Pierre-Yves Bournazel Campaign Headquarters on Paris Election Night
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Municipales à Paris : Pierre-Yves Bournazel fusionne sa liste avec Rachida Dati, mais se retire du second tour

Sous pression de sa famille politique, le candidat Horizons/Renaissance à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, a opéré lundi une fusion de sa liste avec celle de la candidate LR et MoDem Rachida Dati et annoncé qu'il se retirait de la course à l'Hôtel de ville.
Rédaction Public Sénat

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Union Dati-Bournazel… sans Bournazel. Quatre candidats sont pour l’heure sur la ligne de départ pour le second tour dimanche, après l’annonce par l’Insoumise Sophia Chikirou du maintien de sa liste face à son concurrent de gauche, Emmanuel Grégoire, arrivé largement en tête du premier tour dimanche avec près de 38 % des intentions de vote. « J’ai le plaisir de vous annoncer ce soir que nous avons décidé de fusionner nos listes » avec Rachida Dati, « parce qu’une majorité de Parisiens attend le changement et l’alternance », a déclaré au JT de France 2 Pierre-Yves Bournazel, qui était crédité de 11,34 % des intentions de vote. Mais « pour moi, le chemin s’arrête […] puisque les Parisiens n’ont pas souhaité que je sois le prochain maire de Paris », a confié celui qui est conseiller de Paris depuis 18 ans. « Le collectif qui m’accompagne, mes colistiers, mes partis, souhaitent le changement et je l’accompagne, je permets cette fusion dans la clarté des principes contre l’extrémisme politique », a ajouté l’élu de 48 ans qui était poussé à cette union par Edouard Philippe, le patron d’Horizons. Selon un cadre macroniste, Emmanuel Macron y était également favorable.

Un accord sous conditions

Rachida Dati avait proposé une alliance dès dimanche soir à son concurrent de centre-droit, alors qu’elle a réalisé au premier tour un score bien moins élevé qu’espéré (25,46 %), plus de douze points derrière Emmanuel Grégoire (37,98 %). Pierre-Yves Bournazel Bournazel avait fixé ses conditions pour se retirer. L’ancien député exigeait notamment de la « clarté » de la part de Mme Dati sur l’absence d’alliance avec l’eurodéputée d’extrême droite Sarah Knafo, qui a tendu la main lundi à l’ex-ministre de la Culture après s’être qualifiée de justesse pour le second tour. Dans un entretien au Figaro lundi soir, Rachida Dati a confirmé qu’il « ne peut pas y avoir d’alliance avec Reconquête », et précisé qu’elle avait proposé à Pierre-Yves Bournazel d’être deuxième sur sa liste au second tour. La nouvelle liste d’union « respecte l’équilibre des votes du premier tour », a assuré la maire du 7e arrondissement. Les relations entre Mme Dati et M. Bournazel sont notoirement mauvaises, au point que l’élu de centre droit avait appelé la candidate à « changer le ton de cette campagne ».

« Une décision digne »

Cette dernière l’avait notamment qualifié d’« incarnation physique de la droite la plus bête du monde », lui reprochant de vouloir la faire perdre. Dans un livre paru en janvier, M. Bournazel, qui fut son conseiller en communication quand elle était garde des Sceaux, avait lui-même dépeint Rachida Dati comme sa « meilleure ennemie ». Son retrait de la course « est une décision très digne, très loyale vis-à-vis de ceux qui le soutenaient, partis et colistiers […] C’est une décision comme peu de politiques pourraient prendre dans cette époque », a salué l’un de ses proches collaborateurs auprès de l’AFP. Un élu LR voit lui une forme de « burn-out politique » chez l’élu du 18e arrondissement, provoquée à ses yeux par « une déception liée au manque de soutien de la part d’Edouard Philippe ». « Au JT de France 2, on a senti qu’il était soulagé », selon ce conseiller de Paris. Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie sans LFI, n’a pas manqué de pointer les contradictions de Pierre-Yves Bournazel, étrillant un candidat qui « se disait candidat de la probité » mais « pousse aujourd’hui pour une alliance avec une candidate renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption ». L’ex-ministre de la Culture sera jugée en septembre pour corruption et trafic d’influence. Des faits qu’elle conteste mais qui l’exposent à des peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité. A gauche, la candidate LFI Sophia Chikirou a annoncé sans surprise se maintenir au second tour, après le « refus » d’Emmanuel Grégoire de sa proposition de fusion. La députée Insoumise, créditée de 11,72 % des voix, avait annoncé dimanche qu’elle se maintiendrait au second tour si le député PS refusait une fusion pour « barrer la route à Rachida Dati ». Ce dernier a, une nouvelle fois, rejeté toute alliance lundi lors d’un déplacement, où il a regretté les « insultes extrêmement brutales » des Insoumis à son encontre durant la campagne. « C’est Emmanuel Grégoire qui refuse la main tendue, ce n’est pas moi », a estimé Mme Chikirou, accusant le député PS d’être « sectaire ».

Rachida Dati doit maintenant refaire sa liste et la déposer avant 18 heures, pendant ce temps on ne sait toujours pas si Sarah Knafo va se retirer ou déposer sa liste.

 

(Avec AFP)

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