Municipales à Paris: Agnès Buzyn, quatre semaines pour convaincre
Quatre semaines pour convaincre: Agnès Buzyn a pris lundi les rênes de l'équipe LREM pour la course à la mairie de Paris avec le...

Municipales à Paris: Agnès Buzyn, quatre semaines pour convaincre

Quatre semaines pour convaincre: Agnès Buzyn a pris lundi les rênes de l'équipe LREM pour la course à la mairie de Paris avec le...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT, Cécile AZZARO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quatre semaines pour convaincre: Agnès Buzyn a pris lundi les rênes de l'équipe LREM pour la course à la mairie de Paris avec le défi de sauver le parti présidentiel d'une défaite annoncée qu'Emmanuel Macron veut à tout prix éviter.

"J'y vais pour gagner", a assuré à l'AFP l'ex-ministre de la Santé, qui a quitté le gouvernement lundi matin, pour s'engager à plein temps dans cette campagne éclair, au relais d'un Benjamin Griveaux mis hors jeu après la diffusion de vidéos intimes.

L'enjeu est de taille: avant même que Benjamin Griveaux n'annonce son retrait spectaculaire, il n'était que troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati.

"C'est un défi quasiment jamais vu, il y a énormément d'inconnues", constate le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi.

Alors que LREM était la "première force politique" à Paris à la présidentielle (34,9% pour Emmanuel Macron au premier tour) et aux européennes (32,9%); depuis le début de campagne de Benjamin Griveaux, "c'était une chute sans fin dans les sondages", note-t-il, en faisant valoir que "l'enjeu pour Agnès Buzyn est de faire revenir au bercail ces électeurs, qui au fur et à mesure, revenaient à gauche, mais surtout à droite".

Or, rappelle le politologue, "une élection municipale, c'est une alchimie entre un projet et une incarnation. Là, le projet est déjà préparé: est-ce qu'elle va s'en extraire?"

Pour Delphine Bürkli (ex-LR), maire sortante du IXè arrondissement et candidate à sa réélection, Mme Buzyn "ajoutera peut-être dans son projet davantage de solidarité, de santé, de soins: elle va vouloir imposer sa marque".

Lundi soir, plusieurs sources ont indiqué que la nouvelle candidate renonçait à des mesures-phare de Benjamin Griveaux: le déplacement de la gare de l'Est pour créer un "Central park" parisien et l'apport de 100.000 euros pour permettre aux classes moyennes d'acheter un appartement. "Sa priorité, c'est la vie quotidienne des Parisiens, des projets très concrets", résume l'une des têtes de liste d'arrondissement.

Quant à l'incarnation, si Mme Buzyn, issue de la société civile, "suscite moins de jugements épidermiques que Benjamin Griveaux", selon Frédéric Dabi, elle souffre d'autres handicaps: une "inexpérience" des campagnes électorales et une notoriété relative - 36% des Français déclarent ne pas la connaître.

Arrivera-t-elle à faire revenir l'ex-LREM Cédric Villani, qui a toujours refusé de rejoindre Benjamin Griveaux? Elle s'est en tout cas entretenue lundi par téléphone avec le mathématicien, qui a posé des "conditions" à "d'éventuelles convergences", comme "l'ouverture à un accord de second tour avec les Verts", dans le cadre d'une "Coalition climat".

- "Apaisante"-

Chez LREM, l'enthousiasme est revenu après les tourments du week-end: Agnès Buzyn "sera une maire exceptionnelle", s'est enflammé auprès de l'AFP le numéro un du parti, Stanislas Guerini, quand le secrétaire d'État Cédric O "pense même qu'on va gagner".

Mot d'ordre répété à l'envi par les troupes depuis lundi: Mme Buzyn est "apaisante". Mieux, elle "rassemble": "à la fois ex-belle-fille de Simone Veil et à l'initiative de la PMA pour toutes, elle parle aux progressistes et c'est une grande dame bourgeoise, elle enjambe la fracture Est/Ouest" de la capitale autant que "le clivage gauche-droite".

Quid de la méthode? "Il faut s'appuyer sur les arrondissements, sur les têtes de liste, leur savoir-faire", prône un ponte de la campagne, qui ne table que sur "un gros meeting" de la nouvelle candidate.

Lundi midi, elle a d'ailleurs déjeuné avec l'ensemble de ses têtes de liste... sans avoir encore indiqué dans quel arrondissement elle comptait elle-même se présenter.

"Ce qu'il faut qu'elle dise, c'est: +Il faut faire les choses de manière radicalement différente+, par rapport au mandat qui s'achève", poursuit un ténor LREM parisien.

Dans le camp Hidalgo, pas d'inquiétude à ce stade. "Ce qui aurait changé les choses, c'est qu'En marche se rallie à Villani", estime le premier secrétaire de la fédération socialiste de Paris, Rémi Féraud, qui ironise: "Choisir une ministre qui ne connaît rien aux dossiers de Paris, ça ne nous inquiète pas plus que ça".

Chez les marcheurs, on attend les premiers sondages. "Si Buzyn est au même niveau que Griveaux, entre 11 et 14%, c'est compliqué. Si elle est à 17-18%, on peut pousser", analyse un élu. "Et si elle est à 20%, même troisième... Tout est ouvert au deuxième tour."

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Problème, son projet nécessite de réviser la Constitution, et le sénateur de Vendée a déjà essayé, sans y parvenir ces dernières années.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Municipales à Paris: Agnès Buzyn, quatre semaines pour convaincre
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le