Municipales: le RN investit de nouveaux candidats avec des listes « d’ouverture »
Le Rassemblement national réunit de lundi à mercredi sa commission nationale d'investiture qui décidera d'une nouvelle vague de...

Municipales: le RN investit de nouveaux candidats avec des listes « d’ouverture »

Le Rassemblement national réunit de lundi à mercredi sa commission nationale d'investiture qui décidera d'une nouvelle vague de...
Public Sénat

Par Anne RENAUT

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Le Rassemblement national réunit de lundi à mercredi sa commission nationale d'investiture qui décidera d'une nouvelle vague de candidats aux élections municipales, dans l'espoir de gagner davantage de villes qu'en 2014 en ciblant ses conquêtes et en ouvrant ses listes à des candidats non RN.

"L'idée est d'avoir un candidat dans chaque chef-lieu de département (...) et d'essayer d'avoir des listes dans les villes de plus de 20.000 habitants (qui) représentent un enjeu politique ou stratégique", rappelle le porte-parole du parti Sébastien Chenu, député du Nord.

Selon la stratégie définie en conseil national le 18 juin, le RN entend conserver la dizaine de villes remportées en 2014 et soigner davantage ses proies potentielles en commençant par les municipalités voisines de celles déjà gagnées, pour les faire tomber comme des dominos.

Le RN entend aussi profiter de la déroute de LR aux élections européennes pour obtenir le soutien d'électeurs et d'élus de la droite ou anti-Macron. Il va également mieux former ses candidats pour éviter les départs - comme il y a 5 ans - d'élus mal formés.

A Denain (Nord, 19.000 habitants), que le RN espère conquérir après y avoir obtenu 44,3% aux européennes, M. Chenu promet des candidats venus du PCF et du PS et n'exclut pas de figurer sur la liste en position non éligible.

A Carpentras (Vaucluse, 28.700 hab), le RN a opté pour le soutien à une liste conduite par un général à la retraite non RN, Bertrand de La Chesnais, sur laquelle l'ancien suppléant de l'ex députée RN Marion Maréchal, Hervé de Lépinau, ne sera que numéro 3.

- "Berner les gogos" -

Pour autant, fort de sa victoire aux européennes, le RN n'entend pas être "ramené au rang de force supplétive" d'un autre parti, prévient-il dans son fascicule dédié aux municipales.

Chaque candidat est tenu de présenter une liste complète sous peine d'être "éliminé" de la course. "Les promesses d'alliance sont un leurre pour berner les gogos qui s'illusionnent et les paresseux qui pensent pouvoir se dispenser de l'effort de chercher des candidats", prévient le RN.

En coulisses de ce scrutin, qui n'est pas le plus favorable pour ce parti, le RN va en effet mailler le terrain pour gagner les échéances suivantes (départementales et régionales en 2021), considérées comme des marchepieds vers la présidentielle.

Quand il ne peut pas gagner, le RN veut s'imposer comme la principale opposition. "Je veux qu'on se mêle des affaires de la commune" et "qu'on remplace certaines oppositions", insiste M. Chenu, en citant à cet égard Roubaix et Tourcoing.

Avec ses 122.000 habitants, Perpignan sera la grande ville convoitée par le RN. Son candidat Louis Aliot, député des Pyrénées-orientales et compagnon de Marine Le Pen, s'est mis en retrait des instances du parti pour labourer le terrain et affronter le député LREM du même département Romain Grau.

- "Eté Tupperware" -

M. Aliot prétend au "rassemblement local" avec une liste sur laquelle pourrait figurer le logo de la Droite populaire de l'ancien ministre sakozyste Thierry Mariani, élu eurodéputé sur la liste RN. "Ca va être un été Tupperware" de rencontres tous azimuts, selon le candidat.

Il compte aussi sur le soutien du maire de Béziers (Hérault) et chantre de l'union des droites, Robert Ménard, soutenu par le RN.

A ce jour, la plus grande ville tenue par le RN est Fréjus (Var, 53.000 hab).

A Nice, l'ancien responsable identitaire Philippe Vardon sera candidat contre Christian Estrosi. Lui aussi promet une liste de "rassemblement" mais certains au parti regrettent qu'il ne se soit pas présenté à La Trinité voisine, considérée comme plus facilement gagnable.

Le sénateur Stéphane Ravier convoite Marseille, où il pourrait devoir affronter la présidente LR de la métropole Martine Vassal, qui vient de s'afficher avec un pro-Macron. Laurent Jacobelli, recrue de Debout la France et nouveau chef de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, se présente à Allauch où il mise lui sur la division des LR.

Outre ses bastions du Nord et du Sud-Est, le RN entend progresser aussi dans l'Est, où son délégué aux élections Kevin Pfeffer se présentera à Stiring-Wendel (Moselle, 12.000 hab). Le RN y a engrangé 42% des voix aux européennes.

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