Municipales 2026 : à Grenoble, une gauche désunie pour garder la mairie

Première grande ville conquise par les Verts en 2014, Grenoble est l’un des bastions historiques de la gauche. Si une alliance écologiste-PS tente d’exister pour succéder à Eric Piolle, le candidat de La France insoumise préfère faire cavalier seul. Une division qui pourrait faire le jeu des Républicains, 30 ans après avoir quitté l’hôtel de ville. Reportage.
Rédaction Public Sénat

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La gauche arrivera-t-elle à conserver son fief historique ? Socialiste de 1995 à 2014 avant de passer sous la coupole écolo, la capitale des Alpes s’apprête à changer d’édile. Pour lui succéder, Laurence Ruffin peut compter sur les faveurs du maire sortant Eric Piolle, qui ne se représente pas. Sœur du député de la Somme François Ruffin, elle n’y connaît pourtant rien en politique et mise sur son expérience de cheffe d’entreprise pour diriger Grenoble. « Je me suis toujours engagée pour la ville d’une autre manière. Il y a plein de moyens de s’engager pour sa commune. Je suis hyper enthousiaste. »

Une alliance historique entre écologistes et socialistes

Pour composer sa liste, la Grenobloise d’adoption a pu compter sur un soutien de taille : le Parti socialiste. Dans l’opposition face à Eric Piolle en 2014 et en 2020, les socialistes et les écologistes se sont finalement mis d’accord pour « une union écologiste et citoyenne ». Avec un objectif clair : faire en sorte que ce bastion historiquement à gauche le reste six ans de plus.

« Il y a une droitisation globale de la société que l’on retrouve partout. Mais on a la chance, à Grenoble, d’avoir une forme de résistance », se félicite la candidate.

LFI fait sécession

Mais dans cette union, un parti manque à l’appel. Allan Brunon, investi par La France insoumise, préfère faire cavalier seul. Impossible pour lui de s’associer au parti à la rose. « C’est un retour en arrière. En 2014, le Parti de gauche et les écologistes s’étaient placés en rupture avec le PS. Aujourd’hui, elle est en rupture historique avec ce qui a permis la victoire à Grenoble », s’agace Allan Brunon.

Romain Gentil, investi par Place publique, a également décidé de lancer sa liste au détriment de l’union portée par Laurence Ruffin. Autant de candidats à gauche qui pourraient bien faire les affaires des Républicains.

Objectif hôtel de ville pour LR

Alain Carignon n’a, lui, pas besoin de se faire un nom à Grenoble. Maire de la ville entre 1983 et 1995, ancien ministre et ex-député, l’homme politique de 76 ans compte bien retrouver l’hôtel de ville en axant largement sa campagne sur la sécurité : « J’appelle les Grenoblois qui veulent retrouver la sécurité et la propreté à Grenoble à voter pour Réconcilier Grenoble. »

Retrouver son siège de maire, après l’avoir quitté précipitamment en 1995 à la suite d’une condamnation à cinq ans de prison pour corruption et abus de biens sociaux, qui lui avait valu quelques mois de prison ferme. Si ces affaires divisent les électeurs, il estime avoir payé sa dette à la société et se dit prêt à défendre les intérêts des Grenoblois : « Il y a eu Piolle 1, Piolle 2 et il y aura peut-être Piolle 3. Laurence Ruffin, c’est la continuité d’Eric Piolle, peut-être en pire. Moi, j’incarne le changement », assure-t-il.

Le ralliement surprise du candidat soutenu par la majorité présidentielle à sa liste pourrait renforcer Alain Carignon. De quoi accentuer encore un peu plus la pression sur la gauche grenobloise.

Gaspar Busnel

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