grande majorité. Son lien de proximité avec les habitants et sa maîtrise des sujets locaux en font une personnalité appréciée, comme l’atteste le dernier sondage d’Ipsos BVA-CESI : 69 % approuvent leur édile, loin devant leur député (48 %), le Premier ministre (32 %) et le président de la République (23 %). La fonction de maire attire encore, c’est pourquoi près de 890 000 candidats (hors arrondissements de Paris, Lyon, Marseille et Polynésie Française) et 50 000 listes électorales ont été déposées et validées pour les échéances du 15 et 22 mars.  

13 listes électorales à Montpellier

Derrière cet engagement populaire pour ces élections se cachent des disparités sur le territoire. La plus flagrante : 68 % des communes n’ont qu’une liste et 25 % seulement deux. En somme, 93 % des communes, soit 32 512 sur 34 903, apprendront le nom de leur nouvel édile dès la fin du premier tour, ce dimanche 15 mars. Un nouvel édile élu sans véritable opposition ou affrontement de projets. Des chiffres inquiétants, mais à relativiser puisque les quelque 2 300 communes possédant au moins deux listes électorales accueillent 54 % de la population française. 

A l’inverse, les moyennes et grandes villes font l’objet d’un nombre accru de listes, et ainsi d’une campagne bien plus enflammée. A Montpellier, septième ville plus peuplée de France, 13 listes se bataillent la mairie : celle du maire sortant socialiste Michaël Delafosse, l’insoumise Nathalie Oziol, le milliardaire Mohed Altrad, l’ancien maire Philippe Saurel, l’humoriste Rémi Gaillard, l’écologiste Jean-Louis Roumégas, la membre du Rassemblement national France Jamet…

A Paris, la compétition est rude pour succéder à Anne Hidalgo. Son ancien premier adjoint, Emmanuel Grégoire est crédité à 32 % d’intentions de vote dans les derniers sondages. Rachida Dati, qui est à 5 points derrière (27 %), jouit d’une nette avance face à la zemmouriste Sarah Knafo (13.5 %), le centriste Pierre-Yves Bournazel (12 %) et l’insoumise Sophia Chikirou (10.5 %). Des estimations qui irritent les opposants d’Emmanuel Grégoire, s’inquiétant de ne pas voir une fusion des listes entre le bloc central et la droite parisienne.

82 % des listes ne sont pas rattachées à un parti 

Les élections municipales revêtent une caractéristique singulière : les listes non-partisanes. Ces dernières représentent 82 % des listes et ne sont pas rattachées explicitement à un parti politique. Elles se présentent sous des appellations de rassemblement ou des nuances « divers », les listes de divers droite (24.5 %), divers gauche (21 %), divers (15.7 %) et divers centre (13 %)

Cette particularité est souvent utilisée par les candidats à des fins stratégiques. N’étant pas assignés à un parti, ils limitent le risque d’opposition idéologique de la part de certains adversaires. Les débats et polémiques nationaux pouvant influer sur une campagne municipale, bien que le candidat local ne partage pas toutes les idées de son parti à plus grande échelle. Par exemple, le parti présidentiel Renaissance présente des listes autonomes dans… 7 communes. Malgré des estimations fluctuantes, le Rassemblement national semble être le parti ayant investi le plus de listes (601), devant La France insoumise (243), Les Républicains (152) et le Parti socialiste (94).

Forte incidence sur les élections sénatoriales

Légiférée à partir des années 2000, l’obligation de parité a indéniablement participé à l’introduction de candidates dans les listes électorales. Cette obligation s’est étendue, il y a près d’un an, avec le vote de loi sur « la parité dans les fonctions électives et exécutives du bloc communal ». La parité femmes-hommes s’impose dorénavant dans les communes de moins de 1 000 habitants, avec entre autres la suppression du panachage, une pratique permettant de rayer certains noms sur une liste ou d’en ajouter.   

Pour les élections municipales de 2026, 49 % des candidates sont des femmes. Or, un plafond de verre persiste concernant les têtes de liste. Pour le premier tour ce dimanche, 25 % des têtes de liste sont féminines. Une limite préoccupante, mais qui s’étiole dans les très grandes villes (plus de 100 000 habitants) où le chiffre atteint 33 %. Sans oublier que les élections municipales font généralement l’objet d’un vote de sécurité et de continuité. En 2020, 60 % des maires sortants ont été réélus, laissant peu de place à de la nouveauté dans les postes à haute responsabilité.     

Les résultats du 15 et 22 mars auront une résonance jusqu’aux portes du Palais du Luxembourg. En septembre prochain, la moitié des 348 sénateurs vont être soumis au vote d’un collège électoral composé à 95 % de maires et de délégués des conseils municipaux. Ce sont 170 postes qui seront renouvelés et qui dépendront en grande partie du vote des édiles élus à l’issue de ces élections municipales.

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