Dans cette soirée électorale où chaque formation politique revendique une victoire, Jordan Bardella n’était pas en reste. Dans une allocution, le président du RN a considéré les résultats des élections municipales comme « la plus grande percée » de l’histoire de son parti. 1 300 conseillers municipaux ont été élus dès le premier tour a-t-il rappelé.
« Les nouvelles victoires se comptent par dizaines »
Le RN a en effet progressé dans les villes de moins de 20 000 habitants, 16 listes RN ont été élues dès le premier tour, comme à Beaucaire (Gard), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle), Fréjus (Var), Perpignan. 214 listes RN et neuf listes UDR étaient qualifiées dans les communes de plus de 3 500 habitants pour le second tour. « Les nouvelles victoires se comptent par dizaines », s’est félicité le patron du RN.
A Liévin, bastion socialiste du Pas-de-Calais, le RN renforce son emprise dans le bassin minier. A La Flèche, deuxième ville de la Sarthe dirigée jusqu’alors sans discontinuer par le Parti socialiste depuis 1989, est aussi tombée dans les mains du RN. A Carcassonne, le RN prend la ville à la droite, tout comme à Montargis dans le Loiret, tenue par la droite depuis 2001, ainsi qu’à Amilly, ville voisine où la droite gouvernait depuis 37 ans.
En Lorraine, au moins trois communes de plus sont tombés dans l’escarcelle du RN : les électeurs de Saint-Avold et Amnéville (Moselle), ainsi que ceux de Val-de-Briey (Meurthe-et-Moselle.
Dans ses bastions du Sud, Agde, Tarascon, Carpentras, Orange, Castres, Seyne-sur-Mer, ou encore Nice avec la victoire de l’allié UDR, Éric Ciotti, sont passés sous le pavillon du parti à la flamme et de ses alliés.
Pas de victoire symbolique dans une grande ville
Mais le Rassemblement national n’est pas parvenu a passé le cap dans les villes de plus 100 000 habitants. Il y a encore quelques semaines, le parti pouvait escompter sur une victoire oh combien symbolique dans la deuxième ville de France à Marseille, ou Franck Allisio a été largement battu par le sortant socialiste, Benoît Payan. A Toulon, le parti avait misé sur la médiatique députée, Laure Lavalette. Arrivée en tête au premier tour, la candidate RN a vu se dresser contre elle la droite unie dans l’entre-deux-tours derrière la maire sortante Josée Massi. A Nîmes, c’est un candidat communiste soutenu par la PS et les écologistes qui remporte l’une des dernières grandes villes détenues par LR dans une triangulaire avec le RN.
Rompant avec la stratégie de parti non-aligné chère à Marine Le Pen, Jordan Bardella avait tendu, lors de l’entre-deux tours, la main « aux listes de droite sincère ». Le jeune dirigeant du parti n’a pu que déplorer de voir son appel ignoré. Même si le président des Républicains, Bruno Retailleau a quelque peu perturbé sa famille politique la semaine dernière en retirant publiquement son soutien à Christian Estrosi à Nice, pourtant investi par son parti. Si l’union des droites n’a pas trouvé de véritable aboutissement sur le terrain, le patron du RN continue de mettre pression aux Républicains écartelés dans le choix de leur allié naturel.
« Ces élections ont été un révélateur puissant des contradictions qui traversent ce parti. En refusant l’alliance à Nîmes et à Marseille, Les Républicains portent la lourde responsabilité de livrer ce soir deux grandes villes françaises au désordre de l’extrême gauche », a mis en garde dimanche soir, Jordan Bardella.
A un an de la présidentielle, le Rassemblement national a fait de ces élections municipales une rampe de lancement pour l’élection suprême de la Ve République. Le parti avait d’ailleurs fait le choix de nationaliser les thématiques de la campagne. « Nos équipes municipales agiront pour rétablir la sécurité, défendront la paix fiscale en refusant toute augmentation d’impôts sur les familles et les entreprises, elles restaureront des services publics efficaces, dignes et efficaces », a-t-il listé. Selon lui, le plébiscite « d’une certaine idée de la France : une France qui refuse le désordre et la violence, qui rejette le déclassement et la fatalité, fière de son histoire et de ses valeurs ». « Ces élections ne sont pas un aboutissement mais un commencement », a-t-il pris soin de précisé.