Municipales 2026 : pour LR, un succès territorial terni par des déceptions dans les très grandes villes
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Municipales 2026 : pour LR, un succès territorial terni par des déceptions dans les très grandes villes

Les Républicains ou les candidats divers droite s’illustrent ce dimanche par des conquêtes retentissantes, comme à Clermont-Ferrand, Besançon ou Brest, mais qui ne feront pas oublier les revers dans les métropoles de premier plan.
Guillaume Jacquot

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À défaut d’une « vague bleue » dont Bruno Retailleau rêvait au début de l’été 2025, LR peut au moins se satisfaire d’avoir préservé son assise territoriale dans ces municipales 2026. Comme au premier tour, cette nouvelle journée électorale a confirmé le bon ancrage du parti dans les villes petites et moyennes.

De nombreux sortants ont été reconduits pour un nouveau mandat. Le parti se permet même quelques conquêtes, parfois éclatantes. « Nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale en France », a souligné Bruno Retailleau, revendiquant de nombreuses victoires dans « cette France qui n’est plus regardée, celle des villes moyennes et des communes rurales ». Objectif rempli pour lui, car LR et ses alliés ont remporté « le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d’élus », a-t-il clamé.

Les métropoles « ne rassemblent pas la majorité des Français », se rassure Bruno Retailleau

Les bascules du jour constituent un lot de consolation pour LR, qui essuie une série de revers, parfois cuisants, dans les villes les plus importantes du pays. Pas de prise à valeur de symbole dans les plus grands centres métropolitains. À Paris, Rachida Dati est tombée de haut en terminant, selon des estimations, à moins de 42 %. La configuration était pourtant plus favorable qu’il y a six ans. Elle finit loin derrière le socialiste Emmanuel Grégoire, victorieux à plus de 50 % dans une triangulaire à laquelle participait pourtant Sophia Chikirou (LFI). À Marseille, Martine Vassal dépasse à peine 5 % dans un second tour qui s’est surtout résumé à un affrontement entre l’union de la gauche et le RN. À Lyon, l’étoile filante des sondages Jean-Michel Aulas, soutenu par LR, n’a pas réussi à reprendre la ville à l’écologiste Grégory Doucet. La droite locale peut cependant se réjouir de redevenir majoritaire à la métropole.

Bruno Retailleau a toutefois relativisé l’importance de ces grandes villes. « Je regrette que dans cette campagne, l’attention politique et médiatique se soit focalisée sur les grandes métropoles. Bien sûr, elles sont importantes, mais elles ne rassemblent pas la majorité des Français », a-t-il argué tôt dans la soirée.

Autre mauvais signal, LR perd sa dernière ville de plus de 150 000 habitants, Nîmes. Le candidat de la droite a été largement distancé par son adversaire RN, et le gagnant, le communiste Vincent Bouget. La droite perd également ce soir Saint-Étienne. Autre coup de semonce à un an de la présidentielle : l’ancien patron de LR, Éric Ciotti, en indélicatesse avec son ancienne famille pour avoir unilatéralement fait alliance avec le Rassemblement national, l’a nettement emporté à Nice, face à Christian Estrosi (Horizons). Le refus de Bruno Retailleau de soutenir ce dernier, pourtant soutenu officiellement par le parti, a réveillé des fractures chez LR.

Clermont-Ferrand, Brest, Besançon : la droite l’emporte dans des bastions de gauche

Statu quo en revanche dans le Sud-Ouest : l’ancien LR Jean-Luc Moudenc est parvenu à conserver le Capitole, face à une alliance entre LFI et le PS. Dans beaucoup de villes où les deux partis de gauche ont uni leurs forces au second tour, la droite s’est imposée. Ce type de second tour, face aux « accords de la honte », permet aux Républicains de conserver Limoges, ou de faire tomber certains bastions de gauche. Exemple à Tulle, le fief de l’ex-président socialiste François Hollande.

Idem à Brest, où le candidat divers droite met un terme à 37 ans de règne socialiste. À Clermont-Ferrand, le candidat LR Julien Bony marque aussi un tournant « historique », en prenant la tête dans une ville qui était détenue par les socialistes depuis la Libération. En s’imposant avec 53,3 % des voix, Ludovic Fagaut (LR) a mis fin à plus d’un siècle de domination de gauche quasi ininterrompue à Besançon, en détrônant la sortante écologiste Anne Vignot. Dans les Hauts-de-Seine, LR ravit aussi la ville aux écologistes. Cherbourg est une autre bascule. « LR conforte sa présence dans les territoires et conquiert des villes », se satisfait ce dimanche le président du groupe LR au Sénat, Mathieu Darnaud.

Cette carte de France conforte en tout cas la stratégie du parti, qui a refusé la main tendue du Rassemblement national et qui a estimé avoir cultivé une ligne de « clarté ». LR avait menacé d’exclusion ses membres qui auraient fait alliance avec le parti de Jordan Bardella. « Il existe une autre voie », a fait valoir Bruno Retailleau. Ces élections sont le signe, selon lui, que des « millions de Français » ne voulaient « ni du chaos social » de LFI, « ni du désordre budgétaire dans lequel nous précipiterait le programme économique du RN ».

Cette bataille des municipales enfin passée, le parti va devoir trancher sa stratégie pour 2027, notamment l’épineuse question du « départage ». Notamment vis-à-vis des autres prétendants à l’Élysée dans le bloc central. Édouard Philippe (Horizons) reste dans la course après sa réélection au Havre. Le patron des députés LR Laurent Wauquiez a lancé un « appel au rassemblement de la droite derrière un candidat unique et autour de convictions de droite communes ». David Lisnard, le maire de Cannes réélu dès la semaine dernière, a lui insisté sur le « caractère indispensable d’une grande primaire de la droite et du centre. » Le débriefing de cette séquence, lors du bureau politique, et des réunions de groupes ce mardi ne s’annonce pas aisé, malgré un dimanche qui n’est pas sans motifs de satisfaction.

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