Le compte à rebours est lancé pour les médias. À quarante-deux jours du premier tour, prévu le 15 mars 2026 (le second tour se tiendra le 22 mars), une nouvelle phase s’ouvre pour l’audiovisuel. Depuis le 2 février, les éditeurs sont soumis à des obligations renforcées en matière de couverture de la campagne électorale. Si la campagne électorale « officielle » pour les candidats ne débutera que le 2 mars 2026, le droit électoral prévoit une application anticipée des règles spécifiques à la télévision et à la radio. Celles-ci visent à garantir l’égalité entre les listes et la sincérité du scrutin.
Un temps de parole encadré par la loi
À compter du 2 février, date d’ouverture officielle de la campagne pour les médias, les chaînes de télévision et les radios devront respecter un temps de parole équilibré entre les différentes formations politiques. Ce calcul repose sur plusieurs critères, parmi lesquels les résultats des scrutins précédents, les indications des sondages et la participation effective des candidats au débat public.
Le 23 janvier, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a rappelé ces règles aux éditeurs, appelés à une vigilance particulière jusqu’à la fin du processus électoral.
Une vigilance accrue sur les médias audiovisuels
Les élections municipales ne donnent pas lieu à une campagne audiovisuelle officielle, contrairement aux scrutins nationaux. La télévision et la radio occupent néanmoins une place centrale dans l’information des électeurs. Durant les six semaines précédant le scrutin, les médias audiovisuels doivent respecter un principe d’équité, garantissant une présentation et un accès équilibrés à l’antenne pour les candidats, où un candidat est invité, et leurs soutiens.
Lorsqu’une commune est évoquée à l’antenne, l’ensemble des listes en présence doit être mentionné. Pour les programmes locaux, la couverture de la campagne doit tenir compte des équilibres politiques existants. Les éditeurs doivent également assurer un temps d’intervention équitable aux partis et groupements participant à la vie politique nationale, en fonction notamment de leurs résultats électoraux, de leur représentation et de leur rôle dans le débat public. Cette obligation de pluralisme ne s’applique toutefois pas aux radios d’opinion.
Ces exigences découlent de la loi de 1986 relative à la liberté de communication, qui impose le respect du pluralisme dans l’audiovisuel. Depuis 2024, ce contrôle ne se limite plus au seul suivi des temps de parole, mais s’étend à l’évaluation de « l’absence de déséquilibre manifeste et durable » dans le traitement de l’information.
Un suivi hebdomadaire des temps de parole
Les chaînes de télévision et les radios devront transmettre à l’Arcom un premier relevé des temps de parole le 16 février, puis chaque semaine jusqu’à la fin de la campagne, fixée au 20 mars au soir, soit l’avant-veille du second tour. Les compteurs seront remis à zéro après le premier tour, le 15 mars. L’Arcom publiera l’ensemble de ces données sur son site internet.
À partir de 0 heure le samedi, veille de chaque scrutin, débutera la période de réserve. « Aucun sondage, aucun résultat ou propos ne peut être diffusé à l’antenne », rappelait le 23 janvier, Catherine Jentile de Canecaude, membre de l’Arcom. Des images restent possibles, mais sans commentaire, « aucun sonore » ni interview. Les premières estimations ne pourront être diffusées qu’« à partir de 20 heures, heure de métropole », le soir du vote.
Réseaux sociaux sous surveillance
Les réseaux sociaux et les plateformes numériques ne sont pas soumis aux obligations de pluralisme applicables à l’audiovisuel, mais restent encadrés par le code électoral. Celui-ci impose notamment un silence électoral de quarante-huit heures avant le scrutin et réglemente strictement l’usage des sondages. Les mêmes règles s’appliquent à la presse écrite. « L’État de droit vit aussi sur internet », résume Martin Ajdari, président de l’Arcom. Si les usages des partis et de leurs militants sur les réseaux sociaux échappent en grande partie à la logique du temps de parole, « tout n’est pas permis », rappellent les autorités.
Une attention particulière sera également portée aux tentatives d’ingérence numérique étrangère.