Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes
Crédit : Alain ROBERT / SIPA / 2602070753

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes

LR réalise une série de prises dans les petites et moyennes villes, reconduisant un nombre important de sortants dès le premier tour. Selon Bruno Retailleau, le parti « s’est renforcé », mais le parti réalise des scores décevants à Paris et Marseille. Une autre campagne commence désormais, avec les stratégies complexes d’entre-deux-tours.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

5 min

Publié le

En prenant la tête du parti l’an dernier, Bruno Retailleau avait fixé comme objectif à sa famille politique celle de réaliser une « vague bleue » aux municipales. Bruno Retailleau n’a pas repris ce terme, mais considère néanmoins que « la droite est plus que jamais la première force politique locale ». Et d’affirmer : « la droite ne se contente pas de résister, elle se renforce ». Le résultat au sortir du premier tour, ce 15 mars, est mitigé.

Au cours de la soirée, au fur et à mesure de la remontée des résultats, le parti a confirmé son bon ancrage territorial, en particulier dans les villes moyennes. « Les Républicains sont en tête dans plus d’une ville sur deux de plus de 9000 habitants », a revendiqué le secrétaire général Othman Nasrou, le bras droit de Bruno Retailleau. La statistique vaut toutefois avec les listes alliées.

Le parti de droite, qui a longtemps dominé le destin national de la Ve République, a vu plusieurs de ses candidats l’emporter dès le premier tour dans des petites villes (Sarrebourg, Florange, ou encore La Grande-Motte) ou moyennes (Cognac, Dole, Mandelieu-la-Napoule, ou encore Salon-de-Provence). Dans plusieurs de ses fiefs de l’Île-de-France, le parti s’est aussi imposé dès ce dimanche, à Meaux avec Jean-François Copé, Taverny avec Florence Portely, Bry-sur-Marne avec Charles Aslangul, ou encore à Levallois-Perret avec Agnès Pottier-Dumas.

David Lisnard réélu haut la main, François Baroin doit passer par un second tour

Dans quelques centres urbains plus importants, LR plie aussi le match en une seule journée. David Lisnard est réélu haut la main à Cannes avec plus de 81 % des voix. L’ancien ministre Nicolas Daragon conserve aussi sans difficulté Valence, avec 58,1 % des voix, tout comme Jean Leonetti à Antibes (66,7 %). Dans d’autres cas, plusieurs candidats sont en ballotage favorable, comme Damien Meslot à Belfort (47,3 %), ou à Troyes (48,6 %). Son maire sortant, François Baroin, élu dès le premier tour lors des quatre dernières municipales, est lui aussi contraint à un nouveau scrutin.

Les Républicains sont également en bonne position pour conserver Boulogne‑Billancourt, l’une des rarissimes villes de plus de 100 000 habitants qu’ils détiennent. Pierre-Christophe Baguet est arrivé en tête du premier tour avec 47 % des voix.

Mais le parti est en danger dans sa première municipalité en termes de taille, Nîmes. Le candidat RN, l’eurodéputé Julien Sanchez, est arrivé en tête avec 30,4 % des suffrages, devançant de peu candidat de gauche Vincent Bouget (30,05). Le candidat LR Franck Proust, le premier adjoint sortant, arrive troisième avec 19,6 % des voix, devant un dissent LR, Julien Plantier, qui a réalisé 15,6 %.

Déceptions à Paris et Lyon

La déception est surtout palpable à Paris, qui était l’un des grands espoirs du parti. Selon des estimations, Rachida Dati dépasse légèrement la barre des 25 % des suffrages exprimés, largement distancée par le principal candidat de gauche, Emmanuel Grégoire, crédité de plus de 37 % des voix. « La division affaiblit le camp de l’alternance et du changement », a déploré l’ancienne ministre de la Culture, réélue comme maire du 7e arrondissement. La stratégie de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) qui peut se maintenir au second tour et les résultats définitifs de Sarah Knafo (Reconquête!), dont le résultat tourne autour de 10 %, seront déterminants pour le second tour.

À Lyon, le score de Jean-Michel Aulas, que soutient LR, n’est pas à la hauteur des attentes. Favori des sondages, l’ancien président de l’Olympique lyonnais est au coude-à-coude avec le maire écologiste sortant Grégory Doucet, aux alentours de 37 %. La droite à Marseille est également en péril. Dans la cité phocéenne, où Jean-Claude Gaudin avait régné un quart de siècle, la candidate LR Martine Vassal, soutenue par les partis du bloc présidentiel, recueille à peine 13 % des voix, talonnée par Sébastien Delogu (LFI). Loin devant, Benoît Payan (union de la gauche) et Franck Allisio (RN) dépassent tous les deux 35 %.

Autre coup de semonce : à Nice, le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), ex-LR, est nettement distancé au premier tour. Selon des estimations, il recueille un peu moins de 31 % des voix, loin devant Éric Ciotti, l’ancien président de LR, qui a choisi en 2024 de créer des alliances avec le Rassemblement national, à travers la naissance de l’Union des droites pour la République (UDR).

Des percées à Besançon, Clermont-Ferrand et Nantes

Face aux percées locales de la France insoumise ou du Rassemblement national, le message des cadres LR tournait souvent autour de l’unité, dans ce démarrage d’entre-deux-tours qui pourrait être sous tension. « Pas de division, pas de dispersion », a appelé Bruno Retailleau, qui a plaidé pour un « grand rassemblement de la droite » pour faire barrage à la gauche ou au RN. « Partout où on est divisé, on perd », a également averti le député LR Philippe Juvin, en guise d’avertissement à un an de la présidentielle.

La soirée a cependant été marquée par quelques bonnes surprises pour le parti de droite. LR place ses espoirs à Besançon, ville de gauche depuis près d’un siècle. Ludovic Fagaut est arrivé en tête du premier tour avec 40,3 % des voix, largement devant la sortante écologiste Anne Vignot (33 %).

À Clermont-Ferrand également, le candidat LR Julien Bony, a créé la surprise dans ce bastion socialiste depuis la Libération, avec 34 % des voix contre 30 % à son adversaire, le maire sortant PS Olivier Bianchi, tandis que la députée LFI Marianne Maximi a obtenu 17 % des suffrages.

LR réalise également un score inattendu à Nantes, avec 33,8 % des voix. Le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe, fait mieux que Laurence Garnier il y a six ans (20 %) et talonne la maire PS sortante Johanna Rolland.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales 2026 : Les Républicains, une « première force politique locale », mais à la peine dans les grandes villes
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le