Municipales 2026 : près d’un maire sortant sur deux a hésité ou renoncé à se représenter
Organisée à quelques semaines des élections municipales, une consultation Ipsos bva pour le Sénat souligne l'incertitude de près de la moitié des maires sur une nouvelle candidature. La difficulté de concilier mandat et vie privée est largement invoquée, mais d’autres motivations sont régulièrement citées, comme les violences verbales ou physiques et le manque de reconnaissance.
Un vent de découragement souffle-t-il sur les élus à l’approche des municipales ? 44 % des maires sortants, soit près d’un élu sur deux, indiquent avoir hésité ou renoncé à se présenter en mars prochain. Inversement, ils sont 49 % (7 % ne se prononcent pas), pour qui rempiler semblait une évidence. Ces chiffres sont tirés d’une grande consultation organisée par l’institut Ipsos bva pour le Sénat, et dont les résultats ont été présentés au Palais du Luxembourg ce jeudi 5 février.
Cette enquête, intitulée « Les 100 premiers jours du mandat municipal », a été réalisée à la demande de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation. À la différence d’un sondage, qui s’appuie sur un échantillon représentatif, elle a été faite sur la base du volontariat, depuis la plateforme de consultation en ligne du Sénat. Ainsi, 1 010 élus locaux – maires, adjoints, conseillers délégués ou conseillers municipaux -, issus pour près de 90 % d’entre eux de communes de moins de 5 000 habitants, ont accepté de se prêter à l’exercice et de répondre à un questionnaire sur leurs motivations, la préparation à l’élection, la mise en place d’une équipe municipale ou encore les trois premiers mois du mandat.
Incivilités et sentiment d’ingratitude
« On pose régulièrement cette question à chaque élection, et la proportion d’élus locaux hésitant à repartir n’a jamais varié. Ce qui change, en revanche, ce sont les raisons de cette hésitation », pointe Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et Opinion de l’institut Ipsos bva. Si 50 % des élus invoquent les « difficultés à concilier mandat de maire et vie privée », ce motif est talonné par plusieurs autres facteurs.
« Pendant très longtemps, les élus ont aussi invoqué la lassitude, l’âge, la fatigue, un motif qui domine toujours. Il y a une dizaine d’années, c’est l’insécurité juridique et le manque de statut qui étaient cités, en écho à un certain nombre d’affaires. Aujourd’hui, dans les raisons qui percent, on retrouve les incivilités et le sentiment d’ingratitude que les élus croient ressentir, à tort ou à raison, de la part de leurs administrés », explique le sondeur.
Dans le détail : 49 % des personnes interrogées désignent les tensions et les violences verbales ou physiques comme facteur de démotivation. Ils sont 40 % à vouloir passer la main par manque de moyens budgétaires.
Un mandat qui fait moins envie
« Beaucoup disent qu’ils ne savent pas s’ils vont repartir, et puis finalement, ils repartent tous », veut relativiser la sénatrice LR de Moselle Catherine Belrhiti. « J’en connais très peu qui arrêtent, même ceux qui, parfois, ont déjà fait 5 mandats. On a des maires très âgés qui repartent, parce que personne ne se décide à prendre la relève. »
Le sénateur de la Savoie Cédric Vial invoque la complexité grandissante de la fonction, doublée d’un sentiment de dilution face au poids des intercommunalités. « L’écosystème que l’on a créé autour du maire fait que nous n’avons plus d’élus qui font, mais des élus qui demandent, qui tendent la main », explique-t-il. « Cela fait moins envie, cela demande de la technicité. Maintenant, on dit aux élus : ‘Votre rôle, c’est d’organiser des consultations et de demander des sous’. Ce n’est pas forcément pour ça que l’on s’engage pour sa commune. »
La volonté d’améliorer le cadre de vie reste le moteur principal des candidats à la réélection (73 %), loin devant l’achèvement de projets structurants (55 %) ou la bonne gestion administrative et financière (53 %). Fait marquant : alors que la sécurité s’impose dans de nombreux sondages comme la priorité des électeurs pour le scrutin de mars, elle est reléguée à la quatrième place des préoccupations des élus sortants (23 %).
Entre l’exigence de parité et la baisse de l’engagement, des listes plus difficiles à constituer
Un peu plus de la moitié des maires qui se sont prêtés à cette consultation (51 %) indiquent avoir rencontré des difficultés pour composer leur liste en vue de former la future équipe municipale. Deux motifs sont cités à égalité (dans 63 % des cas) : les difficultés à trouver des personnes prêtes à s’engager et le respect de la parité. En mars prochain, la fin du panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants va obliger les candidats à présenter des listes avec une alternance homme/femme, comme dans les autres villes.
« Je m’attendais à ce que la difficulté de constituer des listes et à respecter la parité soit plus importante dans les toutes petites communes, c’est-à-dire celles de moins de 500 habitants. Mais les réponses montrent que c’est plus compliqué pour les candidats des communes de 500 à 1 000 habitants », relève Stéphane Zumsteeg.
Les 100 premiers jours
Une fois l’élection passée, les élus identifient l’organisation opérationnelle comme leur chantier prioritaire. 60 % d’entre eux prévoient de mettre en place les délégations de signature aux adjoints, une étape qui permet de structurer l’équipe municipale. Cette volonté d’efficacité est complétée par l’élaboration formelle du projet de mandat (53 %), qui va servir de feuille de route politique. Vient ensuite la montée en compétences, avec l’organisation de la formation des nouveaux élus, jugées prioritaires par la moitié des répondants (50 %). « Pourtant, les taux de formation sont généralement très limités », observe le sénateur socialiste des Landes Éric Kerrouche. « Les maires veulent des formations mais n’en suivent pas. Le décalage entre le discours sur la formation et la pratique est incroyable. »
Parmi les mesures citées comme prioritaires en matière de budget : la recherche de subventions domine largement (68 %). Elle est suivie par la maîtrise de la masse salariale (43 %) et la réduction des dépenses publiques (37 %). « Le poids écrasant du contexte national budgétaire explique cette hiérarchie. La priorité des priorités c’est : trouver de l’argent ou réduire ses dépenses », résume Stéphane Zumsteeg.
Les élus considèrent à 60 % les 100 premiers jours du mandat comme une période propice au lancement de projets. Mais ils sont presque autant (58 %) à considérer « qu’aller trop vite, lancer trop de projets » est aussi le principal écueil de cette séquence. « Ils nous disent qu’il faut aller très vite, certes, mais sans se disperser, sans doute instruits des erreurs qu’ils ont pu faire durant leurs précédents mandats », explique le directeur du département Politique et Opinion d’Ipsos bva.
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