Après le premier tour des municipales, on connaît maintenant les résultats du premier tour des élections municipales dans les 34.875 communes de France (voir notre carte interactive). S’engage maintenant l’entre-deux-tours. Et ça va vite. Une seule semaine sépare le premier tour du 15 mars du second tour des municipales, prévu le 22 mars.
Quelles listes peuvent se maintenir pour le second tour ?
Toute liste qui a obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peut se maintenir au second tour des municipales. C’est une possibilité. Une liste peut aussi se retirer.
Cette question du maintien d’une ou plusieurs listes est lourde d’enjeux : elle entraînera des triangulaires, soit trois listes, des quadrangulaires, soit quatre listes, et même, pourquoi pas, des quinquangulaires, soit cinq listes… Selon le nombre de listes qui se maintiennent, le résultat du second tour ne sera évidemment pas le même.
Quelles listes peuvent fusionner pour le second tour ?
Sont autorisées à fusionner, les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés, avec les listes ayant obtenu au moins 10% des suffrages. Ainsi, deux listes qui ont obtenu plus de 10% chacune peuvent fusionner, tout comme une liste qui fait plus de 10% avec une liste qui a fait entre 5 et 10%. En revanche, deux listes qui ont fait entre 5 et 10% ne peuvent pas fusionner.
La composition des listes peut être alors modifiée, en intégrant des membres de l’autre liste sur la liste principale. Mais il n’y a pas de règle. C’est aux responsables politiques de la liste de se mettre d’accord. Politiquement, le retrait d’une liste peut permettre d’éviter une triangulaire et de faire perdre l’une des listes. A l’inverse, la fusion peut créer la dynamique et ouvrir les portes de la victoire.
Le temps laissé aux tractations est très court. Car les listes pour le second tour doivent être déposées en préfecture, au plus tard, le mardi suivant le premier tour, à 18 heures. Soit moins de 48 heures. C’est pourquoi dès dimanche soir, dans la soirée et tard dans la nuit – et en réalité même en amont du scrutin, même si les candidats assurent que non – les discussions s’engageront entre les listes susceptibles de se rapprocher.
Quels sont les cas à suivre ?
Concrètement, les regards se tournent, à gauche, sur le PS et LFI, avec notamment le cas de Toulouse, où le candidat LFI devance le candidat PS. S’il n’y aura aucun accord national – Olivier Faure a répété dimanche qu’« il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI » – le PS n’a pas formellement écarté des accords « dans certains endroits », si les insoumis locaux se désolidarisent de leur chef, Jean-Luc Mélenchon. Côté LFI, on plaide pour des « fusions techniques », avec le reste de la gauche, pour faire barrage à l’extrême droite.
A Marseille, le maire sortant Benoît Payan, proche du PS, arrive d’un cheveu en tête (35,6%), devant le candidat RN, Franck Allisio (35,1%). Le candidat LFI Sébastien Delogu (12,4%), « tend « la main (…) à Benoît Payan », afin de mener « à la constitution d’un front antifasciste » contre le RN. « Je ne ferai aucune négociation de couloir, je ne ferai aucune tambouille », a répliqué le maire sortant… Quant à Paris, si la candidate LFI, Sofia Chikirou, tend aussi, un peu mollement, la main, le candidat PS, Emmanuel Gregoire ne semble pas prêt de la saisir.
A droite, le cas de Paris est aussi à surveiller. Rachida Dati (25,5%), aura besoin des voix du candidat Horizons/Renaissance, Pierre-Yves Bournazel (11,7%), comme celle de la candidate Reconquête, Sarah Knafo (9,9%), dont la capacité de pouvoir se maintenir est incertaine. « La division fragilise la droite », a mis en garde l’ex-ministre de la Culture. A défaut de fusion, un retrait des deux autres listes pourrait permettre à Rachida Dati de l’emporter. La pression est notamment sur Pierre-Yves Bournazel. Pour celui qui est aussi responsable des élections pour Horizons, le parti d’Edouard Philippe, sa décision ne sera pas sans conséquence pour les relations au sein du bloc central, en vue de 2027.
Quand commence la campagne officielle de second tour ?
En cas deuxième tour, la campagne électorale est ouverte le lendemain du premier tour et prend fin la veille du scrutin à zéro heure. Il est alors interdit de distribuer des tracts ou de procéder, de manière générale, à toute propagande électorale.
Quelles listes peuvent avoir des élus au conseil municipal ?
C’est encore le seuil fatidique des 5% qui est pris en compte. Comme le précise le Code électoral, « les listes qui n’ont pas obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ne sont pas admises à répartition des sièges ».
Quelles listes sont remboursées de leurs frais de campagne ?
Le premier tour est synonyme, pour une bonne partie des listes, de clap de fin. Pour elles, pas d’entre-deux-tour. Quid alors des frais de campagne ? Les listes qui ont fait plus de 5% des suffrages exprimés peuvent prétendre au remboursement partiel de leur frais de campagne. Mais attention, seules les listes des communes de plus de 9.000 habitants sont éligibles au remboursement de l’Etat, dans la limite de 47,5 % du plafond fixé pour chaque circonscription.
Pour ce qui est des dépenses de campagne officielles, à savoir les affiches pour l’affichage électoral, les professions de foi et les bulletins de vote, le remboursement se fait ici pour les communes de 1000 habitants et plus. Là encore, sont remboursées les listes ayant obtenu au moins 5%.
Autrement dit, les candidats dans les villages de moins de 1000 habitants ne bénéficient d’aucun remboursement public de leurs frais de campagne, y compris ceux de la campagne officielle.