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Pierre Jouvet, le 11 mars 2026 au siège du PS, capture d'écran Youtube

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.
Mathilde Nutarelli

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Le Parti socialiste a décidé de rendre coup pour coup. Après la conférence de presse organisée par Bruno Retailleau le 3 mars dernier, au cours de laquelle il a dénoncé des « accords de la honte » entre le PS et la France Insoumise aux élections municipales, Pierre Jouvet, secrétaire général du parti à la rose, lui a rendu la pareille. Il a convié les journalistes au siège ce matin, pour dénoncer le « pacte du déshonneur », le rapprochement selon lui de LR et de l’extrême-droite, tableaux Excel à l’appui.

« Faire par la base une fusion de la droite et de l’extrême droite

« Dans le pays, il y a une méthode mise en œuvre pour faire par la base une fusion de la droite et de l’extrême droite », dénonce Pierre Jouvet. Liste brandie devant lui, il énumère les communes dans lesquelles, d’après les services du PS, Les Républicains s’unissent à l’extrême-droite, Reconquête et le Rassemblement national confondus, « sans trompettes, et sans logo ». Parce que le parti n’a aucune alliance avec le RN ou avec Reconquête.

Les socialistes dénoncent plusieurs types de « fusions cachées ». D’abord, les cas où il n’y a pas de liste concurrente du RN face à la liste de droite, ou l’inverse, alors que c’était le cas en 2020. Pierre Jouvet cite entre autres Givors, où il n’y a pas de liste d’extrême-droite, ou encore Saint-Raphaël, où s’affronteront une liste divers droite et une liste LR. Elles seraient 76 en tout, selon son décompte.

Le secrétaire général du PS dénonce également les « transfuges », ces candidats qui étaient LR ou divers droite en 2020 et qui figurent sur des listes RN en 2026, et inversement. Sur la liste, 700 personnes : 136 qui étaient RN et qui sont passées sur une liste divers droite et 575 qui étaient LR ou divers droite en 2020 et qui figurent sur une liste RN en 2026. En tête, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie. « Voilà l’hypocrisie réelle d’un parti politique qui n’a de républicain que le nom », conclut-il.

« C’est invérifiable, ce sont des individualités et là-dessus on n’a pas la main »

Un calcul « grotesque », dénonce Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine et président de la commission nationale d’investiture du parti. « C’est invérifiable, ce sont des individualités et là-dessus on n’a pas la main », réagit l’entourage de Bruno Retailleau, « cela ne prouve aucune alliance, je vous mets au défi de trouver un logo LR à côté d’un logo RN ». L’exécutif LR l’assure, il n’y a aucune tolérance envers les adhérents qui figurent sur une liste RN aux municipales. « Il n’est pas question qu’il y ait la moindre porosité […]. Il y aura évidemment un sujet sur les candidatures qui ne tiendront pas compte de la ligne nationale, ce qui pourrait secouer l’édifice, d’autant qu’il y a un racolage très fort du côté du RN. De mon point de vue, ce serait le baiser de la mort », confiait hier à Public Sénat Dominique Estrosi-Sassone, membre du bureau politique de LR. Une position qui a été rappelée ce matin sur France Inter par le président du Sénat, Gérard Larcher.

Il faut dire que les cas existent : les eurodéputés LR Laurent Castillo et Christophe Gomart, qui ont apporté leur soutien à Éric Ciotti à Nice ; le vice-président LR de l’Ain Pierre Lurin, qui soutient la liste menée par un Reconquête à Bourg-en-Bresse ; le président de la fédération LR du Haut-Rhin Alain Kott, qui rejoint la liste RN à Colmar. Pour ce dernier cas, une procédure d’exclusion a été lancée. Tout comme pour Aurélie Assouline, adjointe LR à la mairie du 17e arrondissement de Paris, qui a rejoint la liste Reconquête de Sarah Knafo en février dernier.

« C’est un leurre politique de mettre sur un même plan la gauche radicale et l’extrême droite »

La conférence de presse de ce matin remet une pièce dans la machine des accusations de collusion avec « les extrêmes ». « Le PS veut créer un écran de fumée pour ses alliances avec LFI », dénonce Roger Karoutchi. Une critique que rejette Pierre Jouvet. Il balaie toute accusation de collusion avec LFI, depuis le communiqué de son parti rendant impossible toute alliance nationale au premier ou au second tour des élections municipales avec la formation de Jean-Luc Mélenchon. « C’est un leurre politique de mettre sur un même plan la gauche radicale et l’extrême droite. La gauche radicale n’a pas vocation immédiate à diriger le pays et n’est pas au même niveau que l’extrême-droite dans les sondages. Jamais les socialistes ne mettront un trait d’égalité entre la gauche radicale et l’extrême-droite », a-t-il martelé ce matin devant les journalistes.

S’il est difficile de conclure à un accord entre LR et le RN avec les chiffres présentés par les socialistes ce matin, ils mettent néanmoins en lumière un phénomène intéressant : le glissement des militants de droite vers l’extrême-droite. Une question qui préoccupe déjà les membres de LR et qui habitera le débat politique bien après les municipales.

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