Rachida Dati a été désignée mercredi candidate des Républicains pour les élections municipales de mars 2020 à Paris, une bataille qu'elle compte...
Municipales: investie par Les Républicains, Dati veut « changer Paris »
Rachida Dati a été désignée mercredi candidate des Républicains pour les élections municipales de mars 2020 à Paris, une bataille qu'elle compte...
Par Claire GALLEN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Rachida Dati a été désignée mercredi candidate des Républicains pour les élections municipales de mars 2020 à Paris, une bataille qu'elle compte placer sous le signe du "renouvellement".
La commission nationale d'investiture (CNI) a comme prévu adoubé l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy qui affrontait comme seule rivale Marie-Claire Carrère-Gée, conseillère LR du XIVe arrondissement et présidente du groupe LRI (Les Républicains et indépendants).
Rachida Dati s'est aussitôt réjouie de cette investiture, assurant dans un communiqué transmis à l'AFP que sa campagne, placée sous le slogan "Engagés pour changer Paris", aurait comme priorités "la sécurité, la propreté", "les familles" et "l'écologie, la santé".
Il s'agit de "réconcilier les Parisiens avec Paris, après 12 années de mandature socialiste", assure la candidate LR, dont le conseiller politique sera le député et ancien maire du XVIe arrondissement Claude Goasguen -- ce qui scelle la réconciliation après des relations parfois tendues.
Dans son programme, Mme Dati propose notamment d'instituer "une police municipale armée affectée en priorité à la lutte contre la délinquance du quotidien" et une baisse du tarif des cantines avec "un prix maximum payé pour un repas de 3,50 euros dès la rentrée 2020 contre 7 euros aujourd'hui".
Promettant d'axer son projet écologique "autour de la santé et du bien-être", la candidate LR s'engage à lancer un plan "air sain pour nos enfants" (capteurs de mesure de la qualité de l'air, purificateurs filtrant les particules...)
La candidate, qui réunira ses militants jeudi soir dans un café du XXe, a confié la direction de sa campagne à la communicante Nelly Garnier, et la fonction de porte-parole à Gilles Mentre, ancien directeur adjoint de cabinet de François Baroin.
- "Epée de Damoclès" -
L'investiture par LR met fin à un suspense qui était mince: Mme Dati, 53 ans, assurait dès juillet qu'elle se présenterait et "on n'a pas d'autre candidat", confiait avant l'élection un responsable LR. Mais la bataille promet d'être âpre.
D'abord parce que la championne des Républicains, figure populaire et pugnace, est aussi une forte personnalité qui ne fait pas l'unanimité, d'autant que certains redoutent des ennuis judiciaires ramenant les mauvais souvenirs de l'affaire Fillon.
Rachida Dati le 24 janvier 2019 à Saint-Cloud
AFP
Rachida Dati est en effet visée par une enquête pour "abus de biens sociaux" et "corruption" du Parquet national financier, et des perquisitions ont été menées dans son bureau et à son domicile. Même si la maire du VIIe arrondissement nie toute irrégularité, cette affaire pèse "comme une épée de Damoclès", soupire un élu.
Ensuite parce que Les Républicains, en perte de vitesse, affrontent à Paris la double concurrence d'une maire sortante, Anne Hidalgo (PS), bien implantée et d'un parti En Marche! qui ambitionne d'avaler l'électorat traditionnel de la droite.
Aux élections européennes du 26 mai, LR n'a recueilli que 10,2% des suffrages dans la capitale contre 32,9% à la liste Renaissance soutenue par LREM.
Dans un sondage publié mi-septembre, Rachida Dati n'arrive qu'en quatrième position avec 14%, derrière une liste de la majorité municipale menée par Anne Hidalgo (24%), dont la candidature ne fait guère de doute, Benjamin Griveaux (17%, LREM) et Cédric Villani (15%, dissident).
Plusieurs maires élus sous l'étiquette LR ont par ailleurs pris leurs distances depuis les dernières municipales (Delphine Bürlki dans le IXe, Florence Berthout dans le Ve...).
A Paris, la candidate a déjà prévenu qu'elle comptait présenter des candidats estampillés LR dans tous les arrondissements -- une façon de mettre au pied du mur les maires LR tentés eux aussi d'entretenir le flou sur leur appartenance.
La stratégie est contestée: "Rachida Dati demande un engagement absolu, mais elle doit laisser un peu de souplesse dans la constitution des listes, qui ne soient pas forcément 100% LR", affirme un cadre du parti.
Le socialiste accuse le chef de l’État d’avoir agi en sous-main pour obtenir le retrait de la liste de la candidate d’extrême droite, ce qui devrait favoriser Rachida Dati à l’approche du second tour de l’élection municipale à Paris. Au micro de Public Sénat, Rachida Dati accuse son adversaire de mener une campagne « outrancière, insultante, caricaturale ».
A Paris, Marseille, Bordeaux et d’autres, le report de voix des candidats battus au premier tour ou qui se sont maintenus au second tour sans chance de l’emporter, va être l’élément déterminant dans le résultat dimanche soir.
Le second tour des élections municipales 2026 est marqué par un petit rebond du nombre de scrutins à trois listes ou plus, par rapport à 2020. La configuration la plus extrême, celle des quinquangulaire (cinq listes), concerne seize communes.
Les fusions de listes entre PS et LFI pour les municipales passent mal chez certains socialistes, à l’image de Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, « dubitatif sur l’intérêt de ces accords ». Il pointe le non-respect des conditions fixées avant d’éventuelles alliances avec les insoumis. « Je ne comprends pas Olivier Faure, qui devrait être là pour mettre en œuvre la résolution du bureau national », affirme l’ancien ministre.