Municipales 2026 à Roubaix : sécurité, logement, jeunesse… que retenir du débat entre les principaux candidats ?

Les six candidats principaux à la mairie de Roubaix se sont affrontés lors d’un débat diffusé sur Public Sénat, en partenariat avec ICI Nord-Pas-de-Calais et France.tv. L’occasion de confronter leurs visions sur les enjeux de la ville, de la sécurité, du logement et de la jeunesse.
Emma Bador-Fritche

Temps de lecture :

6 min

Publié le

À quelques jours du premier tour des élections municipales, Roubaix a accueilli un débat réunissant six candidats majeurs. Organisé par Public Sénat, ICI Nord-Pas-de-Calais et France.tv, l’échange a permis de confronter les propositions des prétendants à la mairie autour des préoccupations centrales des habitants : sécurité, propreté, logement, emploi et jeunesse. Dans une ville marquée par une forte pauvreté, plus d’un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté et plus d’un actif sur quatre est au chômage, les visions divergent sur les priorités et les méthodes. Selon un sondage réalisé début mars, David Guiraud (LFI) arriverait en tête des intentions de vote au premier tour avec 44 %, devant le candidat divers gauche, Karim Amrouni (23 %), le  maire sortant divers droite, Alexandre Garcin (18 %)  et la candidate du Rassemblement national, Céline Sayah (12 %) et en dessous de la barre des 10%, on trouve, Françoise Delbarre, candidate Lutte ouvrière. Mais dans une ville où la mobilisation électorale reste imprévisible, aux municipales de 2020, plus de 77% des électeurs roubaisiens s’étaient abstenus, l’issue du scrutin dépendra largement du nombre de Roubaisiens qui se déplaceront aux urnes.

Sécurité et propreté : prévention contre fermeté

Premier thème du débat, la sécurité, qui reste l’un des sujets les plus sensibles à Roubaix. Elle est l’une des villes du Nord où la délinquance est la plus élevée. Le maire sortant divers droite, Alexandre Garcin, défend une approche mêlant prévention et renforcement des moyens policiers. Il souhaite étendre « la vidéosurveillance jusqu’à 600 caméras », instaurer « une police municipale active 24 heures sur 24 » et développer des brigades spécialisées, notamment canines. Il met également en avant les premières mesures prises depuis son arrivée à la tête de la ville, comme la fermeture d’épiceries vendant du protoxyde d’azote. Face à lui, le candidat de La France insoumise, David Guiraud, insiste davantage sur les causes sociales de la délinquance. S’il ne remet pas en cause certains dispositifs existants, il veut surtout agir à la racine des problèmes, notamment par « la prévention, la médiation et l’accompagnement des jeunes en décrochage scolaire ». Il propose également des « cellules de tranquillité de proximité » pour traiter les conflits du quotidien et renforcer la confiance entre habitants et forces de l’ordre. Pour Karim Amrouni, candidat divers gauche, la réponse passe par une organisation plus locale de la sécurité : il propose la création de « kiosques de tranquillité dans chacun des quinze quartiers de la ville », réunissant agents municipaux, bailleurs sociaux et services publics afin de mieux faire remonter les problèmes. La candidate du Rassemblement national, Céline Sayah, plaide pour une ligne plus ferme, avec le « doublement des effectifs de police municipale », le « renforcement de la vidéosurveillance » et coordination accrue avec la police nationale pour lutter contre les trafics de drogue.

Logement : lutte contre l’habitat indigne

La question du logement illustre les fractures sociales de la ville. Roubaix compte plusieurs centaines de logements potentiellement insalubres et reste confrontée à la présence de marchands de sommeil. Le candidat, divers gauche, Karim Amrouni souhaite renforcer la brigade municipale dédiée à la lutte contre l’habitat indigne et accompagner les petits propriétaires dans la rénovation de leurs logements. Sur le sujet, Alexandre Garcin, le maire sortant défend pour sa part les programmes de « rénovation urbaine déjà engagés », notamment dans les quartiers de l’Alma, des Trois-Ponts ou de l’Épeule, avec plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements. L’insoumis, David Guiraud se montre plus critique. Il conteste certaines démolitions prévues et plaide pour « réhabiliter davantage de logements existants », estimant qu’il est incohérent de détruire des habitations alors que les demandes de logement social restent très élevées. De son côté, la candidate d’extrême droite, Céline Sayah propose de favoriser l’accession à la propriété, avec davantage de constructions et un « choc de l’offre de logements » afin d’augmenter la part de propriétaires dans la ville.

Emploi et pauvreté : un défi structurel

La situation économique de Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France, a traversé l’ensemble des discussions. Le candidat de la France insoumise veut réunir les acteurs économiques pour « adapter les formations aux besoins des entreprises locales » et développer des filières comme le textile ou le recyclage. Quant à Karim Amrouni, le candidat divers gauche, il insiste sur la formation et l’accès aux stages, estimant que la mairie doit jouer un rôle moteur en devenant « le premier centre de stages et d’alternance de la ville ». Le maire sortant divers droite, lui, met en avant la stratégie d’attractivité économique engagée autour de plusieurs pôles : textile, économie circulaire, industries créatives ou artisanat, avec l’objectif de créer des emplois locaux.

Jeunesse : un enjeu central dans une ville jeune

Roubaix est aussi l’une des villes les plus jeunes de France, ce qui explique l’importance accordée aux politiques éducatives. Le candidat divers gauche, Karim Amrouni défend une mesure emblématique : « la cantine gratuite pour tous les enfants », sans condition de revenus, qu’il présente comme un levier de justice sociale. David Guiraud, l’insoumis, lui, propose la création de « maisons des devoirs dans chaque quartier », pour offrir aux élèves des espaces calmes de travail et de soutien scolaire. Alexandre Garcin, candidat divers droite souhaite poursuivre les dispositifs existants et créer une « Maison des lycéens et des étudiants », destinée à accompagner les jeunes dans leurs études et leurs projets professionnels. Céline Sayah, candidate du rassemblement national met quant à elle l’accent sur « des bourses municipales pour les études et l’apprentissage », afin que l’argent ne soit plus un frein à la réussite.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Emmanuel Macron chairs G7 leaders’ videoconference on economic impact of Iran war
3min

Politique

Guerre en Iran : Emmanuel Macron confirme le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques

Le président français s’est entretenu avec les représentants du G7, ce mercredi 11 mars, dans un contexte de guerre inflammable en Iran. A l’issue de cette réunion, il a confirmé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse au blocage du détroit stratégique d’Ormuz. Sur la Russie, il a précisé qu’« aucune sanction » ne serait levée à l’encontre du pays agresseur de l’Ukraine.

Le

Capture
5min

Politique

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.

Le

Maire et echarpe tricolore
5min

Politique

Municipales 2026 : combien touche un maire dans l’exercice de son mandat ?

Les maires des 35 000 communes de France, ainsi que leurs adjoints, perçoivent une indemnité qui va de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros par mois selon la taille de la commune. L’immense majorité d’entre eux touche une rémunération qui ne dépasse pas les 2 000 euros net par mois. Explication.

Le