Municipales : la lente érosion du Parti communiste
Si le parti a conservé certains fiefs, et reconquiert quelques municipalités perdues, la perte de bastions historiques comme Saint-Denis confirme le démantèlement progressif du bloc rouge.

Municipales : la lente érosion du Parti communiste

Si le parti a conservé certains fiefs, et reconquiert quelques municipalités perdues, la perte de bastions historiques comme Saint-Denis confirme le démantèlement progressif du bloc rouge.
Public Sénat

Par Marylou Magal

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Quelques pertes douloureuses pour le Parti communiste français (PCF). Au lendemain du second tour des élections municipales, il doit faire le deuil de plusieurs bastions historiques. Parmi eux, les villes de Saint-Denis, et d’Aubervilliers, composantes essentielles de la « ceinture rouge » bordant Paris. Mathieu Hanotin, socialiste et proche de Benoît Hamon a remporté la victoire dans la première, au détriment du maire sortant Laurent Russier, et à Aubervilliers, Mériem Derkaoui s’est trouvée largement devancée par la candidate de l’UDI, Karine Franclet. Dans le Val-de-Marne, également, la défaite est symbolique. A Champigny-sur-Marne, ville emblématique de Georges Marchais, le maire rouge, Christian Fautré, s’est vu devancer par Laurent Jeanne, soutenu par LR, le Modem et l’UDI. Idem à Saint-Pierre-des-Corps, place occupée par les « cocos » depuis cent ans, où Michel Soulas a cédé la place à Emmanuel François, candidat sans étiquette classé à droite.

L’érosion du bloc historique communiste poursuit donc son avancée au fil des ans. A son apogée en 1977, le PCF comptait près de 1500 municipalités. En 2014, il n’en restait plus que 651, dont 38 en banlieue parisienne. « La tendance se poursuit pour le PCF, analyse Stéphane Zumsteeg, de l’institut Ipsos. « Il continue de perdre un certain nombre de ses bastions historiques, tout en récupérant parfois des villes perdues. Aujourd’hui, le bilan est globalement négatif puisque le parti essuie de lourdes pertes, à forte valeur symbolique. Le PCF doit faire face à un phénomène d’usure du pouvoir dans ses bastions historiques, lié aux personnalités des sortants, aux pratiques et à la vitalité des oppositions. Le vrai problème de ce parti est qu’il n’arrive pas à enrayer le délitement ».

Les alliances sauvent la face

Le parti dirigé par Fabien Roussel avait toutefois réussi à conserver quelques-uns de ses fiefs, lors du premier tour des élections. Parmi eux, Malakoff, Montreuil, Bagneux ou Nanterre ont réélu à la majorité leurs maires communistes sortants. « C’est un bilan contrasté », tempère auprès de Public Sénat le porte-parole du parti communiste et élu de Paris, Ian Brossat. «  Nous essuyons des défaites, mais il y a aussi de belles victoires comme Bobigny, Villejuif, Noisy le Sec ou Corbeil. Par ailleurs, nous faisons notre retour dans plusieurs majorités municipales de gauche et écolo, comme à Grenoble, Lyon, Marseille ou Lille. Globalement, nous restons la troisième force politique en nombre d’élus, et nous aurons plus de communes que LREM. »

Effectivement, malgré plusieurs pertes significatives, les communistes sauvent les meubles en gagnant quelques municipalités. Bobigny, par exemple, revient aux mains d’un maire communiste, Abdel Sadi, après la perte de la ville au détriment de l’UDI, en 2014.

« Dans mon département des Côtes d’Armor, il y a une bonne nouvelle, souligne la sénatrice communiste Christine Prunaud, avec la prise de Saint-Brieuc, qui revient aux mains de la gauche avec une liste d’union. Le PC devrait avoir au moins cinq élus ». Grâce à différentes alliances, notamment dans les grandes villes, les communistes sauvent les meubles en réintégrant les conseils municipaux d’importantes communes, dont Paris reste l’exemple le plus emblématique. « Dans ces villes, les communistes sont des forces d’appoint mais ça ne correspond à aucun capital électoral » ,analyse Stéphane Zumsteeg. « Ils sont présents mais c’est une présence symbolique et forcément limitée. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Screenshot
5min

Politique

Au Cirque d’Hiver, Pierre-Yves Bournazel s’offre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour relancer sa campagne

À un peu plus d’un mois du premier tour des municipales parisiennes, Pierre-Yves Bournazel a sorti l’artillerie lourde. En réunissant Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la même scène du Cirque d’Hiver, le candidat centriste tente de redonner de l’élan à une campagne en difficulté, marquée par des sondages poussifs, un déficit de notoriété et le récent départ de son directeur de campagne. Reportage – Paris XIe

Le

Municipales : la lente érosion du Parti communiste
8min

Politique

OnlyFans, Mym : dans un climat parfois tendu, le Sénat vote un texte contre l’exploitation sexuelle en ligne

Le Sénat a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR Marie Mercier, qui vise à lutter contre les « proxénètes 2.0 », qui sévissent sur les plateformes proposant des services sexuels personnalisés. Le texte a été largement modifié, avec la création d’« une nouvelle infraction inspirée de la traite des êtres humains ». Mais cette définition sera inefficace, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, dont les échanges avec la rapporteure Lauriane Josende ont été particulièrement tendus.

Le

Rachida Dati, copyright : Romain David pour Public Sénat
8min

Politique

Police municipale, désendettement, métro… Rachida Dati détaille son programme pour Paris et appelle Pierre-Yves Bournazel au rassemblement

Sommée de quitter le gouvernement d'ici la fin de la semaine, Rachida Dati accélère sa campagne parisienne. Elle a dévoilé mardi 10 février un programme de rupture pour la capitale, marqué notamment par des mesures sur la propreté, la sécurité et la réduction de la dette de la ville. Derrière le socialiste Emmanuel Grégoire dans les sondages, elle exhorte Pierre-Yves Bournazel, candidat de centre-droit, à l'unité pour mettre fin à l'hégémonie de la gauche dans la capitale.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
6min

Politique

La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : « Un choix politique en forme de provocation », pour Jean-François Husson

Emmanuel Macron s’apprête à nommer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Un choix contesté par les élus de la chambre haute. Si les qualités de la quarantenaire ne sont pas remises en cause, les élus pointent le risque de conflit d’intérêts alors que la Cour des comptes présentera dans les mois à venir un rapport sur l’exécution du budget qu’Amélie de Montchalin a défendu.

Le