Municipales : la lente érosion du Parti communiste
Si le parti a conservé certains fiefs, et reconquiert quelques municipalités perdues, la perte de bastions historiques comme Saint-Denis confirme le démantèlement progressif du bloc rouge.

Municipales : la lente érosion du Parti communiste

Si le parti a conservé certains fiefs, et reconquiert quelques municipalités perdues, la perte de bastions historiques comme Saint-Denis confirme le démantèlement progressif du bloc rouge.
Public Sénat

Par Marylou Magal

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Quelques pertes douloureuses pour le Parti communiste français (PCF). Au lendemain du second tour des élections municipales, il doit faire le deuil de plusieurs bastions historiques. Parmi eux, les villes de Saint-Denis, et d’Aubervilliers, composantes essentielles de la « ceinture rouge » bordant Paris. Mathieu Hanotin, socialiste et proche de Benoît Hamon a remporté la victoire dans la première, au détriment du maire sortant Laurent Russier, et à Aubervilliers, Mériem Derkaoui s’est trouvée largement devancée par la candidate de l’UDI, Karine Franclet. Dans le Val-de-Marne, également, la défaite est symbolique. A Champigny-sur-Marne, ville emblématique de Georges Marchais, le maire rouge, Christian Fautré, s’est vu devancer par Laurent Jeanne, soutenu par LR, le Modem et l’UDI. Idem à Saint-Pierre-des-Corps, place occupée par les « cocos » depuis cent ans, où Michel Soulas a cédé la place à Emmanuel François, candidat sans étiquette classé à droite.

L’érosion du bloc historique communiste poursuit donc son avancée au fil des ans. A son apogée en 1977, le PCF comptait près de 1500 municipalités. En 2014, il n’en restait plus que 651, dont 38 en banlieue parisienne. « La tendance se poursuit pour le PCF, analyse Stéphane Zumsteeg, de l’institut Ipsos. « Il continue de perdre un certain nombre de ses bastions historiques, tout en récupérant parfois des villes perdues. Aujourd’hui, le bilan est globalement négatif puisque le parti essuie de lourdes pertes, à forte valeur symbolique. Le PCF doit faire face à un phénomène d’usure du pouvoir dans ses bastions historiques, lié aux personnalités des sortants, aux pratiques et à la vitalité des oppositions. Le vrai problème de ce parti est qu’il n’arrive pas à enrayer le délitement ».

Les alliances sauvent la face

Le parti dirigé par Fabien Roussel avait toutefois réussi à conserver quelques-uns de ses fiefs, lors du premier tour des élections. Parmi eux, Malakoff, Montreuil, Bagneux ou Nanterre ont réélu à la majorité leurs maires communistes sortants. « C’est un bilan contrasté », tempère auprès de Public Sénat le porte-parole du parti communiste et élu de Paris, Ian Brossat. «  Nous essuyons des défaites, mais il y a aussi de belles victoires comme Bobigny, Villejuif, Noisy le Sec ou Corbeil. Par ailleurs, nous faisons notre retour dans plusieurs majorités municipales de gauche et écolo, comme à Grenoble, Lyon, Marseille ou Lille. Globalement, nous restons la troisième force politique en nombre d’élus, et nous aurons plus de communes que LREM. »

Effectivement, malgré plusieurs pertes significatives, les communistes sauvent les meubles en gagnant quelques municipalités. Bobigny, par exemple, revient aux mains d’un maire communiste, Abdel Sadi, après la perte de la ville au détriment de l’UDI, en 2014.

« Dans mon département des Côtes d’Armor, il y a une bonne nouvelle, souligne la sénatrice communiste Christine Prunaud, avec la prise de Saint-Brieuc, qui revient aux mains de la gauche avec une liste d’union. Le PC devrait avoir au moins cinq élus ». Grâce à différentes alliances, notamment dans les grandes villes, les communistes sauvent les meubles en réintégrant les conseils municipaux d’importantes communes, dont Paris reste l’exemple le plus emblématique. « Dans ces villes, les communistes sont des forces d’appoint mais ça ne correspond à aucun capital électoral » ,analyse Stéphane Zumsteeg. « Ils sont présents mais c’est une présence symbolique et forcément limitée. »

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