Municipales: au Havre, Philippe se veut candidat plus que Premier ministre
Marchés, réunions d'appartement... loin des caméras, Edouard Philippe a mené au Havre son deuxième week-end de campagne, où le programme de terrain du candidat aux municipales a été bousculé par l'agenda du Premier ministre

Municipales: au Havre, Philippe se veut candidat plus que Premier ministre

Marchés, réunions d'appartement... loin des caméras, Edouard Philippe a mené au Havre son deuxième week-end de campagne, où le programme de terrain du candidat aux municipales a été bousculé par l'agenda du Premier ministre
Public Sénat

Par Claire GALLEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Marchés, réunions d'appartement... loin des caméras, Edouard Philippe a mené au Havre son deuxième week-end de campagne, où le programme de terrain du candidat aux municipales a été bousculé par l'agenda du Premier ministre.

"Bonjour, vous êtes courageux d'être là!": sur le marché des Halles, écharpe sombre autour du cou, le candidat arpente à grandes enjambées les allées clairsemées par l'approche de la tempête, distribuant salutations et poignées de mains aux rares commerçants présents.

Dans ce quartier central de la cité portuaire qu'il a dirigée de 2010 à 2017, l'issue de l'élection semble jouée pour certains: "C'est bien d'avoir un Premier ministre pour futur maire!" assure Edouard, charcutier, qui décrit un candidat "jeune, respectueux, avec un attachement à la ville".

"Il est populaire ici, il va être réélu", assure Philippe, vendeur de pâtisserie, qui a vu le candidat en campagne entrer dans le bar où il prenait un café. "Moi je l'appelle monsieur le Premier ministre! La mairie c'est important" mais "c'est pas ce qu'il reflète aujourd'hui", ajoute le commerçant.

La casquette de Premier ministre, en effet, s'est rappelée au candidat au cours du week-end, puisqu'il a dû faire un aller-retour à Paris après la découverte de cinq nouveaux cas de coronavirus en France.

Le programme en a été chamboulé. Pour autant, concilier les rôles de chef du gouvernement et de candidat aux municipales, "c'est tout à fait possible", assure Edouard Philippe. "Je ne peux pas faire ça à temps plein mais quand on explique les choses, mes concitoyens comprennent ça très bien".

Loin des médias gardés à distance, le candidat arrivé vendredi a témoigné de ses déplacements sur les réseaux sociaux: visite des locaux de police, marché, réunion d'appartement...

- "Turbo-maire" -

"Je fais ça à ma façon, tranquillement, ce n'est pas spectaculaire, mais c'est comme ça que j'avais fait en 2014 et ça avait plutôt bien marché" assure le candidat, élu alors dès le premier tour, avec 52% des voix.

D'ailleurs "un paquet de gens m'appellent monsieur le maire (...) car j'ai été maire beaucoup plus longtemps" que Premier ministre, ajoute-t-il.

Dans cette ville où l'opposition à la réforme des retraites reste forte, avec une nouvelle journée de grève jeudi qui a mis le port du Havre à l'arrêt, l'étiquette de Premier ministre peut pourtant être à double tranchant.

"Les habitants sont fiers qu'il ait ramené les projecteurs sur Le Havre, le local ne désemplit pas depuis qu'il a annoncé sa candidature", assure Augustin Boeuf, conseiller municipal chargé de la mobilisation, devant la permanence de campagne.

Au même endroit pourtant, quelques heures auparavant, une vingtaine de +gilets jaunes+ manifestaient leur hostilité à la visite dans la cité portuaire d'Edouard Philippe.

"Il est hors de question qu'il revienne", tempêtait Xavier. "Les gens sont déçus, il avait promis de rester, il nous a abandonnés" une fois nommé à Matignon, abondait Guillaume, sous un bonnet coloré.

Édouard Philippe, qui a annoncé le 31 janvier sa candidature comme tête de liste, a répété que s'il était élu, il cèderait le fauteuil au maire sortant (LR) Jean-Baptiste Gastinne le temps de son bail à Matignon.

"Edouard Philippe avait cette réputation d'être un turbo maire qui travaillait ici deux jours par semaine. Doit-on gérer un ville comme une entreprise? Je n'en suis pas certain", ironise Alexis Deck, candidat écologiste aux municipales.

Mais l'opposition part en rangs dispersés. Le candidat communiste Jean-Paul Lecoq a lancé jeudi un "appel au rassemblement" à EELV pour "bâtir une réponse commune face au Premier ministre aux élections".

"Aujourd'hui les grands défis sont les défis climatiques et la résilience" face à ses conséquences, élude Alexis Deck, le candidat EELV.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

Municipales: au Havre, Philippe se veut candidat plus que Premier ministre
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le