Municipales à Paris : « Il n’y aura pas d’alliance de parti à parti » entre Sarah Knafo et Rachida Dati, exhorte Michel Barnier

Soutien de Rachida Dati, le député des Républicains estime qu’elle symbolise le mieux l’alternance à la mairie de Paris. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, Michel Barnier rejette toute alliance avec Sarah Knafo, mais estime qu’« il faut qu’au deuxième tour, tout le monde se retrouve derrière Dati ». A Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et à Sarah Knafo de « prendre leurs responsabilités ».
Guillaume Cros

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A l’issue du premier tour ce dimanche 15 mars, les candidats ayant atteint au moins 10 % des votes exprimés poursuivront la course à la mairie de Paris, détenue par Anne Hidalgo depuis 2014. Les derniers sondages hissent l’ancien premier adjoint de la socialiste, Emmanuel Grégoire, à 32 % d’intentions de vote. Rachida Dati, qui est à 5 points derrière (27 %), jouit d’une nette avance face à la zemmouriste Sarah Knafo (13.5 %), le membre d’Horizons Pierre-Yves Bournazel (12 %) et l’insoumise Sophia Chikirou (10.5 %).

Les partisans de Rachida Dati s’inquiètent de ne pas voir un rassemblement entre l’allié d’Edouard Philippe et l’ancienne ministre de la Culture. Pourtant, cette dernière a vainement multiplié les appels du pied au candidat dans l’espoir d’une fusion des listes. « L’alternance à la maire de Paris, c’est Rachida Dati et personne d’autre, prévient Michel Barnier dans l’émission Bonjour chez vous ce jeudi 12 mars. Pierre-Yves Bournazel devra être prêt à l’alliance au deuxième tour. »

Ne pas s’allier à Knafo

Le député de la deuxième circonscription de Paris critique « une gestion trop longue des socialistes des problèmes de sécurité, de propreté, de logement et de perte économique ». Premier ministre jusqu’en décembre 2024, Michel Barnier est revenu sur la scène politique grâce à un arrangement interne avec Rachida Dati lors de la législative partielle de la 2e circonscription de Paris en août 2025. L’ancienne ministre de la Culture s’est finalement désistée au profit de l’ex-négociateur du Brexit dans l’intérêt de briguer le poste d’édile à Paris.

Créditée à 13.5 %, la candidate de Reconquête Sarah Knafo en hausse dans les sondages grignotent des voix à la droite républicaine. « J’entends tous les jours Sarah Knafo parler d’alternance, j’espère qu’elle prendra ses responsabilités au deuxième tour », sous-entend Michel Barnier dans l’émission Bonjour chez vous. Il rejette toute « alliance de parti à parti » avec la candidate d’extrême-droite. « J’appelle Sarah Knafo à demander à ses électeurs de voter pour Rachida Dati au deuxième tour. L’alternance est d’intérêt général. » De son côté, Sarah Knafo a déjà émis la volonté d’union des listes avec l’ancienne ministre de la Culture au lendemain du premier tour, toujours exclue par cette dernière.  

L’élection présidentielle en ligne de mire

Plusieurs listes d’extrême-droite comme à Nîmes ou Tours intègrent des membres des Républicains, preuve d’un manque de clarification du parti. A Nice, certains LR soutiennent Eric Ciotti, président de l’UDR officiellement allié au Rassemblement national, alors que le parti soutient officiellement Christian Estrosi, le maire sortant Horizons. Dans la lignée de Gérard Larcher qui s’est exprimé hier sur France Inter, Michel Barnier estime que « les candidats s’alliant avec des partis d’extrême-droite n’ont plus rien à faire chez les Républicains ».    

« L’issue des municipales va probablement montrer une fracture dans les villes où le centre et la droite ne se sont pas rassemblés », évoque aussi Michel Barnier. Il imagine un « sursaut » face à cet échec, débouchant sur un appel à l’unité en vue de l’élection présidentielle.  

« Notre parti est en convalescence, en reconstruction », note Michel Barnier. « Il nous faudra un candidat de la droite et du centre, ou des centres. Nous travaillerons le moment venu », ajoute-t-il. Interrogé sur l’éventualité d’une primaire évoquée par Gérard Larcher, Michel Barnier répond : « Primaire ou pas primaire, nous allons trouver un système ».

Questionné une potentielle candidature, l’ancien Premier ministre déclare : « Je n’ai pas de fébrilité personnelle à être président de la République », révèle-t-il, souhaitant se montrer « utile » pour son parti. « Un candidat à l’élection présidentielle doit se demander s’il est capable d’être un bon président, s’il a un projet crédible pour redresser le pays et s’il rassemble son camp et au-delà. » Possède-t-il ces trois qualités ? Michel Barnier n’a pas souhaité répondre à cette question « aujourd’hui ».

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