Elections legislatives, premier tour dans le gard.
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Municipales 2026 : la parité bouscule les petites communes

La parité s’impose désormais dans les communes de moins de 1 000 habitants. À partir des élections municipales de 2026, les listes devront respecter une stricte alternance femmes-hommes, et le panachage sera interdit. Une réforme qui, entre volonté d’égalité et réalités locales, divise fortement les élus.
Emma Bador-Fritche

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Pour certains, il s’agit d’un progrès attendu ; pour d’autres, d’une véritable contrainte. La loi sur « la parité dans les fonctions électives et exécutives du bloc communal », portée par l’ancienne députée MoDem Élodie Jacquier-Laforge et adoptée le 7 avril, impose la parité dans les communes qui, jusqu’ici, utilisaient un scrutin majoritaire autorisant le panachage, une pratique permettant de rayer certains noms qui y figurent ou d’en ajouter. Désormais, plus aucune modification de liste ne sera possible.

L’idée d’une meilleure représentation des femmes n’est pas nouvelle. En 2000 déjà, une loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives a été promulguée. Malgré les avancées, plus de 320 communes ne comptent encore aucune femme élue, et seules 23 % des communes de moins de 1 000 habitants disposent aujourd’hui de conseils proches de la parité, d’après le réseau Élues locales. Résultat, 77 % des 25 000 communes concernées devront revoir la composition de leurs listes.

Une réforme difficile à appliquer pour de nombreux maires ruraux

L’obligation de listes paritaires inquiète particulièrement les élus des petites communes. La principale crainte, réussir à trouver suffisamment de candidates. « Déjà, constituer une liste complète de 11 noms est compliqué. Avec la parité, cela devient presque impossible », déplore Nicolas Montpeyroux, maire de Saint-Avit (Puy-de-Dôme). Même son de cloche pour Didier Huchon, maire de Sèvremoine (Maine-et-Loire), qui reconnaît : « Constituer des listes paritaires est difficile, même si nous veillons toujours à un certain équilibre. »

La suppression du panachage, pratique profondément ancrée dans les villages, suscite également des inquiétudes. « Les habitants ont l’habitude de rayer des noms ou d’en ajouter. Sans panachage, beaucoup ne viendront plus voter », estime Maurice Lesourd, maire de Lerné (Indre-et-Loire).

Pour faciliter cette transition, une dérogation est possible, elle est réservée aux communes de moins de 1 000 habitants et permet que les listes puissent compter jusqu’à deux noms de moins que les sièges à pourvoir.

Des communes déjà exemplaires… et d’autres très en retard

Certaines communes, à l’inverse, n’auront aucune difficulté à appliquer la réforme. Des communes ont même plus de femmes que d’hommes dans leur équipe actuelle, au point de devoir ajouter des candidats masculins. À Balaruc-les-Bains (Hérault), la parité est intégrée depuis longtemps : « Je n’ai eu que des listes paritaires depuis que je suis en poste », assure Gérard Canovas, maire depuis trois mandats.

Mais les disparités régionales demeurent marquées. L’Ouest présente une meilleure représentation féminine.

Un plafond de verre toujours solide

Pour certains élus, la réforme est un levier essentiel. « Les listes paritaires remettent les femmes au cœur de la fonction d’élu », estime Sylvie Theye, maire de Ladevèze-Ville (Gers). Pourtant, la sous-représentation féminine reste notable, seulement 17,5 % de maires et 36,4 % d’adjointes, selon une étude de la Caisse des dépôts publiée en septembre 2025. Une situation qui, selon Didier Huchon, s’explique aussi par des freins culturels : « On ne les empêche pas, mais beaucoup de femmes s’interdisent d’y aller. À nous de les encourager, de leur proposer des responsabilités. »

Claudine Tavel, maire de Novalaise, insiste sur la nécessité d’identifier très tôt les femmes intéressées par l’engagement communal. Pour certains élus, la contrainte législative est même utile : « Ce n’est jamais idéal de contraindre, mais quand il y a des freins sociologiques ou culturels, un coup de pouce est nécessaire », conclut Didier Huchon, qui compare la situation à la loi sur l’accessibilité, difficile au début, mais devenue une évidence une fois intégrée. « Peut-être que dans cinq ans, nous n’aurons plus besoin de cette loi. »

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