Municipales 2026 : à Marseille, le premier tour s’annonce très serré entre le maire sortant de gauche Benoît Payan et Franck Allisio du RN 

A quelques jours du premier tour des élections municipales à Marseille, le maire sortant divers gauche Benoît Payan est au coude-à-coude avec le candidat du Rassemblement National Franck Allisio dans les sondages. Derrière eux, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal et le candidat insoumis Sébastien Delogu pourraient se placer en arbitres du scrutin.
Rédaction Public Sénat

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Marseille, 880 000 habitants, a basculé à gauche en 2020 après avoir été dirigée 25 ans par la droite. Benoît Payan, le maire sortant divers gauche hors LFI, est candidat à sa réélection, mais il joue gros. Dans les derniers sondages, il est talonné de très près par le candidat du Rassemblement National. Au sein de son QG de campagne quelques jours avant le premier tour, il lance à son équipe : « La dernière semaine, on continue, on ne lâche rien ! » Pour lui, une victoire du RN à Marseille serait « la première grande défaite de la République », et assure qu’il prendrait ce résultat « comme un échec personnel, mais aussi un échec pour Marseille ». « Il faut une liste capable d’assumer les défis de demain […] qui propose un avenir meilleur pour cette ville », résume le candidat du Printemps Marseillais.

Le RN talonne la gauche dans les sondages

Dans les allées du marché Michelet du 8ème arrondissement, bastion historique de la droite marseillaise, le député du Rassemblement National Franck Allisio, candidat du parti à la flamme aux municipales, fait campagne auprès des habitants, qui pour beaucoup, semblent déjà convaincus. Il assure proposer une alternance politique réclamée par les Marseillais qu’il rencontre : « On sent cette dynamique monter, cette envie de changement, cette prise de conscience des Marseillais… […] La phrase que l’on entend le plus sur le terrain c’est ‘‘sauvez-nous, sauvez Marseille, remettez de l’ordre dans cette ville », parce qu’avec l’ordre on aura de nouveau la prospérité et de nouveau cette joie de vivre ensemble, d’être heureux entre Marseillais », analyse le député et candidat du RN à la mairie de Marseille.

Une alliance droite RN au second tour ?

Plus de 15 points derrière Franck Allisio et Benoît Payan dans les sondages, la présidente de la métropole et du département, Martine Vassal, est la candidate de la droite et du centre. Quelques jours avant la journée internationale des droits des femmes, elle organisait une soirée dédiée à celles qui la soutiennent. Une soirée durant laquelle le second tour était déjà dans tous les esprits. Quelques jours plus tôt lors d’un débat entre les principaux candidats, Franck Allisio avait tendu la main à Martine Vassal, en vue d’une alliance pour tenter de battre la gauche. Selon Laure-Agnès Caradec, la directrice de campagne de la candidate, à ce stade il n’en est pas question : « nous sommes une équipe cohérente, motivée et nous nous battons sur un programme très clair pour les Marseillais avec une candidate qui a envie de faire bouger les lignes sur cette ville. Au soir du premier tour nous allons attendre de voir notre résultat, et sa position a été très claire : « je [ndlr. Martine Vassal] me maintiendrai pour le deuxième tour ».

Autre candidat marseillais qui pourrait se qualifier au second tour et jouer un rôle déterminant dans le résultat de l’élection, Sébastien Delogu, député de la France Insoumise. « Ce premier tour c’est comme une primaire à gauche, ensuite nous appelons tout le monde à gauche à faire union pour éviter que le Rassemblement National gagne cette ville ». Si le candidat appelle à l’union à gauche, pour autant il n’affirme pas clairement qu’il se retirera au profit de Benoît Payan.

Alors, Marseille restera-t-elle à gauche, ou au contraire deviendra-t-elle la plus grande ville de France dirigée par le Rassemblement National ? L’issue du vote devrait se jouer en grande partie dans les alliances et compromis pour le second tour.

Clément Guillonneau

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