Benoit de Boysson n’en est pas à sa première campagne. Candidat malheureux aux législatives en 2022 sous l’étiquette Reconquête, il vise cette fois la mairie de Bourg-en-Bresse.
Cet avocat qui siège au conseil national du parti d’Éric Zemmour, est cette fois à la tête d’une liste où figurent des élus LR locaux, dont le vice-président du département, Pierre Lurin. Mais sur le marché de la ville où il tracte ce samedi matin, il ne cite pas de parti, seulement un slogan : « L’union des droites ». « L’union, la gauche l’a faite depuis 1972 avec son programme commun, il est temps que nous la fassions aussi », développe Benoît de Boysson aux électeurs qu’il tente de convaincre.
Pas de liste LR officielle
« Il était temps » lui répond un électeur acquis à cette union. Quand d’autres s’inquiètent du positionnement du parti Les Républicains au niveau national. « Ils ne présenteront pas de liste » les rassure le candidat, qui estime que cette absence vaut soutien implicite du parti.
Le cas de Bourg-en-Bresse a bien agité la commission nationale d’investiture LR, qui s’est finalement rangée derrière l’avis des élus locaux LR. Mais sans pour autant officiellement apposer le nom du parti sur cette liste.
« Nous ne demandons pas de soutien aux partis, nous ne voulons pas d’étiquette », assure Benoît de Boysson, qui préfère mettre en avant l’union pour un projet municipal.
Le RN et Horizons hors de l’union
L’union, qui est présentée par le candidat comme une première en France, connaît cependant des ratés. Le Rassemblement national partira seul, sous ses couleurs, avec comme tête de liste le député Jérôme Buisson, bien implanté.
Pour compléter le tableau, un autre ancien LR, Christophe Coquelet, est aussi en campagne. Désormais encarté chez Horizons, et soutenu par Renaissance et le Modem, il déplore le choix de ses anciens camarades : « C’est triste parce que ce ne sont pas les valeurs de LR, des valeurs gaullistes, […] alors que Zemmour ce sont plutôt les valeurs de Pétain qu’il a récemment défendues ».
Élu d’opposition à la mairie, Christophe Coquelet espère convaincre des électeurs LR qui refusent de se ranger derrière un candidat Reconquête de voter pour lui, mais au-delà, il souhaite « un large rassemblement des sociaux-démocrates à la droite républicaine » derrière sa candidature.
Un maire PS élu depuis 2008
Toutes ces listes, du centre à l’extrême-droite, rêvent de détrôner le maire socialiste de la ville, Jean Francois Debat, élu puis réélu depuis 2008, et à chaque fois dès le premier tour. Lui a réussi à faire l’union à gauche, du PS aux écologistes, alors que les insoumis locaux ne présenteront pas de liste. Le maire déplore ce qu’il considère comme une dérive de la droite locale. « Ce n’est pas une union des droites, mais l’union de la droite derrière l’extrême droite » attaque-t-il. S’il déplore que Bourg-en-Bresse soit vue comme un laboratoire de cette union, il n’est pas si étonné, « car dans la région de Laurent Wauquiez, c’est presque la logique de la dérive politique de ce mouvement qui à force de coller aux thématiques de l’extrême droite, finit par ne pas voir de problème à ce que les héritiers du général de Gaulle soient les porteurs de valises des héritiers du maréchal Pétain ».
Critique du bilan
Après 18 ans de mandat, il est attaqué par ses adversaires sur les thématiques de l’insécurité, du logement, ou encore sur des aménagements cyclables présents en grand nombre dans la ville. Lui vante les transformations du centre-ville, le dynamisme économique, et le vivre-ensemble renforcé.
Comme ce jour-là dans un club senior où il vient partager la traditionnelle galette des rois, et commenter les parties de scrabble en cours, mais toujours avec la politique en toile de fond :
« Je lutterai toujours contre ces logiques de fracturation, d’opposition des uns aux autres, qui sont la marque de fabrique des extrêmes » développe-t-il, avant de mettre en avant la cohésion sociale « qui sera mise en avant pendant ces mois de campagne ».
Dans la préfecture de l’Ain, seule une liste Lutte ouvrière, concurrencera le maire sortant sur sa gauche. L’union sera donc plus large dans son camp. De quoi aborder sereinement l’échéance électorale.