La Convention de la France Insoumise pour les élections municipales 2026 s est déroulée le 23 novembre 2025 aux Docks d Aubervilliers avec Jean Luc Melenchon, les elus et candidats aux élections municipales 2026 du parti. Aubervilliers, FRANCE.

Municipales : le front « anti-LFI » désormais plus fort que le front « anti-RN »

59% des Français sont disposés à se reporter sur un candidat qui ne bénéficie pas de leurs faveurs politiques afin d'empêcher LFI de l’emporter aux prochaines municipales. Ce chiffre dépasse de loin les 44% qui se disent prêts à faire de même contre le RN, selon un sondage Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. C’est au sein de la droite et du centre que le sentiment anti-LFI s’exprime avec le plus de force.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

À l’approche des élections municipales, La France insoumise effraie davantage que le Rassemblement national. 59 % des Français se disent prêts à voter pour un candidat ou une liste qu’ils ne soutiennent pas, afin d’empêcher la victoire d’un candidat LFI. En revanche, ils ne sont que 44 % à envisager de faire la même chose pour barrer la route du RN, selon le dernier pointage du baromètre Odoxa réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale*.

Désormais, le parti de Jordan Bardella agit moins comme un repoussoir sur les électeurs que la plupart des partis traditionnels de gouvernement. Ainsi, ils sont 46 % à se dire prêts à déposer dans l’urne un bulletin contraire à leurs convictions pour faire barrage au Parti socialiste. Les partis du bloc présidentiel enregistrent un niveau de rejet équivalent : 46 % des Français pourraient faire barrage à un candidat étiqueté Renaissance, MoDem ou Horizons. En revanche, seuls 39 % des électeurs envisagent de voter à rebours de leurs affinités politiques pour entraver un candidat Les Républicains.

Une logique « tous contre LFI »

Ce sont chez les sympathisants de la droite modérée et du centre que le rejet de la France insoumise est désormais le plus élevé, à 87 % : dont 85 % chez Renaissance et 85 % chez Les Républicains. Ce rejet est en revanche sensiblement moins marqué à l’égard de l’extrême droite : « Le cœur de l’électorat centriste bascule donc dans une logique ‘tous contre LFI’ plus forte que la logique historique du ‘tous contre le RN’. Les sympathisants du camp présidentiel, s’ils sont toujours prêts à se mobiliser contre le parti de Jordan Bardella, à 74 %, le feraient moins massivement que contre LFI (11 points de moins) », observe Céline Bracq, la directrice générale d’Odoxa.

Quant aux sympathisants LR, ils sont 62 % à déclarer qu’ils n’empêcheront pas la victoire du Rassemblement national en votant pour un candidat ou une liste qu’ils ne soutiennent pas, relève Odoxa.

capture barrage selon les affinités politiques

Du côté de la droite radicale, ils sont 73 % à vouloir empêcher la victoire de LFI, dont 69 % chez les sympathisants du Rassemblement national. Notons que 43 % des sympathisants du Parti socialiste, pourtant allié de LFI aux dernières législatives, sont prêts à voter pour un candidat qui ne leur convient pas plutôt que de laisser le parti de Jean-Luc Mélenchon l’emporter. « Du côté de la gauche, la mobilisation contre le RN existe certes encore, et de manière nette (71 % en moyenne chez les sympathisants des différents partis), mais elle est nettement moins puissante que le front anti-LFI observé à droite et au centre », relève encore Céline Bracq.

*Méthodologie

L’enquête a été menée en ligne, les 10 et 11 décembre 2025, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas, appliquée au sexe, à l’âge, et à la profession des répondants, après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Comme tout sondage, celui-ci comporte une marge d’erreur. Dans un échantillon de 1 000 personnes, un résultat de 20 % (ou 80 %) présente ainsi une incertitude d’environ 2,5 points.

Partager cet article

Dans la même thématique

Municipales : le front « anti-LFI » désormais plus fort que le front « anti-RN »
3min

Politique

Municipales : à Nantes, un duel serré attendu après l’union PS-LFI 

Johanna Rolland, maire de Nantes et numéro 2 du PS, a dû nouer une « alliance technique » avec LFI pour tenter de garder la ville à gauche. Menacée par Foulques Chombart de Lauwe, qui réunit les différentes familles de la droite et du centre locales, elle aura tout de même un duel incertain au second tour. Reportage sur place.

Le