Féraud

Municipales 2026 : le sénateur Rémi Féraud, fidèle d’Anne Hidalgo, échoue dans la primaire PS pour Paris

Fidèle parmi les fidèles d’Anne Hidalgo, homme de l’ombre, le sénateur Rémi Féraud n’a pas remporté son pari. C’est Emmanuel Grégoire qui a gagné la primaire interne au PS. Peu connu du grand public, Rémi Féraud est pourtant au cœur de la gauche parisienne depuis des années.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le match était relativement serré. Mais c’est au final Emmanuel Grégoire qui l’emporte. Le député a été désigné par les adhérents de la fédération socialiste de la capitale candidat PS à la maire de Paris, en vue des municipales de mars 2026, face au sénateur Rémi Féraud (voir notre article pour plus de détails).

Celui qui a été propulsé comme dauphin par Anne Hidalgo, la maire sortante qui ne se représente pas, n’a pas réussi son pari. Emmanuel Grégoire l’emporte dès le premier tour, avec 52,6 % des voix, contre 44,33 % pour le sénateur. Une affaire de famille, car le député était l’ancien dauphin d’Anne Hidalgo. Mais il s’est brouillé avec elle depuis son terrible échec à la présidentielle, l’ex-candidate s’estimant trahie.

Influence des résultats du congrès du PS

Pour Rémi Féraud, malgré une confiance affichée, la victoire n’allait pas de soi. Le soutien d’Anne Hidalgo, qui l’a adoubé fin novembre, n’aura pas suffi. Une cruelle défaite également pour la maire sortante.

En fin de campagne, les résultats, à Paris, du dernier congrès du PS ont jeté l’incertitude. Lors du vote sur les textes d’orientation, fin mai, le courant de Nicolas Mayer-Rossignol, soutenu par Anne Hidalgo et Rémi Féraud, est certes arrivé en tête avec 47,7 % des voix. Mais l’addition des voix des 33,5 % du courant d’Olivier Faure, et des 18,6 % de celui du président du groupe PS de l’Assemblée, Boris Vallaud, deux soutiens d’Emmanuel Grégoire, dépassait les 50 %, avec 52,1 %…

Homme de l’ombre, Rémi Féraud est d’abord un fidèle d’Anne Hidalgo

Autre difficulté à laquelle Rémi Féraud a dû faire face : il n’est pas ou peu connu du grand public. C’est d’abord un fidèle d’Anne Hidalgo, qui a récompensé sa loyauté. Président du groupe Paris en commun (PS) au Conseil de Paris, l’ancien maire du 10e arrondissement connaît tous les arcanes de l’hôtel de ville. Discret, ce natif de Versailles sait se mouvoir dans l’écosystème de la gauche parisienne, où la majorité tient avec les écologistes et les communistes. Homme de l’ombre, il n’aura pas à prendre davantage la lumière, ni à fendre l’armure, face à la très médiatique Rachida Dati, probable candidate, qui rêve de représenter à la fois les LR et les macronistes.

Sénateur depuis 2017, c’est lors des débats sur le budget que Rémi Féraud se fait remarquer notamment. En octobre 2023, dans un autre scrutin, interne au groupe PS du Sénat celui-là, le sénateur avait manqué d’un cheveu la désignation pour le poste de président de la commission des finances du Sénat, qui revient à l’opposition. Le vote avait été particulièrement serré. 32 voix pour Claude Raynal contre 30 pour Rémi Féraud… et 2 blancs. Les deux consultations internes n’ont rien à voir, mais l’histoire semble se répéter pour le sénateur de Paris.

Oublier les rancœurs

En 1994, il adhère au PS, dans la section du 10e arrondissement de Paris, dont il deviendra maire des années plus tard, en 2008 et jusqu’en 2017. Avant cela, il devient en 2001 premier adjoint au maire du 10e, Tony Dreyfus.

Il fait aussi du combat contre l’homophobie l’un de ses chevaux de batailles. Plutôt que de défiler à la gay pride parisienne, Rémi Féraud fait le choix de se rendre à la marche des fiertés de Budapest, le week-end dernier, malgré l’interdiction des autorités hongroises.

Reste à voir si ce très proche d’Anne Hidalgo, et plus globalement les socialistes de la capitale, vont réussir à oublier les rancœurs et à rester unis pour garder Paris. La maire sortante, elle, a choisi : Anne Hidalgo a déjà prévenu qu’elle ne ferait pas campagne pour Emmanuel Grégoire, si son ancien poulain l’emportait.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le