Lyon

Municipales 2026 : Paris, Lyon, Marseille, Lille… Ce que disent les résultats dans les grandes villes

Au soir du premier tour des municipales 2026, le paysage politique des grandes métropoles françaises oscille entre continuité et secousses majeures. Si la plupart des maires sortants résistent, beaucoup sont désormais talonnés par leur challenger. Dans de nombreux cas, LFI s’impose comme la troisième force. De Paris à Marseille, en passant par Nice, Lyon ou Bordeaux, tour d’horizon des résultats et des rapports de force avec les estimations Ipsos-BVA pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.
Romain David

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La percée de La France insoumise au premier tour des élections municipales 2026 se confirme dans les grandes métropoles où le parti de Jean-Luc Mélenchon s’impose généralement comme la troisième force, ce qui devrait lui permettre de peser significativement sur le scrutin de dimanche prochain. Dans la plupart des grandes villes, les maires sortants ont réussi à se maintenir en tête du scrutin. Exception notable à Strasbourg, où Jeanne Barseghian (écolo-PCF) arrive troisième, et à Nice où Christian Estrosi est largement devancé par son frère ennemi, Éric Ciotti. L’avenir s’annonce également incertain pour le Lillois Arnaud Deslandes et le Marseillais Benoît Payan, tous deux talonnés par leurs adversaires respectifs, dont le RN Franck Allisio dans la cité phocéenne. À Lyon, Jean-Michel Aulas, donné archi-favori, finit ex aequo avec le maire sortant Grégory Doucet.

Panorama des résultats de ce premier tour dans les principales villes françaises, avec les estimations d’Ipsos BVA CESI Ecole d’ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

Paris : Sophia Chikirou met la pression à Emmanuel Grégoire

Les sondages annonçaient un match serré à Paris, mais le socialiste Emmanuel Grégoire a su creuser la distance avec 37,4 % des voix, loin devant sa rivale, la LR Rachida Dati, donnée à 25,5 % selon notre estimation Ipsos BVA. Mais la vraie surprise de ce scrutin vient de Sophia Chikirou : l’insoumise récolte 12 % des suffrages, quand certaines enquêtes d’opinion doutaient de sa capacité à se qualifier au second tour.

Ce dimanche soir, elle a annoncé son intention de se maintenir si le socialiste Emmanuel Grégoire refuse une fusion des listes. « Je le dis clairement, Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l’avenir de Paris. Je vais attendre son appel, et s’il ne veut pas d’une telle convergence pour faire un front antifasciste, je déposerai la liste du Nouveau Paris populaire au second tour demain soir », a-t-elle déclaré.

Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons-Renaissance, est également qualifié pour le second tour, avec 11,7 % des suffrages. En revanche, la zemmouriste Sarah Knafo semble manquer de peu la barre des 10 % pour pouvoir se maintenir. À l’heure où nous écrivons, son score plafonne à 9,9 %.

Marseille : « Dimanche prochain, je serai votre maire », estime Franck Allisio

Dans la cité phocéenne, le maire sortant Benoît Payan est donné à 35,6 % des suffrages, juste devant Franck Allisio, la tête de liste Rassemblement national, à 35,1 %. « Dimanche prochain, je serai votre maire », a toutefois assuré, confiant, Franck Allisio dans la soirée. « Le souffle du changement et de l’espoir a soufflé comme jamais sur notre ville. Notre projet a été partagé dans tout Marseille », s’est-il félicité. Tard dans la soirée, Benoît Payan a appelé à « se rassembler » autour de sa liste contre « la vague brune ».

Les électeurs marseillais s’exprimeront lors d’une quadrangulaire le 22 mars. Martine Vassal, candidate du centre et de la droite, se qualifie au second tour avec 12,3 % des suffrages, tout comme le candidat insoumis Sébastien Delogu, lui aussi crédité de 12,3 %. Leur positionnement sera déterminant pour l’avenir politique de la cité phocéenne.

Lyon : le maire sortant Grégory Doucet (les Écologistes) et Jean-Michel Aulas au coude à coude

Alors qu’il était très en avance dans les sondages, Jean-Michel Aulas a été rattrapé par le maire sortant Grégory Doucet. Au point de finir ex aequo au premier tour, à 36,8 % selon l’estimation Ifop BVA. Une véritable « remontada » pour l’édile, qui mène une union de la gauche.

Comme dans de nombreuses villes, LFI pourrait s’imposer en arbitre du scrutin à venir : l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi arrive en troisième position (10,5 %). Elle se dit prête à une « fusion technique » de sa liste et de celle de Grégory Doucet. « Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités, nous sommes prêts à aller discuter et nous sommes prêts bien sûr à garder notre ville à gauche », a déclaré la députée insoumise sur BFM Lyon.

Nice : Christian Estrosi très largement devancé par Éric Ciotti

À Nice, les résultats confirment la déroute de Christian Estrosi (Horizons), annoncée par plusieurs sondages ces dernières semaines. Le maire sortant comptabilise 30,7 % des voix, loin derrière son adversaire Éric Ciotti (UDR-RN), qui termine en tête avec 43,5 % des suffrages. Sur la troisième marche du podium, l’écologiste Juliette Chesnel-le-Roux avec 12 % des voix. La liste LFI conduite par Mireille Damiano ne parvient pas à se qualifier au second tour, avec 9,1 % des voix.

Lille : trois nuances de gauche pour un beffroi

À Lille, c’est un duel des gauches qui s’annonce, confirmant la percée de LFI pour ces élections. Le maire PS sortant, Arnaud Deslandes, héritier de Martine Aubry, se retrouve sur un fil avec l’insoumise Lahouaria Addouche, respectivement à 26,4 et 24,1 % des suffrages, selon notre estimation Ipsos BVA.

Le candidat écologiste Stéphane Baly, qui avait manqué l’élection à 227 voix près en 2020, pourrait s’imposer en faiseur de roi, avec 16,5 % des suffrages. La liste Renaissance de Violette Spillebout finit quatrième, avec 11,7 %, ce qui lui permet aussi de se qualifier au second tour.

Strasbourg : la maire sortante reléguée en troisième position

C’est une quadrangulaire qui s’annonce à Strasbourg. Le Premier tour est dominé par l’ancienne maire PS Catherine Trautmann, de retour en politique, avec 26 % des voix, selon des résultats partiels. Elle est suivie par le LR Jean-Philippe Vetter.

La maire sortante Jeanne Barseghian (écolo-PCF) finit troisième, avec 19,7 % des suffrages. « Les choses restent extrêmement ouvertes », a-t-elle voulu rassurer au micro de ICI Alsace après une campagne tendue face à Catherine Trautmann, qu’elle estime appartenir « au camp conservateur et réactionnaire ». Le candidat insoumis Florian Kobryn arrive près de huit points derrière (11,9 %).

Toulouse : Jean-Luc Moudenc en tête, le LFI François Piquemal (LFI) en embuscade

Le maire sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par LR et le bloc présidentiel, domine le premier tour avec 36,9 % des voix. Mais le candidat LFI François Piquemal créée la surprise en se hissant sur la deuxième marche, avec 28,3 % des suffrages. Le socialiste François Briançon, soutenu par le PCF et les écologistes, finit à 24,1 %.

C’est donc une triangulaire qui se dessine dans la ville rose, à moins que les deux listes de gauche ne parviennent à s’entendre pour détrôner Jean-Luc Moudenc. À droite, le réservoir de voix de l’édile semble bien mince. Le RN Julien Leonardi n’a récolté que 5,9 % des suffrages.

Bordeaux : Pierre Hurmic en avance d’une courte tête à Bordeaux

Pierre Hurmic, maire sortant à la tête d’une liste d’union écologistes-PS-PCF, remporte 27,7 % des suffrages exprimés. Il est suivi de près par le candidat Renaissance Thomas Cazenave, dont la liste d’union de droite et du centre récolte 25 % des voix, toujours selon notre estimation Ipsos BVA CESI Ecole d’ingénieurs pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP-AN.

La liste divers centre de Philippe Dessertine également qualifié pour ce second tour (19,9 %).

Qui est arrivé en tête du premier tour dans votre commune ? Retrouvez tous les résultats grâce à notre carte interactive ci-dessous :

 

Source : ministère de l'Intérieur

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