Municipales 2026 : « Ne pas armer sa police municipale, c’est mettre en danger son fonctionnaire », estime le maire PS d’Alfortville 

Moins de deux mois avant les élections municipales, quatre maires ont débattu des principaux enjeux des élections. La sécurité et la lutte contre le narcotrafic devraient occuper une place centrale dans la campagne et notamment le rôle et l’armement de la police municipale.
Henri Clavier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

A l’approche des élections municipales qui se tiendront le 15 et le 22 mars, plusieurs élus s’attendent à une importante participation pour un scrutin qui, pour la première fois, se tient un an avant l’élection présidentielle. « Je crois que ce sera sans doute une élection avec pas mal de participation », déclare, optimiste, le maire Renaissance de Nevers, Denis Thuriot. « L’élection se passe à un an de la présidentielle donc pour la première fois il y aura un vote utile au premier tour », constate également le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle. Pour rappel, en 2020, en pleine crise du covid-19, le taux de participation avait été historiquement bas avec 34,67 %. 

Parmi les sujets centraux de la campagne, la sécurité devrait occuper une place centrale. Un sondage Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale publié le 16 décembre 2025 place la « sécurité et la lutte contre la délinquance » en tête des priorités. 

La police municipale pour compenser les insuffisances de la police nationale ? 

Si l’Etat conserve un rôle prépondérant en matière de sécurité à travers la police nationale et la gendarmerie, les maires disposent néanmoins de pouvoirs de police qui peuvent s’exercer à travers la police municipale et dans l’espace public. « Nous donnons les moyens à nos fonctionnaires de travailler avec un outil de travail qui est très performant. La police nationale c’est la fonction publique d’Etat la plus pauvre qui soit », vante Luc Carvounas (PS) qui défend le rôle des polices municipales. « Il y a une insuffisance d’effectifs dans les commissariats de police », abonde Denis Thuriot. 

A ce titre, les débats sur le port d’armes létales par les policiers municipaux restent vifs. « Ne pas armer sa police municipale, c’est mettre en danger son fonctionnaire », estime le maire d’Alfortville, Luc Carvounas (PS) qui rappelle que le sujet était particulièrement clivant au Parti socialiste au début des années 2000. Si certains édiles comme le maire de Brest ont opéré un changement récent sur la question, les maires socialistes de Nantes et de Rennes restent opposés à l’utilisation d’armes létales par la police municipale. 

« Moi je n’ai pas envie que ma police municipale soit de la chair à canon, à partir du moment où il y a un uniforme on prend des balles », estime la maire de Taverny, Florence Portelli, favorable au port d’armes létales et de caméras piétons et qui plaide pour un renforcement de son rôle et de ses compétences. Un projet de loi réformant la police municipale sera d’ailleurs examiné au Sénat à partir du 3 février. 

« Armer la police n’est pas une politique publique de lutte contre le narcotrafic » 

Pour une partie de la gauche, la question reste clivante et l’utilité de l’équipement d’arme létale interroge. « Armer la police n’est pas une politique publique de lutte contre le narcotrafic », estime par exemple Éric Piolle. Le maire de Grenoble pointe l’absence d’effet de l’armement de la police municipale pour répondre aux principaux enjeux liés à la sauvegarde de l’ordre public. « On a la loi la plus répressive d’Europe, ça ne marche pas », continue l’édile de Grenoble, partisan de la légalisation du cannabis, qui appelle à changer de regard sur les consommateurs de drogues.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Fighting Fake News
3min

Politique

La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova visée par un arrêté d’expulsion du territoire français

La chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova, ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France et accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, s'est vu remettre mercredi un arrêté ministériel d'expulsion, a indiqué à l'AFP la place Beauvau, confirmant une information de Libération. Selon l’AFP, cette dernière va “immédiatement former un recours” contre cet arrêté d’expulsion.

Le

FRA – PARIS – CONSEIL CONSTITUTIONNEL
6min

Politique

Aide à mourir : les sénateurs socialistes présentent leurs observations au Conseil constitutionnel 

Après l’adoption de la loi sur la fin de vie par le Parlement et les multiples saisines du conseil constitutionnel, les sénateurs socialistes ont adressé leurs observations juridiques au Conseil constitutionnel. A travers leurs arguments, les sénateurs défendent le texte tel qu’il est sorti de la navette parlementaire et son respect des droits fondamentaux.

Le

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le