Municipales à Lyon : « La politique a ses codes, et peut-être que Jean-Michel Aulas ne les avait pas », estime Jonas Haddad (LR) 

Candidat d’une union de la droite et du centre, Jean-Michel Aulas n’est pas parvenu à déloger l’écologiste Grégory Doucet de la mairie de Lyon. L’ex-président de l’Olympique lyonnais, pourtant favori dans les sondages il y a encore quelques mois, a-t-il raté sa campagne ? « Il est sans doute un grand industriel, mais il n'a pas complètement fait le job », analyse, sur le plateau de Public Sénat, l’éditorialiste Hubert Coudurier.
Théodore Azouze

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La dynamique de campagne s’est complètement renversée contre lui. Jean-Michel Aulas, candidat aux municipales d’une large union de la droite et du centre à Lyon, a perdu son pari. Dimanche soir, l’écologiste Grégory Doucet, à la tête de la mairie depuis 2020, a été réélu par les habitants de la grande ville du Rhône d’une courte tête, emportant 50,67% des suffrages exprimés, contre 49,33% pour son rival. Un coup dur pour l’ex-président de l’Olympique lyonnais, qui avait pourtant toutes les chances au début de la campagne de l’emporter. 

En effet, de nombreux sondages ont donné Jean-Michel Aulas gagnant à Lyon, alors que la gauche se présentait initialement divisée, entre la liste de Grégory Doucet et celle menée par la députée LFI Anaïs Belouassa-Cherif. L’un d’entre eux, réalisé par Ifop-Fiducial pour le magazine Lyon Capitale mi-novembre, créditait ainsi l’homme d’affaires de 47% des intentions de vote au premier tour, contre seulement 27% pour l’édile écologiste. Mais, au fil des mois passés sur le terrain, son avance dans les enquêtes d’opinion a fondu. 

« C’est la défaite de la mauvaise com’ »

Projet polémique de méga-tunnel de 8 kilomètres sous la ville, programme difficile à expliquer, débat télévisé raté… Jean-Michel Aulas ne semble pas particulièrement à l’aise dans la peau du candidat au scrutin municipal, justifiant sans cesse ses maladresses en évoquant son profil issu de la « société civile ». « La politique a ses codes, et peut-être que Jean-Michel Aulas ne les avait pas », a reconnu ce lundi 23 mars Jonas Haddad, porte-parole des Républicains, lors d’une émission spéciale sur Public Sénat. Officiellement soutenu par le parti dirigé par Bruno Retailleau, le candidat lyonnais pouvait aussi compter sur l’appui du président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Pas suffisant pour terminer victorieux de la bataille électorale, soldée par un écart de quelques milliers de voix seulement. Comment expliquer une telle déconvenue pour cette figure, longtemps très populaire au sein du club de football de la ville ? « C’est la défaite de la mauvaise com’ », développe Hubert Coudurier, éditorialiste et directeur de l’information du Télégramme, toujours sur Public Sénat. « On vit dans un système où il faut savoir parler à la télévision, avoir des punchlines… Jean-Michel Aulas est sans doute un grand industriel, mais il n’a pas complètement fait le job. (…) Ça veut dire que même dans les 15 derniers jours d’une campagne, il peut se passer des choses. »

La métropole en guise de lot de consolation

Au moment de s’exprimer après l’annonce des résultats, la nuit dernière, Jean-Michel Aulas n’avait pas officiellement reconnu sa défaite. Ce dernier a mentionné des « irrégularités » après le décompte des voix et disait songer à déposer un recours. Finalement, dans un message publié sur X, il indique ce lundi sa volonté de figurer dans l’opposition à Grégory Doucet dans l’optique « que la voix de toutes les Lyonnaises et de tous les Lyonnais soit entendue, avec exigence et constance ». 

Au-delà de la mairie, Jean-Michel Aulas entend également « plus que jamais jouer pleinement » son « rôle à la Métropole ». « C’est à cette échelle que se décidera l’avenir de Lyon et des 57 communes qui composent notre territoire », justifie-t-il. Avec la victoire de nombreuses de ses listes, la candidate LR Véronique Sarselli devrait obtenir une majorité absolue pour prendre la tête de l’institution, qui possède d’importantes compétences locales. Elle devrait donc, sauf surprise, succéder à l’écologiste Bruno Bernard, en place depuis 2020.

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