Municipales 2026 : pourquoi le prochain mandat des maires pourrait durer sept ans, au lieu de six
Crédits : Fred LANCELOT/SIPA

Municipales 2026 : pourquoi le prochain mandat des maires pourrait durer sept ans, au lieu de six

La question d’un report des élections municipales de 2032 est à l’étude au ministère de l’Intérieur, en raison de la proximité d’un trop grand nombre de scrutins, notamment la présidentielle. Si le calendrier devait être révisé, et avec lui la durée du mandat des maires élus l’an prochain, cela nécessiterait une loi. Ce serait loin d’être une première sous la Ve République.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La campagne a déjà commencé dans des milliers de communes en France, même si la date précise des deux tours des élections municipales de 2026, qui auront lieu en mars, n’a cependant pas encore été fixée par décret. Rien de bien surprenant, la convocation formelle des électeurs se fait généralement en septembre. Mais le ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation des opérations électorales, est également en réflexion sur la date des élections suivantes, révélait le quotidien Ouest France le 9 avril.

En effet, l’année 2032 pourrait être marquée par quatre journées de vote, à savoir l’élection présidentielle, et potentiellement des élections législatives si le président élu en 2027 décidait de dissoudre l’actuelle Assemblée nationale, et ainsi de réinstaurer une proximité entre ces deux rendez-vous électoraux majeurs de la Ve République.

Une multiplication de scrutins dans une période resserrée poserait une série de difficultés

Dans ces conditions, il pourrait donc être délicat d’organiser dans la même période des élections municipales, et ce, pour plusieurs raisons. Cette multiplication de scrutins sur une période de trois mois engendrerait en premier lieu des contraintes d’ordre logistique pour les pouvoirs publics. On pense à la Commission nationale des comptes de campagne, mais aussi aux communes, chargées de la tenue des bureaux de vote.

Une forte sollicitation des électeurs pourrait aussi être défavorable au niveau de participation. Autre obstacle de taille, la superposition des campagnes poserait des difficultés au niveau des comptes de campagne et de la gestion de la propagande électorale.

La question est encore loin d’être tranchée place Beauvau, mais Bruno Retailleau a indiqué à Ouest France qu’il était décidé à « trouver une solution ». L’ancien chef de file de la droite sénatoriale imagine deux scénarios, soit « repousser les municipales à l’automne 2032 », ou bien « prolonger le mandat des maires jusqu’en 2033 ». Et c’est cette deuxième option qui « est sans doute le plus probable », aux yeux du ministre de l’Intérieur.

La route est encore longue d’ici 2032, mais certains au gouvernement plaident pour que le sujet soit traité avant les élections municipales de mars 2026. « Il faut donner de la visibilité aux maires. Notamment pour qu’ils puissent projeter leurs investissements », défend Françoise Gatel, ministre déléguée chargée de la Ruralité, dans les colonnes d’Ouest France.

2027, 2021, 2020, 2014, 2007 ou encore 1995 : de nombreux précédents d’élections reportées

Ce report, s’il intervenait, serait loin d’être une première dans l’histoire électorale. Il est également relativement souple à mettre en œuvre, puisqu’il suffit d’adopter au Parlement une loi ordinaire. Les exemples ne manquent pas. En 2021, les élections départementales et régionales ont été reportées de mars à juin, en raison de la pandémie de covid-19 (à l’image du deuxième tour des municipales de 2020, repoussé de trois mois). Ce que l’on sait moins, c’est que la même loi a également prévu que le mandat des conseillers départementaux et régionaux se termine en mars 2028, et non en mars 2027, et ceci, pour éviter toute proximité avec l’élection présidentielle de 2027.

En mai 2013, une loi a également reporté au printemps 2015 la tenue des élections départementales et régionales, qui étaient initialement prévues en mars 2014. Or, cette année dense était déjà occupée par trois scrutins : les municipales en mars, les européennes en juin et les sénatoriales en septembre.

Les précédents existent aussi pour les élections municipales. Les municipales de mars 2007 ont été repoussées à mars 2008, pour éviter le télescopage avec l’élection présidentielle. C’est une loi de décembre 2005 qui a procédé à cet ajustement, prolongeant également le mandat des conseillers généraux qui expirait eux aussi en 2007.

En 1995, les municipales ont été également été reportées de mars à juin, du fait de la présidentielle. La procédure parlementaire avait abouti en juin 1994 pour permettre la prolongation des mandats municipaux.

Il faut noter enfin que le report d’un an d’une élection locale a déjà été validé par le Conseil constitutionnel à plusieurs reprises. Saisis par des parlementaires sur ces projets de loi sensibles, les Sages ont par exemple estimé que les reports d’un an ne méconnaissaient pas le principe « selon lequel les électeurs doivent être appelés à exercer leur droit de suffrage selon une périodicité raisonnable ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Green party leaders attend Stephane Baly campaign rally in Lille
7min

Politique

Municipales 2026 : l’heure est à « l’introspection » chez les écologistes au lendemain de la perte de plusieurs grandes villes  

Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.

Le

Gregory Doucet,Municipal and metropolitan elections in Lyon Vote
6min

Politique

Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole

La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.

Le

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027
7min

Politique

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027

Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.

Le

Paris : Rachida Dati after the results of the first round of France s  2026 municipal elections of Paris
11min

Politique

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour perdre » : Rachida Dati, anatomie d’une cuisante défaite à Paris

ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.

Le