Par la voie des élections municipales, Amine Kessaci veut faire de la cité phocéenne « la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic ». Et ce sera dans les rangs du Printemps Marseillais, l’alliance de la gauche – sans la France insoumise, menée par Benoit Payan (DVG). Depuis l’Après M, un ex-McDonald’s du 14e arrondissement, transformé en restaurant social, le maire sortant a dévoilé lundi la candidature du militant écologiste de 22 ans sur sa liste. « C’est avec beaucoup de respect, beaucoup d’humilité que nous avons décidé d’engager main dans la main ce combat pour Marseille et pour les Marseillais », a expliqué l’édile de la deuxième plus grande ville de France.
A la 3e place sur la liste
Cette annonce, c’est un « engagement naturel » pour Amine Kessaci : « Il était évident pour moi de dire que jamais Marseille ne tombera dans les extrémismes, jamais Marseille ne sera dirigée par le Rassemblement National ». Candidat aux élections européennes en 2024 sur la liste Europe Ecologie-Les Verts, il était battu quelques semaines plus tard lors des législatives anticipées, d’environ mille voix, par la députée sortante RN Gisèle Lelouis. Un état d’esprit partagé par Benoit Payan, au coude à coude dans les sondages avec le candidat RN Franck Allisio : « Le Rassemblement national guette, (…) il est hors de question pour nous de laisser la haine gagner cette ville ».
Si le maire actuel n’a pas, pour l’heure, détaillé les noms de sa liste, Amine Kessaci devrait y occuper une position élective. « Et même tout en haut de la liste », précise son ami, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche, « ce qui se dit, c’est qu’il sera à la troisième place ». Un rang de choix, qui ne traduit néanmoins « pas un arrangement politicien », assure l’élu. « C’est une décision qu’il a pris seule, et cohérente avec son parcours de vie. Sa candidature peut être incitative pour une partie de l’électorat qui se sentirait délaissée, et s’intéressait donc à la campagne », reconnaît le sénateur, « mais ce n’est pas l’ambition derrière cette candidature ».
Le militant a aussi reçu plusieurs propositions au niveau national et européen, souligne Guy Benarroche, dont certaines « auxquelles il lui était difficile de répondre favorablement, en raison de son engagement écologiste, mais aussi des valeurs qu’il prône, y compris dans son combat pour les quartiers qui relèvent de ses positions politiques globales ». Et d’abonder : « La vision d’envisager le narcotrafic n’est pas indépendante de l’idéologie qu’on défend ».
« Amine aura un rôle certain au niveau national, après les municipales »
Actif depuis plusieurs années dans la lutte contre le narcotrafic, le militantisme d’Amine Kessaci se retranscrit dans son ralliement à la liste de gauche. Au-delà des « moyens répressifs », il a défendu le besoin de « politiques sociales », de « logement dignes » et d’une « école plus forte » pour endiguer le phénomène. Le Printemps Marseillais portera par ailleurs un dispositif d’« accompagnement des familles » endeuillées : « Plus jamais à Marseille, il n’y aura une maman qui pleurera son enfant seule », a souligné Amine Kessaci lundi. Une « charte du relogement » auprès des bailleurs sociaux, que Benoit Payan sera « le premier maire » à signer, devrait permettre de reloger les familles de victimes.
Depuis l’assassinat de ses deux frères – dont celui de son petit frère Mehdi dans un probable « crime d’intimidation » en novembre, son combat s’étend même au-delà des Bouches-du-Rhône. Le 21 janvier à Paris, il a fait part de sa volonté de porter, à l’issue des municipales, une association nationale des maires qui agissent contre le narcotrafic. « Il s’est demandé à quel endroit il allait avoir la capacité réelle et les moyens de pouvoir mener des actions concrètes qui auront une répercussion sur la réalité de tout le pays », explique le sénateur Guy Benarroche, avant d’affirmer : « Amine aura un rôle certain au niveau national, après les municipales ».