Municipales : à Nantes, un duel serré attendu après l’union PS-LFI 

Johanna Rolland, maire de Nantes et numéro 2 du PS, a dû nouer une « alliance technique » avec LFI pour tenter de garder la ville à gauche. Menacée par Foulques Chombart de Lauwe, qui réunit les différentes familles de la droite et du centre locales, elle aura tout de même un duel incertain au second tour. Reportage sur place.
Jérôme Rabier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Il est la surprise du premier tour, et pourrait faire basculer Nantes à droite. Foulques Chombart de Lauwe arbore un large sourire après un premier tour où il talonne Johanna Rolland. 33,8% contre 35,2% pour la maire sortante.   Au contact des habitants, il défend désormais ce qui pourrait être un symbole national. « Si vous voulez du changement c’est pour moi qu’il faut voter » lance-t-il aux électeurs croisés lundi matin en centre-ville.  

Avant d’attaquer la maire sortante « que vous ne verrez pas sur le terrain ni sur les plateaux TV puisqu’elle est dans des négociations de la honte avec LFI ».   

Une droite au plus haut

Foulques Chombart de Lauwe en profite pour occuper le terrain, et défendre son projet pour Nantes et ses idées. Avec un espoir qui grandit dans son camp. 
Si la droite peut rêver de reprendre la ville, à gauche depuis 1989, c’est que ce bastion socialiste n’a jamais autant vacillé. Avec 35,2 % des voix, la liste conduite par Johanna Rolland aura besoin des voix insoumises pour l’emporter. 

Une union « technique » PS-LFI

Lundi soir une manifestation de militants LFI demandait cette union signée dans la foulée. Et annoncée par la tête de liste insoumise William Aucant : « Nous sommes arrivés à un deal, et nous allons nous présenter ensemble au second tour » lance-t-il dans la liesse générale, aux côtés de colistiers de la liste de Johanna Rolland.  
Mais une union technique, uniquement pour battre la droite. Les insoumis élus rejoindront ensuite un groupe a part, qui sera dans l’opposition à Johanna Rolland si elle l’emporte. 
De retour sur le terrain mardi matin, et ragaillardie par cette fusion des listes, Johanna Rolland espère désormais que les Nantais la reconduisent pour 6 ans. 

« Un choix de raison » pour Rolland

Mais pour la numéro deux du PS au niveau national, s’allier avec LFI n’a pas été une décision facile.
« En responsabilité j’ai fait un choix de raison », justifie Johanna Rolland en conférence de presse devant les nombreux journalistes présents. « Dans la hiérarchisation de mes combats on ne se trompe jamais, ma responsabilité c’était de créer les conditions pour que demain on batte une droite qui se superpose à l’extrême-droite » assume-t-elle, tout en défendant le fait que son projet pour Nantes sera le même qu’au premier tour.  

10 élus pour LFI ?

Le pacte d’union scellé avec LFI doit permettre à 10 candidats de la liste insoumise de siéger au conseil municipal, dans l’opposition, en cas de victoire dimanche.   

Une alliance aussitôt dénoncée par le candidat de droite, qui estime que Johanna Rolland a rompu « avec ses engagements de maire puisqu’elle avait laissé croire qu’elle ne ferait pas. Et je pense encore plus grave la rupture de ses valeurs politiques » a lancé Foulques Chombart de Lauwe avant de pronostiquer que cette union « sera la faute qui va la faire perdre dimanche ». 
Le duel est désormais lancé, avec un choix binaire pour les Nantais. Prolonger l’aventure Johanna Rolland à la tête de Nantes ou bien faire basculer la ville à droite avec Foulques Chombart de Lauwe. 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

NANTES : European election.
5min

Politique

Municipales 2026 : comment expliquer la hausse de l’abstention dans les communes de moins de 1 000 habitants ?

Le scrutin municipal de 2026 est marqué par une abstention en hausse par rapport à 2014, environ 43% cette année contre 36,6% à l’époque. Ce phénomène est amplifié au niveau des communes de moins de 1 000 habitants : l’abstention a atteint 35,8% contre 24,7% en 2014. Décryptage de cette dynamique abstentionniste au niveau local avec Christelle Craplet (IPSOS-BVA) et notamment de l’impact de la réforme du scrutin pour les plus petites communes, désormais soumises à un scrutin paritaire de liste, sans panachage.

Le