Municipales à Paris : « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » déclare Emmanuel Grégoire

Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.
Emma Bador-Fritche

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À dix jours du premier tour des élections municipales, le rapport de force à gauche reste tendu. Selon le sondage Ipsos-BVA pour Ici Paris Ile-de France publié ce mardi 3 février, Emmanuel Grégoire arrive en tête des intentions de vote avec 35% devant Rachida Dati la candidate soutenue par Les Républicains et le Modem, crédité à 27%. Le candidat appelle toutefois à relativiser la portée de ces sondages d’opinions : « On voit que la vie politique est fragmentée. (…) Donc on va voir les dynamiques que nous donnent les électeurs. Ce ne sont pas les sondages qui fixent ça, ce sont les scores du premier tour et les dynamiques de second tour ». Emmanuel Grégoire assure avoir une alliance « solide » avec Les Écologistes, le Parti communiste, Place publique et l’Après, (sans LFI) pour aborder la suite du scrutin. Mais il se montre catégorique sur la stratégie dans la capitale : aucune modification ne sera envisagée entre les deux tours. « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » affirme-t-il en balayant d’un revers de la main les interrogations sur d’éventuels alliance au second tour avec La France Insoumise.

 « Les équipes locales font ce qu’elles pensent devoir faire. »

Cette position intervient dans un contexte de tensions accrues entre le Parti socialiste et La France Insoumise. Mardi soir, le bureau national du PS a accusé Jean-Luc Mélenchon d’avoir tenu des propos « complotistes » et « antisémites » après des commentaires sur la prononciation des patronymes de Jeffrey Epstein, accusé de trafic sexuel et de l’eurodéputé Raphaël Glusksmann. Des accusations que le leader insoumis a rejetées, les jugeant « intolérables ».

Pourtant le Parti socialiste ne ferme pas la porte à des accords locaux si leur candidat se désolidarise des propos du chef de fil LFI. D’ailleurs dans plusieurs villes, des socialistes et des insoumis figurent sur des listes communes dès le premier tour, comme à Bagneux, Fréjus, Beauvais ou Fécamp. Emmanuel Grégoire reconnait que certaines équipes locales peuvent choisir des alliances différentes. Mais il insiste sur le fait que ces décisions ne concernent pas la stratégie parisienne. « Je suis candidat pour être maire de Paris, pas pour être maire de Toulouse ou de Limoges », affirme-t-il. « Les équipes locales font ce qu’elles pensent devoir faire. Je pense qu’elles ont tort parce que gouverner avec La France Insoumise n’est pas la même chose que de gouverner avec une majorité cohérente de valeurs et de projet ». Le candidat socialiste assure ainsi vouloir concentrer sa campagne sur les enjeux parisiens, notamment le logement et la transition écologique. « Je m’occupe de Paris et c’est déjà beaucoup », conclut-il.

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