Les désistements se multiplient dans cet entre-deux tour des municipales. Sarah Knafo (Reconquête) à Paris, pour se « donner toutes les chances de battre la gauche ». Ou Sébastien Delogu (LFI) à Marseille, face au risque d’une victoire du Rassemblement national (RN). Autant de candidats éligibles au second tour grâce à leur score supérieur à 10 %, mais qui ont pris la décision de ne pas s’y présenter pour ne prendre aucune voix au candidat le plus susceptible de battre « l’ennemi » politique, qu’il soit de gauche ou plus souvent d’extrême-droite.
Un choix imposé par les circonstances, donc, à défaut d’avoir pu s’entendre sur une union des listes avec la candidature la plus proche – ou la moins éloignée – de sa sensibilité idéologique. Pour acter cette décision, rien de plus simple : il suffit à la tête de liste de ne pas déposer sa candidature en préfecture, ce à quoi sont contraints les candidats souhaitant figurer au second tour dimanche 22 mars.
Facile de se désister, moins de se retirer
Seule la tête de liste, ou son représentant mandaté, peut effectuer ce dépôt. Théoriquement, cette personne peut décider seule de ne pas s’y rendre et donc de ne pas présenter sa liste au second tour, en dépit de la volonté de ses colistiers. Dans tous les cas, le délai pour faire son choix est resserré : la préfecture n’accepte les dépôts que jusqu’au mardi 17 mars, à 18h.
Mais peut-on retirer une liste qui a déjà été déposée ? Là encore, l’échéance de mardi 18h est cruciale. Avant cette date, c’est encore possible. A condition toutefois que la majorité des membres de la liste dépose en préfecture un document indiquant leur souhait de retrait, précise l’article L.267 du code électoral. Un document qui doit comporter la signature manuscrite originale de chacun d’entre eux, sans photocopie possible. Si ces éléments ne sont pas réunis, alors la candidature est considérée comme inscrite au second tour.
Un second tour gelé à partir de mardi 18h
En revanche, il n’est plus possible de toucher à la composition de la liste une fois qu’elle est déposée. « Aucun retrait volontaire ou remplacement de candidat n’est accepté après le dépôt de la liste », dispose le code électoral. Soit la liste est retirée dans son ensemble, soit elle est maintenue.
Passé mardi 18h, le code électoral est plus strict encore. A partir de là, plus aucune modification n’est autorisée et le paysage du second tour est gravé dans le marbre jusqu’à dimanche.
C’est le désagrément qu’a vécu en 2024 la candidate LFI France Moreau dans la 5e circonscription du Maine-et-Loire. Arrivée troisième du premier tour des législatives derrière les candidats macroniste et RN, elle décide de se maintenir au second tour. Et pour cause : Gilles Bourdouleix, maire LR soutenu par le RN, annonce son retrait surprise de la course, rendant inutile tout « désistement républicain » face à l’extrême-droite. C’est un piège et Gilles Bourdouleix dépose in extremis sa candidature. Trop tard pour France Moreau, dont la liste est officiellement présente au second tour. Elle ne présentera finalement aucun bulletin de voix dans les bureaux de sa circonscription, mais recueillera tout de même 82 suffrages…