Cédric Villani, candidat à l'investiture de La République en marche pour les municipales à Paris, a entendu démontrer sa force, jeudi soir, lors d'un meeting devant quelque 500 partisans, en prônant le renouveau et le dépassement des clivages.
La commission nationale d'investiture de LREM doit rendre sa décision mercredi quant à la tête de liste parisienne des troupes macronistes. Benjamin Griveaux, ex-porte parole du gouvernement, apparaît comme favori.
"Plus on prendra le temps de bien apprécier les forces en présence, de bien débattre, ce ne sera pas du temps perdu", a fait valoir M. Villani en marge de la réunion, en laissant entendre qu'il souhaitait que le choix des commissaires de LREM soit retardé.
Devant ses troupes, le député mathématicien s'est livré à un discours fleuve de plus d'une heure et demie, au cours duquel il a chaleureusement remercié son ex-concurrent à l'investiture et désormais allié, Mounir Mahjoubi, rallié à lui la veille.
Cédric Villani (g) avec son ex-concurrent et désormais allié, Mounir Mahjoubi, lors d'un meeting à Paris, le 4 juillet 2019
AFP
Sans jamais citer M. Griveaux, il s'est en revanche livré à des satisfécits appuyés à l'endroit d'Anne Lebreton, une autre candidate à l'investiture LREM mais présente au meeting, aux socialistes François Vauglin, maire du XIè arrondissement, ou l'ex-ministre Myriam El Khomri, autant qu'à la cheffe de file de la droite parisienne Florence Berthout, récemment démissionnaire de LR, la maire du IXè, Delphine Burkli, proche d'Edouard Philippe, ou le candidat déclaré à la mairie Pierre-Yves Bournazel, membre du parti pro-Macron Agir. "Le rassemblement des énergies", résume le mathématicien, dont les invitations à son meeting lancées à une dizaine de députés LREM ont été honorées jeudi soir.
La liste des nommés se voulait autant de preuves de sa puissance face à M. Griveaux, réputé pour sa part engranger les soutiens d'une bonne partie de l'appareil de LREM, alors que les deux candidats recueillent les mêmes inentions de vote dans une récente étude - 25%, en tête devant la maire sortante PS Anne Hidalgo.
Sur le fond, "je veux être le premier maire écologiste de Paris", a lancé M. Villani, qui s'en est pris à plusieurs reprises à Mme Hidalgo.
Celui qui revendique une originalité sur la forme - "Ils ont été nombreux à me le dire : rentrer dans le moule, faire comme les autres, mais je ne changerai pas" - entend par ailleurs appliquer la formule à sa future gouvernance, en prônant l'association des experts et politiques à la société civile dans la prise des décisions municipales. Et il a prévenu: "Le bazar parisien actuel, si considérable soit-il, ne m'effraie pas plus qu'un autre".
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