Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
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Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?
Simon Barbarit

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A un an de la présidentielle, pour les partis politiques, c’est le dernier scrutin pour se jauger et peser dans son espace politique. Le dimanche 22 mars, à 20h, chacun tentera de se présenter comme l’un des grands gagnants de ce second tour des municipales, en insistant sur les victoires les plus symboliques possibles et en minimisant les défaites surtout dans les villes où la victoire était possible.

Les LR rêvent d’une remontada parisienne

« La droite est, plus que jamais, la première force politique locale ». « Dans près d’une commune sur deux de plus de 9 000 habitants, c’est un candidat Les Républicains ou une liste alliée qui arrive en tête. La droite fait mieux que résister. La droite se renforce ». C’était l’analyse à chaud au soir du premier tour des municipales de Bruno Retailleau.

Certes, l’implantation de la droite reste forte dans les petites et moyennes agglomérations, mais dans les grandes villes, c’est plus compliqué. Les Républicains peuvent déjà tirer un trait sur Marseille où leur candidate, Martine Vassal n’a aucune chance de l’emporter. Reste les villes où LR a fait alliance avec ses partenaires du socle commun Renaissance et Horizons. Mais à Lyon, la mauvaise campagne de Jean-Michel Aulas le place aux coudes à coudes face au maire sortant écologiste, Gregory Doucet. A Nice, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte, cette semaine, au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Ce psychodrame azuréen a révélé les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Ces considérations seront remisées à plus tard si Rachida Dati emporte Paris dans la triangulaire qui l’oppose au candidat de la gauche unie, Emmanuel Grégoire, et l’Insoumise Sophia Chikirou. Si Emmanuel Grégoire est sorti favori du premier tour, les ralliements de Pierre-Yves Bournazel et le désistement de Sarah Knafo en faveur de Rachida Dati ont rebattu les cartes, au moins arithmétiquement. Même si le désistement de la candidate Reconquête Sarah Knafo en faveur de la liste LR et l’appel de Jordan Bardella et Marine Le Pen à faire barrage à Emmanuel Grégoire donne une teinte droite radicale à la liste de Rachida Dati qui pourrait mobiliser l’électorat de gauche parisien.

Pour le PS, Paris ne tient qu’à un fil

Une victoire ou une défaite dans la capitale changerait radicalement la perception des résultats pour les socialistes. Si comme pour la droite, les municipales sont un scrutin favorable aux socialistes, implantés localement depuis des dizaines et des dizaines d’années, dans les grandes villes, la direction du parti a laissé ses candidats nouer des alliances locales avec l’adversaire honni d’hier ; La France Insoumise, comme à Nantes, Limoges, Brest, Grenoble, Avignon… Selon un sondage Odoxa – Backbone pour Le Figaro publié ce jeudi, 45 % des sympathisants PS jugent que le parti a eu tort de faire ces alliances. « Ce sera efficace d’un point de vue électoral, mais en termes d’image dans l’opinion, c’est désastreux, car les Français ont quand même retenu l’engagement rappelé par Olivier Faure le soir du premier tour, qu’il n’y aurait pas d’accord national avec les Insoumis. Rien n’obligeait les socialistes à prendre cet engagement », analysait, jeudi à Public Sénat, Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. A Toulouse, le PS arrivé troisième derrière la liste de l’Insoumis François Piquemal a choisi l’union pour battre le maire sortant Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête. Toulouse pourrait offrir une victoire majeure à gauche ou au contraire, en cas de défaite, être l’illustration que les électeurs n’ont pas suivi une alliance perçue comme contre nature.

Si le PS est bien parti pour conserver Marseille dans la triangulaire qui oppose le sortant Benoît Payan au RN Franck Allisio et la LR, Martine Vassal, c’est bien sûr Paris qui retiendra toute l’attention dimanche soir. L’hypothèse de voir la gauche perdre la capitale après 25 ans de règne n’est pas à prendre à la légère. A deux jours du scrutin, un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, Le Figaro et La Tribune Dimanche, en partenariat avec Berger-Levrault, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire est crédité de 45,5 % des intentions de vote, contre 44,5 % pour sa rivale Les Républicains.

Pour le RN et LFI un entre-deux tours au parfum de présidentielle

Le premier tour des élections municipales a conforté la stratégie de nationalisation du scrutin du Rassemblement national et de la France insoumise et leur volonté de le réduire à un duel entre leurs candidats pour 2027.

Le RN et LFI sont sortis confortés du premier tour. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a fait une percée surprise dans certaines grandes villes comme à Saint-Denis, et a confirmé ses ambitions de conquête à Roubaix, malgré les polémiques qui ont entouré la fin de campagne.

Le RN a lui progressé dans les villes de moins de 20 000 habitants, 16 listes RN ont été élues dès le premier tour, mais ne parvient pas à passer un cap dans les villes de plus 200 000 habitants. Dans ses bastions du sud, à Toulon, la députée RN Laure Lavalette est sortie en tête de 12 points au premier tour et conserve l’espoir de l’emporter face à la droite désunie, même si le sénateur LR Michel Bonnus à la tête d’une liste de droite dissidente s’est retiré et a appelé à voter pour la maire sortante divers droite Josée Massi. À Nîmes, le second tour s’annonce aussi serré. Julien Sanchez (RN) est arrivé en tête avec 30,39 %, talonné par le communiste Vincent Bouget (30,05 %). Mais la droite, initialement divisée, a fusionné ses listes : Franck Proust (19,55 %) et Julien Plantier (15,55 %), et ont créé un troisième bloc capable de redistribuer les cartes.

Hormis Nice, où le patron de l’UDR, allié au RN, Éric Ciotti est favori, le parti de Jordan Bardella ne devrait remporter aucune grande métropole. A Marseille, la main tendue de Franck Allisio vers la droite n’a pas été saisie, handicapant grandement ses chances de victoires.

Au Havre, l’Horizon se dégage vers la présidentielle pour Edouard Philippe

Candidat déclaré à l’Elysée, Edouard Philippe, qui avait lié son destin national à son élection au Havre, dispose d’une confortable avance face à la liste du communiste Jean-Paul Lecoq. Il devrait donc pouvoir rester dans la course à la présidentielle.

Autoproclamé « parti des maires », les élections municipales sont forcément un enjeu majeur chez Horizons qui, depuis sa création en 2021 par l’ancien premier ministre, a su attirer 3 400 élus locaux revendiqués, dont près de 600 maires. Nombre de ces élus sont en réalité des transfuges des LR, qui lui permettent d’afficher quatre villes de plus de 100.000 habitants. Le parti dirige Angers, avec Christophe Bechu qui devrait être réélu, même chose à Reims avec Arnaud Robinet. A Nice, le vice-président du parti, Christian Estrosi est lui difficulté à Nice face à Éric Ciotti et aura du mal à miser sur le front républicain contre l’extrême droite.

Pour les écologistes, l’objectif est de contrer le reflux de la vague verte de 2020

Grand gagnant des dernières élections municipales, les écologistes avaient pris la tête de grandes métropoles comme Strasbourg, Lyon, Grenoble, Bordeaux. Autant de villes où le deuxième tour s’annonce serré. A Bordeaux, l’économiste Philippe Dessertine, qui refusait de s’allier à Thomas Cazenave pour le second tour des municipales, n’a finalement pas déposé sa liste et a laissé le champ libre au député macroniste face au maire sortant écologiste, Pierre Hurmic. Mais le report de voix de l’électorat Dessertine est incertain, car l’universitaire a plaidé dans Sud-Ouest pour que Bordeaux ne soit pas « la dernière ville à avoir un maire macroniste ».

Renaissance : le risque de l’effacement

Si de nombreuses inconnues entourent les résultats de dimanche soir, il y a quand même une certitude. Renaissance ne sera pas le grand vainqueur du scrutin. Le parti qui affichait avant le premier tour un peu plus de 1 000 conseillers municipaux au total, et environ 150 maires adhérents, ne pourra pas espérer beaucoup plus. Avec environ 360 listes déposées sur son nom, la formation de Gabriel Attal a surtout fait le choix des alliances avec ses partenaires habituels Horizons et le Modem, mais aussi avec les LR. Mise à part Bordeaux, Annecy représente le meilleur espoir de conquête, avec la probable élection de l’ancien ministre des Comptes Publics, Antoine Armand.

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