Municipales à Paris: Dati impose sa ligne et ses candidats
Portée par un sondage flatteur à deux mois des municipales, Rachida Dati prend la main sur la campagne LR à Paris en imposant sa...

Municipales à Paris: Dati impose sa ligne et ses candidats

Portée par un sondage flatteur à deux mois des municipales, Rachida Dati prend la main sur la campagne LR à Paris en imposant sa...
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Portée par un sondage flatteur à deux mois des municipales, Rachida Dati prend la main sur la campagne LR à Paris en imposant sa ligne ancrée à droite, quitte à mettre sur la touche ceux qui renâclent à la soutenir, comme le maire LR du XVe en a fait les frais mercredi.

Les Républicains ont finalement tranché sur le casse-tête que posait depuis des semaines cet arrondissement stratégique en investissant Agnès Evren, présidente de la fédération LR de la capitale, face au maire sortant, Philippe Goujon, baron de la droite parisienne mais qui refusait de soutenir Rachida Dati.

La décision, prise à la "quasi unanimité à deux voix près", ne vise pas à constituer une liste "contre tel ou tel", a assuré à l'AFP le président de LR Christian Jacob.

Mais "je souhaite que, comme dans tous les autres arrondissements, l'électeur parisien qui a envie de voter pour LR et pour Rachida Dati ait la possibilité de le faire", a-t-il ajouté.

M. Goujon a immédiatement déploré cette décision.

"Je suis victime d'un procès en sorcellerie" alors que "je suis fidèle à mon parti depuis toujours", a affirmé à l'AFP l'élu, maire du XVe depuis 2008 et adhérent du RPR de la première heure.

Mais M. Goujon, conscient qu'il peut ratisser plus large que le seul vivier LR, a toujours refusé de se lier les mains.

"Je soutiendrai le candidat le mieux placé pour permettre l'alternance", a répété mercredi l'ancien président de la fédération LR de Paris.

Cependant "aucun candidat ne peut gagner seul. LR n'a pas d'alliés, pas de réserves. On peut toujours claironner qu'on est à 22% au deuxième tour, ça ne suffit pas pour gagner", a-t-il assuré.

M. Goujon faisait allusion à un sondage Ifop plaçant Mme Dati (19%) derrière la maire sortante Anne Hidalgo (25%) au premier tour, et pour la première fois devant le candidat LREM Benjamin Griveaux (15%).

- "Chance historique" -

"Sans stratégie de rassemblement on laisse l'équipe municipale en place", a averti M. Goujon, qui se fait fort de parler à tous à droite, d'Edouard Balladur qui lui a apporté son soutien dimanche ("un excellent maire") à Xavier Bertrand avec qui il a ostensiblement pris un café mercredi.

Cet automne, M. Goujon s'était même affiché sur un tract avec le député Agir Pierre-Yves Bournazel, lui-même candidat à la mairie de Paris. M. Bournazel a depuis fait alliance avec M. Griveaux mais "je ne l'ai pas suivi et je ne le suivrai pas", a assuré M. Goujon.

Du côté de Mme Dati, on assure que "depuis plusieurs semaines une dynamique s'est créée" autour de la candidate LR, "seule force d'alternance crédible à l'équipe sortante".

"On a une chance historique de gagner Paris", affirmait le 16 janvier la candidate qui a articulé son programme sur des thématiques -- sécurité, propreté, familles, logement...-- familières à droite, et qui séduisent sans doute une part de l'électorat de M. Griveaux.

Sa percée, qui réactive le clivage droite/ gauche mis en sourdine avec l'ascension des candidats LREM, fait aussi rêver une droite nostalgique de l'époque, avant 2001, où elle régnait sur l'Hôtel de Ville.

"Son projet est plutôt bien accueilli" et "nous donne des espoirs raisonnables", s'est félicité mardi Christian Jacob.

Pour entretenir sa dynamique, la candidate LR a lancé mercredi une "opération exceptionnelle de mobilisation" sur les réseaux sociaux.

Côté têtes de listes, Mme Dati peut compter avec Mme Evren sur une candidate qui l'avait rejointe "dès le début de la campagne". Elle a aussi fini mercredi de constituer ses troupes, avec dans le XVIe l'avocat Francis Szpiner. Il devrait avoir face à lui une dissidente: mercredi, une sénatrice LR de Paris, Céline Boulay-Espéronnier, a indiqué sur Twitter qu'elle conduirait également une liste.

Dans le XIe, le candidat initialement désigné, François Demas, s'est retiré pour "des raisons de santé", remplacé par la directrice de campagne de Rachida Dati, Nelly Garnier. Avec ce changement de casting il n'y a désormais plus aucune tête de liste issue des rangs de Libres!, le mouvement de Valérie Pécresse.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales à Paris: Dati impose sa ligne et ses candidats
3min

Politique

Lycéens, carburant, agriculteurs : Sébastien Lecornu appelle à l'apaisement sans annoncer de moyens supplémentaires

Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Manifestations lycéennes : mis en cause sur sa gestion du maintien de l’ordre, Laurent Nuñez pressé de trouver la voie de l’apaisement

Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Le

Memorial Site Honors Victims of the Hamas Attack at the Nova Music Festival
5min

Politique

7-Octobre : Trois ans après l’attaque du Hamas, les juifs de France continuent de vivre un « traumatisme »

L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».

Le

FRANCE-PARIS-MANIFESTATION ÉTUDIANTE-ÉDUCATION
5min

Politique

Blocus des lycées : dix-huit enquêtes IGPN ouvertes, l’usage des grenades assourdissantes suspendu

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.

Le