Des personnalités macronistes divisées sur la marche à suivre dans la capitale. Tandis que les élections municipales (15 et 22 mars 2026) approchent, plusieurs cadres de Renaissance affichent leur soutien à la ministre de la Culture, Rachida Dati, en course pour récupérer la mairie de Paris à la gauche. « C’est elle qui peut gagner », estime ainsi Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et invitée de la matinale de Public Sénat ce lundi 19 janvier. « J’ai dit que je soutenais celle qui est à la fois ma collègue au sein du gouvernement [et] qui soutient le président de la République. »
Une déclaration à l’opposé de la position officielle du parti présidentiel, dirigé par Gabriel Attal. Au début de l’automne, Renaissance a en effet annoncé qu’il s’alliait avec le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel. Un choix justifié quelques jours plus tard sur RTL par l’ex-Premier ministre, évoquant « une décision collective », qui s’inscrit dans « une façon de faire de la politique ». « Je crois plutôt à l’apaisement qu’à la brutalité, au rassemblement qu’à la division », avait poursuivi Gabriel Attal, visant implicitement Rachida Dati, sans pour autant mentionner clairement son nom.
« Se réunir derrière ceux qui portent le mieux l’étendard de nos valeurs »
Aurore Bergé, elle, avance que l’ex-Garde des sceaux est aujourd’hui la plus susceptible de mettre en place une « alternance » politique à Paris. « Je regrette qu’on ne soit pas unis derrière la candidature de Rachida Dati », explique-t-elle. « Si on veut gagner, il faut savoir se réunir derrière ceux qui portent le mieux l’étendard de nos valeurs. » Selon elle, la ministre de la Culture « a réussi une part d’union, parce qu’il y a des maires Horizons qui la soutiennent », tout comme « un certain nombre de nos parlementaires ». C’est le cas du député de Paris Sylvain Maillard, mais aussi du ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. Le MoDem a également fait part de son appui à cette candidature.
De façon plus générale, Aurore Bergé exhorte les troupes macronistes à créer des alliances entre le centre et la droite lors de ce scrutin municipal. Marseille, Lyon, Menton… Dans plusieurs villes, le parti présidentiel a apporté son soutien à différents candidats qui ne sont pas directement issus de sa base d’adhérents. « Ce que je veux, c’est qu’il n’y ait pas le risque de l’effacement », développe-t-elle. « On a des grands partis politiques, qui, malgré des défaites très importantes aux élections présidentielles, ont survécu. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient une base arrière municipale, départementale et régionale. On doit impérativement construire cela. »