Poitiers : Journees d’ete EELV (Europe Ecologie Les Verts)
Poitiers Leonore Moncond Huy Maire EELV de la ville de Poitiers aux journees d ete des ecologistes dans le parc Blossac.Poitiers,France-20/08/2021//NOSSANT_11340017/2108211140/Credit:Jean Michel Nossant/isa H/SIPA/2108211145

Municipales 2026 : « On peut concilier une vie parentale tout en étant maire », confie la maire de Poitiers

PORTRAITS DE MAIRES. Léonore Moncond’huy, élue à la tête de la ville de Poitiers en 2020 a pris un congé maternité en 2024 alors que ce n’était pas prévu par la loi. Elle témoigne des difficultés qu’elle a rencontrées et de la nécessité de cloisonner sa vie de famille et sa vie politique.
Stephane Duguet

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Réussir à concilier la vie de maire et de mère, c’est le défi qu’a rencontré Léonore Moncond’huy, la maire de Poitiers. Lorsqu’elle est élue en 2020 à la tête d’un collectif transpartisan de gauche, l’ancienne directrice de projet a 30 ans. « Forcément dans ces tranches d’âge là, on a envie d’avoir des enfants », explique-t-elle dans son grand bureau situé dans une aile de l’hôtel de ville. Une envie à laquelle ne répondait pas la loi puisqu’il n’était pas prévu de congé maternité. « Je ne me suis pas posé la question avant, c’était avant tout des considérations personnelles, la question pratique n’est venue qu’après », retrace la maire de la préfecture de la Vienne.

« Bricoler » un intérim

C’est ainsi que Léonore Moncond’huy a attiré l’attention sur sa situation, malgré elle, au printemps 2024. Elle a dû « bricoler » une solution pour être remplacée pendant deux mois entre le 15 mars et le 15 mai 2024 pendant son congé maternité. « Lorsque le maire est empêché, même si le motif de congé maternité n’existe pas dans la loi, c’est le premier adjoint ou la première adjointe qui prend les responsabilités », rappelle la maire de Poitiers.

Mais, Ombelyne Dagicour, la première adjointe « travaille à côté de son mandat », détaille Léonore Moncond’huy qui précise que c’est le cas « de quasiment tous nos adjoints ». Et au moment du congé maternité, son employeur ne l’a pas laissé se détacher à 100 % pour prendre l’intérim à la tête de la ville de Poitiers. Face à ce refus qui ne sera plus possible après le vote de la loi sur le statut de l’élu local en décembre, l’exécutif municipal de Poitiers s’est organisé « non seulement avec la première adjointe mais aussi le deuxième adjoint », se souvient Léonore Moncond’huy. Stéphane Allouch a donc dû prendre de nouvelles responsabilités le temps du congé maternité de la maire.

« La politique, c’est une fonction pas un virus »

« On a essayé de ne pas la solliciter même s’il y a eu certainement un ou deux messages, explique celui qui est adjoint au personnel et au dialogue social à Poitiers. On avait envie à la fois qu’elle puisse être tranquille dans ce moment-là et puis d’un autre côté, on se disait peut-être qu’il y a des informations qu’elle souhaiterait avoir », poursuit-il. Léonore Moncond’huy assure qu’elle n’a pas été dérangée par son équipe dont elle souligne la qualité du travail. « J’ai réussi à couper autant que j’en avais besoin. Je pense que c’est un moment où c’est très important d’être disponible pour sa famille et pour son bébé qui arrive », ajoute celle qui se représente à la mairie de Poitiers en 2026.

Cette décision de prendre du repos à l’occasion de la naissance de son fils, elle ne l’a pas eu de mal à la prendre. « Pour moi la politique c’est une fonction, pas un virus », assure-t-elle. Dans sa majorité municipale âgée en moyenne de 37 ans, elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir eu un enfant pendant ce mandat. « On a eu treize bébés. Nous démontrons que mettre une jeune génération aux responsabilités, c’est possible, ça s’organise, ça demande des moyens, mais c’est possible », se réjouit-elle. « On peut concilier une vie parentale tout en étant maire », ajoute Léonore Moncond’huy qui tient quand même à préserver sa vie privée.

Malgré cette distinction entre fonction politique et vie familiale, elle n’hésite pas à apparaître avec sa poussette et son fils lors de manifestations publiques. « Sur une journée de travail classique, il est chez une nounou, mais sur les événements en fin d’après-midi ou le week-end comme les fêtes de quartiers, ça m’arrive de l’emmener sinon je ne pourrais pas y aller », explique la maire de Poitiers. Elle revendique de pouvoir faire comme les autres parents, ni plus ni moins.

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