Municipales: La République en marche réfléchit déjà à l’entre-deux tours
Promise à des résultats décevants au soir du premier tour des municipales, La République en marche se prépare à un entre-deux...

Municipales: La République en marche réfléchit déjà à l’entre-deux tours

Promise à des résultats décevants au soir du premier tour des municipales, La République en marche se prépare à un entre-deux...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

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Promise à des résultats décevants au soir du premier tour des municipales, La République en marche se prépare à un entre-deux tours mouvementé, lorsqu'il s'agira pour ses candidats de se maintenir, se retirer ou fusionner. Et s'assurer que les lignes rouges ne soient pas franchies.

Les candidats auront moins de 48 heures pour prendre leurs décisions: dernier délai, mardi 17 mars, 18H00, pour déposer à la préfecture les listes du second tour, et choisir la bonne stratégie. Notamment si la liste LREM n'est pas arrivée en tête, ce qui semble probable dans d'innombrables villes, tant les sondages sont peu flatteurs pour le mouvement présidentiel.

"Le premier tour va peut-être servir de soupe à la raison. Quand vous faites 5% et que vous vous croyiez à 25%, ça calme", relève, un député de la majorité. "Ou ça rend incontrôlable...", met tout de même en garde un ministre, rompu aux soirées électorales.

A l'endroit de ses candidats souvent novices, le parti a pris les devants et rédigé un mémo: "La liste avec laquelle vous pourriez fusionner ou au profit de qui se désister peut-elle agir de façon constructive (sur des points de projet) avec le gouvernement et la majorité ?" ou "La composition précise de la liste, la répartition des responsabilités permet-elle à LREM d'avoir une représentation politique réelle dans la future majorité ?", interroge notamment la note.

En début de semaine prochaine, tous les candidats vont être appelés pour sonder leur stratégie. "Et nous allons mettre en place une cellule au soir du premier tour, composée de 50 à 100 personnes, pour se mettre d'accord avec eux", explique un cadre. Sinon le cas sera tranché par le patron du parti, Stanislas Guerini, qui pourra le cas échéant retirer des investitures.

- L'épine parisienne -

Ligne rouge absolue: le risque d'une victoire du Rassemblement national "qu'il faut éviter à tout prix", rappelle la co-présidente de la Commission nationale d'investiture du parti Marie Guévenoux. "Mais il y en a qui vont se voir plus beaux qu'ils ne sont et vont vouloir se maintenir...", se désole un haut cadre du parti.

Parmi les points les plus scrutés: Perpignan, où le RN Louis Alliot part favori contre le sortant LR Jean-Marc Pujol et le député LREM Romain Grau. Lequel est certes l'ex-adjoint de M. Pujol, mais avec lequel il entretient surtout une inimitié aiguë. Jusqu'à empêcher un "front républicain"? "Je ne peux pas le croire", répète un cadre, tel Coué.

A Denain (Nord), convoitée par le porte-parole du RN Sébastien Chenu, LREM n'a pas présenté de candidat, mais soutient officieusement la maire sortante PS. Laquelle doit également faire face à une liste MoDem, dont on craint ouvertement qu'elle se maintienne au second tour et provoque une victoire de l'extrême droite.

En tout, le mouvement présidentiel redoute "moins d'une vingtaine de cas" où des candidats impétueux pourraient ne pas suivre les consignes nationales.

"Par exemple, à Dijon, il y a un tel déchirement des équipes en interne, que ça risque de coincer", relève un cadre, qui en est arrivé à espérer que le candidat LREM, Sylvain Comparot, n'atteignent pas les 10% nécessaires pour se maintenir.

De même, à Montpellier, "je vois mal notre candidat, Patrick Vignal, discuter avec le sortant Philippe Saurel, comme on le lui a demandé de le faire", désespère un ponte du parti.

Mais ce sont surtout des villes emblématiques où l'on craint des volontés d'alliances iconoclastes. A Bordeaux, où le marcheur Thomas Cazenave est en mauvaise posture, certains s'interrogent sur ses volontés de toper avec les écologistes. "Mais ce sont des Insoumis déguisés!", hurle une députée LREM, qui plaide au contraire pour un rapprochement avec le sortant Nicolas Florian, successeur d'Alain Juppé et déjà soutenu par le MoDem.

Demeure l'épine parisienne: entre les partisans d'un accord entre Agnès Buzyn et la LR Rachida Dati dans un front anti-Hidalgo et ceux qui poussent pour une grande alliance avec Cédric Villani qui pourrait aller jusqu'aux Verts, un député LREM en appelle au principe de réalité: "On n'est pas non plus obligé de s'allier avec les majoritaires. Être dans l'opposition, ça n'est pas si grave..."

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