Municipales 2026 à Rennes : sécurité, logement, mobilités… que retenir du débat entre les principaux candidats ?

Les cinq principaux candidats à la mairie de Rennes se sont affrontés lors d’un débat diffusé sur Public Sénat, en partenariat avec TVR et Ouest France. L’occasion de confronter leurs visions sur les enjeux majeurs de la ville, de la sécurité à l’attractivité culturelle, en passant par le logement et les mobilités.
Emma Bador-Fritche

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C’est le thème le plus clivant. À Rennes, la sécurité s’est imposée comme l’un des fils rouges du grand débat des candidats aux municipales, tant le sujet cristallise les divergences. La maire socialiste sortante, Nathalie Appéré, a défendu son bilan en rappelant le doublement des effectifs de police municipale depuis 2014 et l’installation de plus de 150 caméras de vidéoprotection. Elle refuse toutefois l’armement des agents à ce stade : « Les missions actuelles ne le justifient pas », plaide-t-elle, mettant en avant la complémentarité avec la police nationale. À droite et à l’extrême droite, le ton est plus offensif. Thomas Rousseau, candidat Les Républicains propose d’armer la police municipale, de recruter une dizaine d’agents supplémentaires par an et de tripler le nombre de caméras, évoquant même un couvre-feu pour les mineurs « si nécessaire ». Le candidat du Rassemblement national, Julien Masson a été encore plus radical : « Une brigade de nuit 24h/24 et 7j/7 ». « L’insécurité, ce sont aussi les saccages et agressions de l’extrême gauche », a-t-il dénoncé, appelant au doublement des effectifs et à une présence policière constante dans les quartiers. Charles Compagnon (DVD-Horizons) soutient également l’armement, associé à des antennes de proximité. À gauche de la majorité sortante, Marie Mesmeur, candidate de La France Insoumise s’est distinguée par son rejet des mesures sécuritaires classiques : « Les violences d’extrême droite menacent les habitants et les institutions : mosquées, partis et syndicats », a-t-elle averti. Pour elle, la réponse doit passer par la prévention, la médiation et le recrutement d’éducateurs spécialisés, car « la course à l’échalote sécuritaire » ne résout pas les causes profondes de la délinquance.

Logement : densification, régulation ou priorité aux Rennais ?

Autre enjeu structurant : le logement, dans une ville marquée par une forte tension locative. La socialiste Nathalie Appéré met en avant la poursuite de la construction de logements sociaux, le développement du bail réel solidaire et l’encadrement des loyers. Elle défend une stratégie « globale », combinant production neuve et régulation pour limiter la spéculation. Marie Mesmeur (LFI) se montre plus offensive encore, appelant à la réquisition de logements vacants et à un encadrement plus strict des loyers, tout en liant la question du logement au pouvoir d’achat. « Le logement ne peut pas être un luxe », a-t-elle martelé. À droite, Charles Compagnon (DVD- Horizons) propose un moratoire sur les immeubles de grande hauteur et une approche davantage concertée avec les habitants, tout en soutenant l’accession sociale à la propriété. De son côté, Thomas Rousseau (LR) souhaite relancer la construction privée à hauteur de 1 000 logements par an, transformer des bureaux vacants en habitations et revoir les critères d’attribution des logements sociaux avec des baux limités dans le temps. Julien Masson (RN), quant à lui, dénonce « l’hyperdensification » et plaide pour un plafonnement de 500 logements par an, avec priorité aux habitants déjà installés : « Le passe-temps favori de la gauche et de l’extrême gauche, c’est taxer et punir. On peut construire 500 logements de manière équilibrée », a-t-il affirmé.

Mobilités et attractivité : métro, téléphérique et rayonnement métropolitain

Sur les mobilités, les divergences sont tout aussi marquées. La maire sortante défend le réseau existant et le développement de lignes de tram-bus à l’échelle des 43 communes de la métropole, jugeant trop coûteuse une extension du métro au-delà de la rocade. Charles Compagnon, candidat Horizons propose au contraire d’étudier un prolongement du métro vers l’aéroport et les communes périphériques, avec de nouveaux parkings-relais. Le candidat LR, Thomas Rousseau avance l’idée d’un téléphérique reliant notamment l’aéroport et le parc des expositions, ainsi que la création de « voies cyclables express métropolitaines ». Julien Masson, candidat du RN critique une politique « anti-voiture » et souhaite revoir le plan de circulation. De son côté, la candidate LFI, Marie Mesmeur assume une ligne de rupture claire : « Transport gratuit pour tous, d’abord pour les moins de 26 ans. » Pour la candidate insoumise, la gratuité constitue une « mesure de justice sociale et écologique ».

Attractivité et infrastructure : stade, Zenith et tiers-lieux

Les grands projets culturels et sportifs ont été un autre point de désaccord. Charles Compagnon de Horizons défend la création d’un « quartier des stades » avec un nouveau stade et un Zenith, estimant que « Rennes doit bénéficier des équipements dignes de sa position ». Nathalie Apperé, candidate socialiste s’indigne : « La construction d’un Zenith est climaticide et de la poudre aux yeux. Nous voulons donner la priorité aux équipements de proximité », a-t-elle insisté.  Le candidat Les Républicains, Thomas Rousseau propose l’installation d’un tiers-lieu pour accueillir artistes et start-up, afin de « renforcer l’attractivité économique et culturelle de la ville ». Julien Masson, candidat RN, plus sceptique sur les grandes manifestations culturelles, a dénoncé un « vrai manque de théâtre populaire ». Quant à la candidate LFI, Marie Mesmeur, elle s’oppose aux grands projets, préférant investir dans des infrastructures « du quotidien » pour les habitants.

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