Municipales: arrondissement par arrondissement, la stratégie Buzyn à Paris
La candidate LREM Agnès Buzyn, placée en embuscade derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR) avant le premier tour des municipales...

Municipales: arrondissement par arrondissement, la stratégie Buzyn à Paris

La candidate LREM Agnès Buzyn, placée en embuscade derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR) avant le premier tour des municipales...
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Par Ambre TOSUNOGLU

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La candidate LREM Agnès Buzyn, placée en embuscade derrière Anne Hidalgo (PS) et Rachida Dati (LR) avant le premier tour des municipales dimanche, peaufine sa stratégie "arrondissement par arrondissement" pour tenter de doubler ses deux rivales à la mairie de Paris.

Même si elle n'arrive qu'en troisième position dans les sondages et qu'elle n'a eu qu'un mois pour faire campagne, après l'abandon rocambolesque de Benjamin Griveaux, l'ex-ministre de la Santé ne veut pas s'avouer vaincue.

Mardi, avant un déjeuner avec le Premier ministre Édouard Philippe venu la soutenir, elle a pris l'exemple d'un ancien maire, élu en 1977, dont elle veut réitérer l'exploit... "Regardez Jacques Chirac ! Il avait fait campagne en février" seulement, a-t-elle glissé, tout sourire.

Pour ravir l'Hôtel de Ville à la gauche qui la détient depuis 2001, Mme Buzyn veut "rassembler la famille politique, et élargir avec des maires venus de la droite, de la gauche, du centre", explique son directeur de campagne, Paul Midy. Mais attention, LREM "ne fera pas d'accord ni avec Dati, ni avec LR, ni avec aucun appareil", prévient-il.

Une précision qui vient à point nommé alors que l'aile gauche de la macronie s'inquiète, et prévient qu'une telle alliance avec LR constitue une "ligne rouge", selon un marcheur parisien.

LREM a "initialement débuté la campagne à Paris dans l'idée que la droite parisienne pourrait être localement un supplétif pour nous", admet celui-ci, mais il faut aujourd'hui "se rendre à l'évidence que cela pourrait être nous le supplétif de la droite".

Comme nombre de macronistes venus de la gauche, Marlène Schiappa a averti qu'elle préférait "perdre une élection que perdre (mes) valeurs". "Moi je ne rejoindrai pas la liste de Rachida Dati", a-t-elle étayé sur BFMTV, ajoutant toutefois: "si nous sommes en tête et que nous sommes rejoints par des gens qui étaient avec Rachida Dati, Cédric Villani, les Verts ou ailleurs, nous les accueillerons avec plaisir".

Et le deuxième débat organisé mardi soir entre les sept candidats sur France Télévisions et visualisé par plus de 400.000 téléspectateurs en moyenne selon le groupe, a signé les lignes de démarcation entre les trois favorites du scrutin.

- "Procès en sorcellerie" -

Affiche de candidats LREM à l'élection municipale à Paris le 5 mars 2020
Affiche de candidats LREM à l'élection municipale à Paris le 5 mars 2020
AFP

"Le procès en droitisation d'Agnès Buzyn est un procès en sorcellerie", s'agace Patrick Levy-Waitz, stratège et proche de la candidate. La preuve: "Nous avons 3 têtes de liste de droite, 3 centristes, 3 de gauche et le reste ce sont des macronistes", rappelle le co-président de la Commission parisienne d'investiture, évoquant "des gens compétents, qui n'ont pas été choisis pour leurs étiquettes".

Parmi les alliés possibles pour le second tour, plusieurs regards se tournent vers l'ex-LREM Cédric Villani même si aucun accord n'a été trouvé entre les deux avant le premier tour. Pire: alors que son soutien Hugues Renson proposait ses services à l'équipe de l'ancienne ministre, le patron de LREM, Stanislas Guerini, a rejeté la main tendue, en dépit des assurances de l’Élysée que "ça (allait) se faire".

"Je proposerai une plateforme programmatique, un pacte de gouvernance" à tous ceux qui voudront la rejoindre, indique Agnès Buzyn à l'AFP.

Dans le viseur de LREM, les deux arrondissements (XIIe et XIVe) à bascule qui fournissent 10 conseillers de Paris chacun, le XVIIIe arrondissement, miné par des problèmes liés aux campements de migrants, crack, cantines scolaires... Et le nouveau né, "Paris Centre", fruit d'une fusion des quatre premiers arrondissements.

Pour les remporter, l'équipe de Mme Buzyn assure "discuter avec tout le monde, des gens de la droite, comme de la gauche".

Que feront par exemple le dissident LR Philippe Goujon dans le XVe arrondissement ou le maire LR sortant du XVIIe, Geoffroy Boulard, qui ont tous deux accepté dans le passé de discuter avec LREM ?

"Est-ce que des mecs qui ont vécu 19 ans dans l'opposition ont envie de perdre ? Tout le monde a envie d'une alternance"... reste à mesurer "le courage" de chacun, avance un cadre de La République en marche.

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