Municipales 2026 : Montpellier, l’illustration d’une gauche fracturée ? 

Montpellier, la préfecture de l’Hérault, est au cœur de ce qu’on pourrait qualifier de guerre des gauches en vue des élections municipales. Le maire sortant divers gauche encarté PS Michaël Delafosse, largement favori dans les sondages, doit faire face à Nathalie Oziol, la candidate insoumise. Et en arbitres... quelques outsiders locaux, dont le milliardaire Mohed Altrad.
Rédaction Public Sénat

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Élu à la mairie de Montpellier en 2020, Michaël Delafosse, maire divers gauche encarté au parti socialiste, est candidat à sa réélection. Largement en tête des sondages, sa principale rivale se trouve du côté de la France Insoumise. Alors à quelques jours du scrutin, lors d’une réunion publique dans un quartier de la ville, le sujet a rapidement été mis sur la table par les Montpelliérains ayant fait le déplacement. Lors de la séance de questions-réponses, l’un d’eux interpelle Michaël Delafosse « en cas d’une large avance au premier tour, quelle alliance au second ? Je pense notamment à LFI… ». Pour le maire sortant, « la France Insoumise met toute son énergie à combattre les politiques de gauche que nous avons faites […] Ici, la France Insoumise s’était alliée au milliardaire Mohed Altrad : ils ne sont pas à une pantalonnade près ! » 

LFI en tête des élections à Montpellier depuis 2022

Dans la dernière ligne droite de la course à la mairie, la candidate de la France Insoumise, Nathalie Oziol, multiplie elle aussi les actions de campagne… Malgré la large avance prise par le candidat socialiste et maire sortant, qu’elle juge être le représentant de la macronie locale, celle qui est déjà députée de l’Hérault espère pouvoir surfer sur une vague insoumise : « la France Insoumise est en tête de toutes les élections depuis 2022. A la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon obtient 40.73% des voix, c’est le plus haut score dans une ville de plus de 200 000 habitants, aux européennes nous triplons nos voix… », analyse la candidate insoumise. « Nous n’avons pas notre mot à dire dans les politiques locales alors que nous sommes en tête de toutes les élections ! Les gens qui ont voté pour nous ont le droit d’avoir un bulletin de vote qui propose de prolonger cette action politique à Montpellier », ajoute-t-elle. 

D’autres listes de gauche sont aussi en lice, notamment les écologistes, mais ne devraient pas accéder au deuxième tour selon les différents sondages. En revanche, quelques outsiders extérieurs à la gauche pourraient se placer en arbitre du scrutin, à l’instar du militant de la cause animale et humoriste Rémi Gaillard, ou bien encore Mohed Altrad, qui était allé jusqu’au second tour en 2020. Ce dernier, milliardaire et président du club de rugby montpelliérain, présente une liste citoyenne. Quand nous le rencontrons à sa permanence, son directeur de campagne lui donne ses dernières estimations pour le premier tour : « Si on a 18 000 voix, on est à 22 ou 23%, c’est très bien ! » 

Un milliardaire dans la course à la mairie

Pour tenter de convaincre, Mohed Altrad se classe comme un candidat à part, et estime être l’opposé d’un homme politique : il mise sur son expérience de chef d’entreprise pour faire prospérer Montpellier : « j’ai la notoriété locale, nationale et internationale. J’ai les moyens matériels pour ne pas compter sur les deniers des contribuables, et j’ai le pouvoir également : mon entreprise compte 70 000 personnes dans une centaine de pays. » 

Si le maire sortant Michaël Delafosse reste confiant quant à sa réélection, face à la poussée insoumise et aux différentes candidatures alternatives, l’issue du scrutin dépendra en partie de la mobilisation des électeurs. 

Clément Guillonneau 

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