Pierre-Yves Bournazel a inauguré son premier meeting de campagne le 10 février dernier au Cirque d’Hiver à Paris, aux côtés d’Edouard Philippe et de Gabriel Attal. Applaudi par plus de 1 500 personnes, il a dévoilé son nouveau slogan : « Le vote utile, c’est le vote Bournazel ». Une référence à son détachement assumé avec la gauche et la droite parisienne et qui est devenu son fer de lance de campagne.
Après deux tentatives vaines à la mairie de Paris (2014, 2020), le membre d’Horizons veut se différencier. Le sondage IFOP-Fiducial, publié fin janvier, place Pierre-Yves Bournazel en troisième position (14 %), derrière Emmanuel Grégoire (32 %) et Rachida Dati (28 %). « Je suis comme un sportif. Je me prépare à la compétition », se compare le candidat invité de notre matinale, « Bonjour chez vous » ce jeudi 12 février. Comme mesures prioritaires, il entend tripler le nombre de policiers municipaux armés, désengorger l’administration parisienne et résoudre le phénomène d’« exode » des Parisiens en réformant le système scolaire.
La tentation Dati
Une adversaire se dresse sur sa route : Rachida Dati. Depuis plusieurs jours, la ministre de la Culture tente un rapprochement avec le candidat centriste par la voix des médias. « Il est l’incarnation physique de la droite la plus bête du monde qui a permis à la gauche d’accéder à Paris », a-t-elle déploré sur RMC. Selon elle, « ceux qui veulent le changement doivent vouloir le rassemblement […] si jamais on est dispersés, ce sera encore la même équipe (la gauche) qui l’emportera, mais en pire ! » a-t-elle ensuite ajouté dans la presse.
Une alliance avec Dati pour vaincre la gauche d’Emmanuel Grégoire ? « Je ne me demande pas en début de match si je vais sortir à la mi-temps », rétorque Pierre-Yves Bournazel dans notre émission « Bonjour chez vous ». Persistant dans l’analogie sur le football, il compte « marquer le plus de buts » au premier comme au second tour. « Ma clarté politique c’est de gagner, pas d’être battu », contourne Pierre-Yves Bournazel sur la possibilité d’une fusion des listes avec Dati au second tour, s’il termine derrière elle. Il s’appuie sur le sondage IFOP-Fiducial pour croire en ses chances de victoire, qui le donne au second tour seul candidat vainqueur face à la gauche.
Un positionnement flou à un peu plus d’un mois des élections municipales. Il assure que « ni sa victoire ni sa défaite » ne nuira à son mentor Edouard Philippe, optant à l’inverse pour une stratégie d’unité des droites en vue des élections présidentielles de 2027. Car Pierre-Yves Bournazel ne peut s’empêcher de railler Rachida Dati : « Elle est en campagne pour les municipales et elle est encore au ministère de la Culture, c’est un constat. Les élections municipales sont une campagne à temps plein ».
« Je ne suis pas candidat à la Star Academy »
Pour ses autres adversaires, Pierre-Yves Bournazel affiche une opposition sans ambiguïté. A commencer par Emmanuel Grégoire ou le « candidat sortant de l’échec ». « Je ne m’allierai jamais avec lui », soutient fermement le centriste, pour qui le premier adjoint d’Anne Hidalgo « a fait le choix de l’alliance avec la gauche radicale ». En cause, l’inscription sur la liste du socialiste de l’ex-députée insoumise Danielle Simonnet. Cette dernière avait fait campagne pour les élections européennes de 2022 aux côtés du Britannique Jeremy Corbyn, exclu de son parti pour des accusations d’antisémitisme en 2024.
Sa deuxième cible récurrente se nomme Sarah Knafo, moquée pour sa gaffe sur le tarif du Pass Navigo. Invitée sur le plateau de BFMTV le 9 février, la candidate d’extrême-droite a défendu que le prix annuel du Pass Navigo était de 52 euros. Une erreur immédiatement remarquée puisque dans les faits, cette carte permettant de voyager sur l’ensemble du réseau de la RATP et de la SNCF en Île-de-France coûte environ 1 000 euros par an.
« Il ne faut pas prendre les Parisiens pour des « gogos ». Elle est là pour le buzz et elle présente un projet bidon », s’indigne Pierre-Yves Bournazel. Pour justifier sa campagne de communication, considéré « atone » pour certains, il fustige la stratégie d’« hypermarketing » de la députée européenne : « Je suis candidat à la mairie de Paris, pas à la Star Academy. Être maire, ce n’est pas pour faire des vidéos sur les réseaux sociaux, mais pour gérer dix milliards d’euros d’argent public chaque année ! »