Elections Legislatives bureau de vote a Nice
Elections Legislatives, bureau de vote, Nice FRANCE - 07/07/2024//SYSPEO_sysB021/Credit:SYSPEO/SIPA/2407071531

Municipales 2026 : à quelques jours du scrutin, … que disent les derniers sondages ?

À quelques jours du premier tour des élections municipales, le paysage politique des grandes métropoles françaises reste particulièrement mouvant. Dans plusieurs villes clés, les équilibres sont fragiles, les alliances incertaines et les seconds tours encore très ouverts. Droite, gauche, centre et extrême se disputent des bastions historiques dans des configurations souvent inédites.
Emma Bador-Fritche

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Publié le

De Paris à Marseille, de Lyon à Toulouse, la campagne municipale se joue dans un climat d’incertitude rarement observé à ce stade du scrutin. Bloc central fragilisé, gauches divisées, droites recomposées : partout les rapports de force restent instables et la mécanique des alliances du second tour pourrait s’avérer décisive. Tour d’horizon des principales villes où l’issue du scrutin demeure la plus indécise.

Paris : la droite peut-elle reprendre la capitale ?

La droite peut-elle reprendre Paris pour la première fois depuis un quart de siècle ? Pour l’heure, le socialiste Emmanuel Grégoire arrive en tête dans les intentions de vote. Selon un sondage Elabe publié le 8 mars, il recueillerait 32 % des suffrages au premier tour, devant la candidate LR Rachida Dati, créditée de 26,5 %. La configuration du second tour dépendra de plusieurs autres listes susceptibles de franchir la barre des 10 %. La candidate de Reconquête ! Sarah Knafo est donnée à 13,5 %, suivie de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) à 12 % et de l’insoumise Sophia Chikirou créditée à 10,5 %. Dans l’hypothèse d’une triangulaire avec le retrait du candidat Horizons-Renaissance et de la candidate Reconquête ! Rachida Dati pourrait toutefois l’emporter avec 47 %, contre 40 % pour Emmanuel Grégoire.

Marseille : la menace RN plane sur la cité phocéenne

Dans la cité phocéenne, la campagne est dominée par la montée du Rassemblement national. Le maire socialiste sortant, Benoit Payant met en garde contre un « séisme » politique si la ville venait à basculer, dans Libération le 6 mars. Selon un sondage OpinionWay publié ce mercredi 11 mars, la liste socialiste arriverait en tête avec 40 %, mais ne devancerait que de trois points celle du député RN Franck Allisio, crédité à 36 %. La candidate de la droite et du centre Martine Vassal recueillerait 13 %, tandis que le candidat LFI Sébastien Delogu atteindrait 12 %. Dans l’hypothèse d’une quadrangulaire au second tour, Benoît Payant resterait en tête avec 40 %, devant Franck Allisio à 36 %. Mais si la liste LFI se retirait, la dynamique serait plus favorable au maire sortant : il atteindrait 50 % des voix dans une triangulaire.

Lyon : Jean-Michel Aulas en position de renverser la vague écologiste

À Lyon, la vague écologiste de 2020 semble refluer. Le maire sortant Grégory Doucet apparaît en difficulté face à Jean-Michel Aulas, ancien président de l’Olympique lyonnais et candidat soutenu par Les Républicains, Renaissance, Horizons, le MoDem et l’UDI. Selon un sondage Ifop publié fin février, Jean-Michel Aulas recueillerait 45 % des intentions de vote au premier tour, contre 29 % pour Grégory Doucet. La candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi atteindrait 11 %. Dans un duel au second tour, Jean-Michel Aulas l’emporterait largement avec 58 % des voix.

Nice : duel fratricide entre Estrosi et Ciotti

À Nice, la campagne se résume largement à l’affrontement entre le maire sortant Christian Estrosi et son ancien allié devenu rival Éric Ciotti. Après avoir quitté la présidence des Républicains en 2024 pour s’allier au Rassemblement national, le président de l’UDR parait en mesure de concrétiser un souhait : conquérir la mairie de Nice, et battre le maire sortant (Horizons) Christian Estrosi. Ce dernier apparaît nettement en tête dans les intentions de vote avec 45 % contre 27 % pour le candidat de la droite et du centre. Les candidates de gauche, Juliette Chesnel-Le Roux et Mireille Damiano, restent nettement distancées, autour de 12 % et 11 %.

Montpellier : le socialiste favori dans une gauche dispersée

Dans ce bastion arraché à la droite en 1977 par l’emblématique George Frèche qui en fit son fief jusqu’en 2004, la gauche part en ordre dispersé. À Montpellier, le maire socialiste Michaël Delafosse semble en position confortable. Dans une ville où la droite peine traditionnellement à s’imposer, il bénéficierait en outre de la dispersion de ses adversaires à gauche. Les dernières enquêtes d’opinion lui attribuent 35 % des intentions de vote au premier tour, loin devant la candidate LFI Nathalie Oziol, créditée de 16 %.

Nantes : un duel plus disputé que prévu

Dans la ville de Nantes, la course à la mairie s’annonce bien plus disputée que prévu. Selon un récent sondage, la maire sortante et numéro deux du Parti socialiste, Johanna Rolland, devancerait de peu le candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe : 38 % des intentions de vote contre 31 %. Le candidat insoumis William Aucan arriverait en troisième position, nettement derrière mais toujours en mesure de se maintenir au second tour avec 13 %. À l’inverse, le Rassemblement national ne recueillerait que 6 % des voix et ne pourrait pas accéder au second tour.

Strasbourg : la bataille de deux gauches

À Strasbourg, la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian est donnée derrière la socialiste Catherine Trautmann, qui a déjà été deux fois à a tête de la ville. Cette dernière recueillerait 31 % des intentions de vote selon un sondage Cluster17, contre 20 % pour la maire sortante. Derrière ce duel à gauche, plusieurs candidats pourraient se qualifier pour le second tour : le Républicain Jean-Philippe Vetter (19 %), la candidate RN Virginie Joron (11 %) et l’insoumis Florian Kobryn (10 %).

Toulouse : la ville redeviendra-t-elle rose ?

Dans la quatrième ville de France, les élections municipales refont surgir « le paradoxe politique toulousain « : une ville largement ancrée à gauche dans les scrutins nationaux, mais dirigée par la droite au niveau municipal depuis des décennies. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc arrive en tête des intentions de vote avec 33 %. Il devance le socialiste François Briançon (30 %) et l’insoumis François Piquemal (23 %). Dans une triangulaire, Jean-Luc Moudenc serait réélu avec 41 % des voix. En revanche, une fusion entre les deux listes de gauche pourrait inverser l’issue du scrutin.

Bordeaux : la fin de la vague verte ?

Elu en 2020, Pierre Hurmic a mis un terme à plus de 70 ans de domination de la droite. Pour ce nouveau scrutin, le député macroniste et ancien ministre, Thomas Cazenave espère inverser la tendance grâce à une union du bloc central et de la droite. Selon un sondage de l’institut Cluster 17, le maire sortant de Bordeaux reste en tête avec 33 % des intentions de vote, devant le député Renaissance Thomas Cazenave (25 %). La présence d’une candidature dissidente de droite, celle de l’universitaire Philippe Dessertine (15 %), fragilise toutefois la stratégie du bloc central. Dans une quinquangulaire au second tour, Pierre Hurmic conserverait l’avantage. En revanche, dans une configuration où Philippe Dessertine se retirerait, Thomas Cazenave pourrait passer devant avec 37 % contre 35 % pour le maire sortant.

Lille : après Martine Aubry, une succession très incertaine

Pour la première fois depuis plus de vingt ans, les Lillois votent sans Martine Aubry, qui a quitté la mairie en mars 2025 après l’avoir dirigée depuis 2001, ouvrant une bataille incertaine dans un bastion historique de la gauche. Dans ce paysage très fragmenté, le maire sortant Arnaud Deslandes arrive en tête mais avec seulement 23 % des intentions de vote. L’écologiste Stéphane Baly est crédité de 20 %, la candidate LFI Lahouaria Addouche de 19 %, et la députée Renaissance Violette Spillebout de 17 %. Le candidat RN Matthieu Valet atteindrait 13 %.

Toulon : le RN rêve d’un nouveau bastion

À Toulon, la députée RN Laure Lavalette espère profiter des divisions de la droite pour conquérir la mairie. Depuis l’inéligibilité de l’ancien maire Hubert Falco, le camp conservateur est profondément fragmenté. Selon un sondage Elabe, la candidate du Rassemblement national (RN) recueillerait 41 % des intentions de vote au premier tour, devant la maire sortante Josée Massi à 27 % et le sénateur LR Michel Bonnus à 14 %. A gauche, la liste de Magali Brunel est créditée de 12 %. En cas de triangulaire avec le maintien de la liste PS/PCF/EELV, Laure Lavalette l’emporterait au second tour. En revanche, elle serait battue en cas de duel face à Josée Massi (53 % contre 47 %), gagnant de justesse à 51 % face à Michel Bonnus.

Le Havre : l’élection qui pèsera sur l’avenir d’Édouard Philippe

Au Havre, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe joue une partie importante de son avenir politique. Candidat à sa réélection, il est donné en tête avec 37 % des intentions de vote. Mais il reste talonné par le député communiste Jean-Paul Lecoq, tandis que le candidat UDR-RN Franck Keller, crédité de 18 %, pourrait lui aussi se qualifier pour le second tour, compliquant l’équation électorale. « Si j’échoue à convaincre les Havrais […], je ne serai pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », avait martelé l’ancien Premier ministre en décembre dernier.

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