Municipales: la gauche entre esquisses d’unions et stratégies d’autonomie
Marseille, Toulouse ou encore Montpellier: affaiblies et divisées aux élections européennes où seuls les écologistes ont brillé,...

Municipales: la gauche entre esquisses d’unions et stratégies d’autonomie

Marseille, Toulouse ou encore Montpellier: affaiblies et divisées aux élections européennes où seuls les écologistes ont brillé,...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE, Baptiste BECQUART, et les bureaux en région

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Marseille, Toulouse ou encore Montpellier: affaiblies et divisées aux élections européennes où seuls les écologistes ont brillé, les formations de gauche travaillent dans plusieurs villes à des projets d'union pour les municipales de 2020, tempérés par le refus d'accords d'appareil et des stratégies d'autonomie.

Forte de ses 13,5% aux européennes et dans la lignée du discours de Yannick Jadot, qui a espéré en juin auprès du Monde gagner aux municipales "Paris, Nantes, Rennes, Toulouse" et "de nombreuses villes petites et moyennes", la direction d'EELV travaille à son autonomie dans les grandes villes. Et à un rôle de pivot dans les villes moyennes, comme à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

"Je regrette qu'EELV s'enferme dans une logique autonomiste dans plein d'endroits", confie à l'AFP Pierre Jouvet, porte-parole du PS, qui dirige quelque 200 villes de plus de 10.000 habitants, avec souvent l'appui des écologistes. Il espère que "la voix de la raison l'emportera, ils n'ont pas de capacité de structuration à eux seuls pour emporter de grandes municipalités".

L'équation est compliquée pour EELV, "pénalisée par la faiblesse de ses forces militantes", le difficile transfert des voix entre européennes et municipales, et un électorat "plus jeune et plus mobile", donc moins porté sur ce dernier scrutin, confirme David Gouard, maître de conférences en sciences politiques à l'université Toulouse-2.

La France insoumise a des aspirations autonomistes similaires, montant des listes citoyennes sous le label "En commun", tout en mettant la marque insoumise en retrait après des européennes catastrophiques (6,3%). Pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, apparaître en formation antisystème et refuser des accords d'appareil est un rouage d'une stratégie tournée vers la présidentielle, même si une victoire est espérée dans certaines communes.

"Aucune force politique ne dirige seule une ville", prévient pourtant Pierre Lacaze, chargé des élections pour le PCF, qui détient quelque 150 villes de plus de 3.500 habitants et a appelé la gauche à "gagner les municipales" via des alliances larges.

- "Noyautage" -

Dans les grandes villes, c'est à Marseille que le processus semble le plus avancé. La gauche tente d'incarner l'après-Gaudin - qui ne se représente pas après avoir dirigé la ville depuis 1995 - via un appel à "un mouvement unitaire" lancé entre autres par Benoît Payan (PS), Jean-Marc Coppola (PCF), Michèle Rubirola (EELV), Sophie Camard (LFI) et des personnalités de la société civile.

L'appel a d'ores et déjà engrangé plus de 2.200 signatures, "en quelques jours, en plein été", souligne auprès de l'AFP Sophie Camard, pour qui "si on se met ensemble, c'est que ça ne peut plus durer".

Quant à M. Mélenchon, dont elle est suppléante à l'Assemblée, "il ne se présente pas, il donne sa chance à l'initiative", ajoute Sophie Camard. Un comité de pilotage a été mis sur pied et un porte-parole sera désigné à la rentrée.

Dans les autres grandes villes, les tentatives d'union sont complexes, surtout quand la gauche est sortante. A Paris, Ian Brossat, adjoint PCF d'Anne Hidalgo, a tout de même dit compter sur un ralliement des écologistes au second tour face au "marcheur" Benjamin Griveaux.

A Toulouse, face à l'édile Jean-Luc Moudenc (LR) qui pourrait être soutenu par LREM, un "Archipel citoyen" né il y a deux ans a reçu le soutien de plusieurs personnalités d'EELV et de LFI, mais pas celui du PS, du PCF et de Générations, qui travaillent à un autre appel pour septembre.

"Pas sûr que le retour à une gestion saine et ambitieuse passe par l'étiquette socialiste", tacle Manuel Bompard chez LFI. Signe d'une méfiance à tous les étages, une source écologiste pointe pour sa part le risque d'un "noyautage" de l'Archipel par les Insoumis.

Face à Gérard Collomb à Lyon, le PS a lancé une initiative d'alliance avec les communistes, les radicaux de gauche, le mouvement Ensemble !, les écologistes, ou encore Place publique. LFI appuie de son côté "Lyon en commun" et la maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, issue de ses rangs.

Quant à Montpellier, il est difficile de conclure à ce stade si une première réunion de convergence citoyenne et politique, soutenue par la députée LFI Muriel Ressiguier, le socialiste Michaël Delafosse ou encore l'écologiste Jean-Louis Roumégas débouchera sur une liste commune. Les débats sont vifs jusqu'au sein d'EELV et de LFI.

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